Depuis 8 ans que j’écris des recettes de cuisine, des billets d’humeur et que je vous partage des morceaux de mon quotidien vegan, parfois j’en oublie que la majeure partie de la population ne l’est pas, vegan. Soit 97% de la population. Et que les gens se demandent: “Manger moins de viande, par où je commence ?”


Ce pourcentage étant une estimation d’on ne sait où, perso j’ai jamais répondu à un questionnaire, c’est de plus une estimation qui date de 2014-2015.

Nous avons la chance d’évoluer dans un microcosme bienveillant, d’avoir une famille et des ami.es très ouvert.e.s, qui, sans pour autant être vegan, ne nous font jamais de remarques désobligeantes. Alors parfois, au détour d’une vidéo ou d’un post Instagram, certaines questions me surprennent encore.

moins de viande, par où je commence

Quel est l’impact sur les animaux ?

“Mais la vache, si on ne la trait pas, elle produit quand même du lait !”

“De toute façon, les poules elles pondent !”.

“Et les abeilles, ça fait quoi aux abeilles qu’on leur enlève un peu de miel ?”.

“Et un poisson ça ne ressent pas la douleur !”

“Ma viande, je l’achète à un petit producteur-d’à-côté-donc-je-sais-d’où-ça-vient”.

Ceci venant bien sûr s’ajouter aux craintes d’être carencé.e en protéines, de finir anémié.e sans fer issu de la viande rouge, voire carrément de déprimer autour d’une assiette complètement fade et sans saveur.

Mais ce qui revient le plus, et ça, je l’oublie vraiment trop souvent, c’est que beaucoup de personnes ne savent pas comment démarrer. Beaucoup de personnes ne voient que la montagne à franchir, et pas les petits escaliers dans le coin avec les aires de pique-niques posées, ça et là, pour se reposer, faire le point, et reprendre l’ascension.

En même temps, parfois je les comprends. Il y a des gens qui attendent planqués sous les tables de pique-nique, prêts à bondir “Nanmého le gueux, comment est-ce que tu oses prendre une pause alors que le monde brûle ? Reprends ton baluchon et hop, on continue !”. 

J’ai fait partie à un moment de ces gens planqués sous les tables. Aujourd’hui encore, rien ne m’énerve plus que les excuses à deux balles.

Les excuses à deux balles

J’ai nommé les :

“Mais c’est trop bon la viande”,

“On ne peut plus rien faire”(valable aussi quand il ne faut pas cogner sa femme, frapper son môme, insulter le conducteur d’à côté, mettre une main au derrière de sa collaboratrice, multifonction cette excuse !).

“Chacun est libre de faire ce qu’il veut !” à partir du moment où ça ne gêne personne de priver l’autre de liberté, le sens de cette phrase est … inexistant.

“L’humain a évolué jusqu’ici parce qu’il a mangé de la viande à un moment”, dit celui qui ne sait pas trop à quelle période, ni combien de temps mais, pour sûr, c’était quelque part entre le Big bang et la dernière promo “steak pur boeuf” à Carrouf.

“L’homme est un chasseur-cueilleur de nature”, dit celui qui chasse avec l’application Apple pay de sa montre et va à la cueillette rayon surgelés à Leclerc.

”Que vont faire les agriculteurs et les agricultrices si on ne les fait plus bosser, déjà qu’il y a des suicides tout le temps” dit celui qui n’a pas l’air de savoir que les vegan sont à peu près 3% en France donc pas franchement responsable de la PAC (politique agricole commune)  qui fait que les professionel.les de l’élevage n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Les fameux et fameuses professionel.les de la régulation

Après on a la ligue des blaireaux pro-chasse qui sont persuadés que la chasse c’est le symbole de la ruralité, quand tous les péquenots à la campagne -dont je fais partie, n’osent plus aller se balader le dimanche de peur de se prendre une cartouche. “Nan mais ce rapport à la nature et aux animaux c’est ma raison de vivre”. Ben je sais pas Jean-Michel, va à la cueillette aux champignons si tu veux un bain de nature, nan ? Et inscris-toi à un stand de tir à la place.

Il faut reconnaître que ces excuses, c’est ce qu’on entend le plus souvent. Et en réalité, ce ne sont pas de vraies excuses. C’est juste du bullshit de personnes qui ne veulent absolument rien changer à leur quotidien, qui se considèrent en haut de la chaîne alimentaire alors que ce sont d’autres personnes qui font le sale boulot à leur place. Et quand ce sont elles qui le font, c’est au détriment de la liberté des autres.

Les vraies excuses

Et bien oui, il y en a.

Les femmes qui n’ont pas d’autres choix que de se plier aux désirs du foyer*

Je ne vais pas parler des femmes majoritairement en charge de la cuisine à la maison qui doivent cuisiner pour monsieur qui a peur d’être-tout-faible-sans-so-steak. Écoute bien Bonhomme, ce qui cale, ce sont les féculents, les glucides quoi, pas ta cuisse de poulet, et sur la croyance de la “transmission” de la force de l’animal à l’humain, depuis la nutrition a fait quelques avancées, quand même. 

Combien parmi vous me répètent souvent qu’elles sont en charge de la préparation des repas, de la démarche d’une alimentation plus saine et se simplifient la vie, de fait (et à raison). Pas parce que le conjoint le demande, soyons honnête en général il s’en contrefiche, mais parce que les femmes sont élevées pour prendre soin de leur entourage et que procurer une alimentation saine, écologique, fait-maison, c’est un peu la palme d’or du fameux care à domicile. Alors non, je ne t’en tiens pas rigueur à toi qui n’a pas envie de lutter à chaque repas contre ton mec et tes mômes pour manger à peu près sereinement.

*parce que contrairement aux critiques que je peux lire, non ce n’est vraiment pas facile de lutter seule contre ce modèle

Les personnes très précaires qui n’ont pas l’espace mental pour s’informer

Je ne vais pas non plus m’attarder sur les personnes qui n’ont vraiment pas le temps. Il y a aujourd’hui, et malheureusement, de plus en plus de gens qui n’ont pas la possibilité de se pencher sur le sujet car ils ont du mal à joindre les deux bouts. Et malheureusement, ces personnes ont grandi avec la certitude que la viande était nécessaire à leur équilibre alimentaire. Il faut reconnaître qu’acheter des steaks surgelés par paquets de 10 ou des boîtes de 24 oeufs de batterie chez Lidl c’est moins prise de tête, moins coûteux en argent et en énergie, que d’apprendre à cuisiner pour sa famille des aliments plus sains, parfois moins chers mais qui demandent un certain apprentissage. Ben oui, les lentilles à l’eau c’est pas la fête du string, hein.

Aujourd’hui j’ai envie d’insister sur les personnes qui ont envie, qui sont titillées par le fait de végétaliser un peu leur repas, qui regardent un peu de loin le festival (parce que oui, je vous assure qu’une fois dans la fosse, vraiment on s’éclate) sans oser se mêler à la foule par peur de ne pas comprendre les codes.

Manger moins de viande, par où je commence ?

À vrai dire, il y a plusieurs chemins qui mènent au tofu rôti sauce cacahuètes à Rome.

Je vais en lister quelques-uns (liste pas du tout exhaustive) qui me semblent aisés, vous pourrez piocher dedans et choisir votre sentier.

Comment commencer à réduire sa consommation de viande, de poisson et de produits animaux:

  • Remplacer le lait animal par du lait végétal. Le moins cher reste le lait de soja, et c’est un produit standard fabriqué en France avec du soja français. Si vous avez peur que sa saveur vous surprenne, commencez par faire moitié/moitié dans vos desserts, dans vos boissons, dans vos sauces type béchamel. 
  • Remplacer le beurre par de la margarine végétale aux huiles non hydrogénées (soit la grosse majorité des margarines aujourd’hui). Salée de préférence, par pitié. Vous avez de la margarine en barquette, tartinable (ma préférée à ce jour est la St Hubert Oméga 3 demi-sel), et en pain solide (ma préférée est la Fruit d’or 100% végétale salée. Elle a une longue durée de conservation alors je fais le plein quand j’en trouve).
  • Recopier dans votre cuisine la recette du gâteau vegan de base, et la réaliser. Une fois, deux fois, trois fois. Et quand vous aurez accepté qu’on peut vraiment faire un gâteau sans œuf, je vous assure qu’un blocage va se lever.
  • Tenter, une fois par semaine, un repas avec des protéines végétales à la place des protéines animales (le repas soupe-croûtons déjà prévu ne compte pas, non non). Peu importe ce que c’est. Cela peut-être des lentilles à la marocaine, des nuggets Findus, des wraps au houmous, des steaks Herta, du tofu fumé acheté au rayon frais surtout pas au rayon sec, un chili sans viande hachée, des pâtes de légumineuses… Vraiment, peu importe. Tant que c’est fun et choisi en famille !

Avant de vous demander si l’option choisie est bio, zéro déchet, à faible impact sur la planète, locale, sachez que quoi que vous décidiez, ça aura moins d’impact que l’équivalent carné ! On peut rajouter ces étiquettes, tout ou partie, dans un second temps. Parce que oui, il vaut mieux un steak de pois industriel pas local qu’un steak de boeuf bio local. D’un point de vue éthique, financier, écologique. C’est pas facile à comprendre et pourtant, la culture de végétaux nécessite moins d’intrants chimiques, moins d’eau, moins de terre agricole que l’élevage. Ça n’empêche pas de vouloir faire au mieux, et c’est tout à fait louable, mais vous n’avez pas à faire au mieux, sur tous les plans. Hors, celui qu’il est urgent de réduire, c’est l’élevage.

Tout est mieux que rien..

Dans tous les cas, dites-vous que quoi que vous fassiez pour réduire votre consommation de viande et de poisson, ce sera toujours mieux que de ne rien faire. Il ne faut pas hésiter à en faire peu, jusqu’à ce que ce “peu” devienne une habitude acceptée et ancrée dans la vie du foyer. Et je vous assure qu’une fois cette petite habitude installée, vous allez vite en ajouter une autre sans vous en rendre compte ! Une fois rassuré.e sur le fait que vous mangez bien, suffisamment, que ça ne vous coûte pas plus cher, ça ira mieux. 

…mais il va falloir faire mieux que le minimum

Un autre chemin, qui me semble un préalable, c’est aussi de se renseigner. Ce n’est pas la partie marrante parce qu’il y a désormais beaucoup de support et d’information et que c’est difficile de savoir en tirer l’essentiel. Mais je pense que là encore, on peut décider une fois par mois, d’aller se renseigner sur un sujet différent. C’est plus facile d’opérer un changement si on sait pourquoi on le fait. Mais on n’est pas obligé de se coltiner tout ce qui existe sur le sujet, loin de là.

Et malheureusement, le “c’est meilleur pour la planète-ta santé-les animaux” est à peu près aussi efficace que “tu vas avoir un cancer des poumons si tu fumes”. Trop loin, impalpable, avec des contours flous, trop dissocié de notre quotidien.

Je vous listerai quelques-unes de ces ressources, avec plusieurs formats selon votre préférence, dans un prochain article (n’hésitez pas à contribuer sous cet article, je les regrouperai).


Il y a aujourd’hui une vraie urgence, et si je suis persuadée que le changement ne s’inscrit que dans la durée, il faut quand même se lancer à un moment donné ! Alors, tenté.e ?

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32 commentaires

  1. Sophie says:

    Bonjour Mélanie ! Merci pour cet article qui m’a redonné un bon coup de fouet (haha) j’ai été végétarienne et vegane par le passé mais des problèmes de santé, professionnels et financiers m’ont vidé de mon énergie et de mon espace mental nécessaire pour continuer l’ascension (surtout que la première fois j’ai snobé les aires de pique nique… Mauvaise idée !!). Bref ton article tombe à pic et va me permettre de reprendre sur les bonnes bases 🙂

    1. Bonjour Sophie,
      Merci pour le jeu de mot^^!
      Snober les aires de pique-niques est une erreur commune oui ! J’espère que tu vas y arriver plus sereinement cette fois. N’hésite pas à partager tes blocages 🙂

  2. Karine says:

    Bonjour,

    Pour ma part, j’ai commencé à refuser de manger de la viande dès le berceau 🙂
    Ma mère me levait de la sieste et j’avais toujours les boulettes carnées bien cachées dans les bajoues.
    Mon chien était mon meilleur ami.
    J’ai même garni les briques creuses pendant la construction de la maison de ma tante avec la viande servie dans mon assiette.

    Le truc qui fait plus peur qu’une chauve-souris dans les cheveux, c’est de devoir nettoyer des morceaux de viandes divers et avariés dans un congélateur qui a pété une durite sans prévenir pendant les vacances.
    En rentrant chez elle, ma frangine a failli faire un malaise en soulevant le capot du cercueil.
    On a tout jeté, contenu et contenant, mais c’est un souvenir olfactif écoeurant.
    Sur ce, je vais manger des fraises des bois et mes framboises jaunes 🙂
    A bientôt.

    1. Bonjour Karine,
      Ah c’est sur que lorsqu’on grandit avec déjà ce rejet, ça simplifie la vie !
      Profites bien de tes fraises (ici en se goinfre d’un gros bol quotidien aussi) 😉

  3. un très bel article ! j’aime beaucoup le ton très compréhensif, et en même temps sans pitié pour les cons-pleins-de-certitudes. De mon côté, je cuisine végétalien à la maison, mais dehors, je ne réussis pas mieux que végétarien (entourage pas toujours concerné, restos sans aucune option de base végé : il faut au mieux enlever la bidoche, mais se taper un litre de crème et de fromage fondu …) Je suis impatiente que la cause gagne du terrain !

    1. Je le suis aussi ! Encore hier soir dans une crêperie à l’arrachée une galette pommes de terre, oignon et tomates, le tout cuit avec …rien… ni sel, ni herbe, ni ail, ni huile. Mon dieu… J’en ai marre !

  4. jothym82 says:

    Merci pour cet article.
    Mais effectivement, au début de la transition, il faudrait avoir accès à des ressources “simples” pour les non initiés. Les personnes étant veganes depuis longtemps maitrisent bien le sujet et souvent plein de choses sont logiques et coulent de source pour elles… Alors que c’est littéralement un nouveau monde pour les anciens viandards et y a de quoi se perdre quand on est inondés d’infos au début. Ca paraît impossible. Comme tu le dis, c’est plus simple en procédant par étape. Car en voulant passer d’omni à vegan du jour au lendemain, c’est le meilleur moyen de ne pas y parvenir, de trouver ça trop compliqué et de faire un pas en arrière du coup (même si certains y arrivent bien). Je parle en connaissance de cause. Actuellement, je suis vegetarienne à la maison mais je continue de consommer très ponctuellement de la viande/poisson à l’extérieur. Mon objectif est de passer vegan à la maison (mais j’avoue que j’ai du mal à me passer des oeufs pour la pâtisserie/boulange et donc je suis preneuse sintu as des ressources à conseiller sur ce sujet !) et de passer vegetarienne à l’extérieur dans un premier temps…
    Et je trouve qu’on ne parle pas assez de l’importance de se complementer en b12 lorsqu’on veut réduire la viande. Même les médecins semblent pas au clair là dessus…
    Heureusement, il y a les groupes facebook ou les comptes insta pour se renseigner.
    J’avais bien aimé le livre d’Ophelie Veron “planète vegane” mais c’est un pavé !

    1. Bonjour,

      Aujourd’hui, ce ne sont pas les ressources qui manquent, mais il y en a tellement qu’en effet, par où commencer !
      Là j’ai repris la base de la base pour de sgens qui ne mangent jamais ou rarement VG. Après il faut sans doute creuser selon sa sensibilité : plus l’environnement, l’éthique animale, la santé et partir de là pour sélectionner les sujets.

      Pour la boulange, je te recommandes les ouvrages et le blog de La fée Stéphanie qui a vraiment de très nombreuses recettes en pas à pas sur le sujet.

      Pour la pâtisserie, le blog de Déliacious, et son ebook dédié est vraiment très bien conçus avec beaucoup de bases.

      Pour les goûters du quotidien, tu as là aussi de nombreuses recettes sur mon blog, et je prends en général le temps d’expliquer le rôle des ingrédients utilisés afin de vous permettre d’être autonomes rapidement.

      Et la B12, j’en parle sans arrêt sur Instagram et oui, c’est super important !

      A bientôt !

  5. fanny.godard says:

    Vegan depuis 6-7 ans, je ne suis plus à convaincre. L’article reste chouette à lire et j’espère qu’il fera sens chez certains. Clairement merci d’essayer de faire ce job à ton échelle, moi j’en suis arrivée à un niveau de lassitude exaspérant de l’espèce humaine (enfin surtout un type en particulier, toujours le même, tu sais le blanc-hétéro-privilégié-blablabla).
    Bref, souvent je désespère et alors je viens apaiser ma peine auprès de personnes qui comme toi œuvrent et essayent de lutter coûte que coûte.
    Des bisous, Mélanie.

  6. Mimilolmca says:

    Merci pour cet article qui est déculpabilisant. Nous n’avons pas encore franchi le cap.. Mais avons réduit notre consommation de viande (plus systématiquement à chaque repas 😱). Nous avons des problèmes de poids et vive les régimes qui prônent : manger de la viande !!
    Aujourd’hui, tout les 2 by-pass, nous avons revu notre façon de s’alimenter, plus sur l’écoute de nos besoins et la vraie envie de bidoche bin…. Elle est plus trop là…
    Par contre notre fils n’a jamais trop aimé ça et on ne l’a jamais forcé au grand damne des grands parents paternel, chasseur qui plus est 😅
    Bref tout ça pour dire merci, je pioche des idées ici et là.

  7. Roxanne says:

    Merci pour cet article et les commentaires sont super intéressants!
    Ici transition de peu de viandes à encore moins à plus du tout et en ce moment de moins en moins de produits animaux. J’ai pris mon temps, je ne voulais pas me contraindre et me demotiver. Je n’essaie pas de convaincre, mais j’espère que d’être donne des idées, ça marche avec mon mari omni qui prend des sandwichs vege maintenant.
    Et sinon c’est où la recette de tofu fumé à la cacahuète…?

  8. Gaelle says:

    Excellent article, merci Mélanie !
    Perso on chemine doucement ici, mais on progresse et c’est en bonne partie grâce à toi 🙂 merci!
    Et vive les blogs!
    Bisous

  9. Bonjour Mélanie !

    Oui, quand on évolue dans une bulle “conscientisée” et bienveillante, on oublie parfois que la réalité de la majorité n’est pas celle de notre entre-soi minoritaire.

    Par exemple, à une époque, une des librairies dans lesquelles je travaillais
    était située pile en face de la Biocoop.
    Donc mon quotidien c’était maison (moi quasi vgl, ma mère ouverte et bienveillante)
    librairie indépendante de centre-ville
    biocoop
    maison (cuisine vgl, réseaux sociaux conscientisés, jamais eu la télé….).

    Étant à pieds, ce n’était pas pratique pour moi d’aller en zone commerciale, en plus de ne pas tenir à donner mon argent à l’agro-industrie

    Donc un jour, je ne sais plus comment, sans doute au supermarché, j’ai fait une crise d’angoisse.

    Parce-que j’ai remis les pieds dans la réalité. J’ai atterri dans le monde normal, pas le microcosme algorithmé et conscientisé des écrans. J’ai vu que la majorité des gens (je ne juge pas les raisons, je constate les faits) surconsommaient des produits néfastes pour le climat, les animaux, l’environnement, leur santé.

    Qu’une petite majorité de gens avaient le”savoir” de “pouvoir” manger de manière saine et durable

    Avoir accès aux informations pour “Comprendre” les tenants et aboutissants de cette norme destructrice, et “agir” dans la mesure de ses capacités.

    Ce n’est pas une évidence pour tout le monde que c’est peut-être la norme dominante qui n’est pas sensée et qu’il est possible de penser et faire autrement.

    ça ne sert pas à grand chose la quête de perfectionnisme écologique et de “cohérence éthique” des minorités déjà engagées ; ce serait plus constructif de “conscientiser” un grand nombre de gens, de les toucher, les informer, leur donner les clefs pour penser et agir autrement.

    A la maison sois je ne dis pas que c’est vgl, soit je me fie à des valeurs sûres (recettes de blogs ou de livres), soitje fais de la DvMEa
    Diversification végétale
    Menée par
    l’Enfant
    pour l’adulte 😁
    Je fais des plats valeurs sûres, dans lesquels j’intègre progressivement des petites portions d’aliments “emblématiques” (tofu (vive ton livre! et vive le tofu rosso), tempeh, protéines sèches…)

    Ce serait merveilleux de trouver une formule magique pour que la sensibilisation aux enjeux socio-climatiques sorte de l’entre-soi des cercles déjà convaincus, ce qui est assez vain…
    et aboutit à une majorité (de sondés) qui présentent une “différence de perception entre ce qu’ils et elles pensent savoir de la situation ou estiment être impactants et la réalité de leurs gestes du quotidien”
    Une majorité de sondé.e.s qui ne “distingue pas les gestes du quotidien de ceux qui ont un réel impact sur l’urgence climatique.”(liens mis ici https://tinyurl.com/45svfupu)

    Ah. on me dit dans l’oreillette que la formule magique s’appellerait éducation et information de qualité, accessibles et pas infusées par les lobbies.

    Heureusement que des blogs comme le tien existent.

    Mais le rapport “fast” à l’alimentation s’applique aussi à la surconsommation de contenus informatifs. Nombreux mais moins-disants sur la qualité.
    On a passé 2 heures à scroller des posts instantanés, à se battre avec les algorithmes, à masquer les pubs…on a rien retenu de constructif.

    On a passé 5 heures à écrire un article/post, on y a mis du coeur, de l’énergie, de l’originalité. Il est invisibilisé parce-qu’il rentre pas dans les critères des algorithmes et de l’instantanéité.

    Alors tou.te.s aux flux RSS pour suivre les blogs 😉

    Je te souhaite un bon week-end et un bon blog-anniversaire

    Chaleureusement,

    Mathilde

  10. Emilie says:

    Ici, végétarienne depuis 3 ans effectivement je dirais que la clef c’est de prendre son temps. Mon frère a lancé le mouvement en arrêtant la viande/poisson du jour au lendemain et ça lui convient, mais moi j’ai préféré réduire tous les produits d’origine animale petit à petit.
    C’est vrai que le jugement des personnes vegan (qui fustigent le mot flexitarien, ben euh oui je mange de la viande 1 fois par semaine, puis une fois par mois, ce n’est pas tout à fait la même chose que de manger de la viande 2x/jour, si ?) et pire, celui des carnistes avec les remarques qu’on connaît n’aident pas. Mais avec un peu de chance, on tombe d’abord sur une information bienveillante et motivante comme la tienne, celle des Échos verts, de Lilyfairly ou de mellebene 🙂
    P.S : le lait de soja (bio donc non comparable au lait du supermarché) est passé de 1€07 à 1€26 chez moi, c’est nul… Et notre magasin bio a été racheté par naturalia, et depuis les prix s’alignent presque sur ceux de la biocoop, qui a donc gagné une cliente, voilà j’avais besoin de râler!

  11. Anne-Claire says:

    Perso mes freins sont:
    – la diversité des plats qui est limitée dans mon panels de recette, sans compter la problématique du goût de mes enfants !
    – l’arrêt du fromage et beurre est encore un peu compliqué, car pas trouvé de goût vegan qui me correspond.
    – l’accès à certains produits quand on habite à la campagne…
    Mais merci pour ton blog et tes recettes !

  12. En transition ici ! Pour l’instant végétarienne car je ne suis pas prête d’arrêter le fromage. J’ai supprimé toute viande animale d’un coup et heu… comment dire 😅

    Bref, j’ai décidé de m’arrêter sur l’aire de pic nic poulet … c’est à dire que je m’autorise un petit peu de poulet (et pour les enfants aussi, c’est plus pour eux que je fais cette halte, ils étaient demandeurs).

    Je ne manque jamais de leur expliquer d’où provient la viande et de ce que l’on fait subir aux qnimaix dans les abattoirs. En général, ça refroidit …. mais on est clairement pas aidé par la société en général…

    Je suis contente en tout cas de me lancer dans cette aventure, en conscience et à mon rythme. Ton blog est d’ailleurs une source d’inspiration puisque tu y parles souvent du rapport au temps, aux enfants et c’est exactement problématique.

    Par contre j’ai essayé de tester les substituts. Et alors là, merci mais non merci ! Je préfère mes recettes sans viande et kaléidoscope (un peu de ci et de ça pour faire une assiette complète)… Mais si j’ai bien retenu une leçon de vie c’est de dire : fontaine je ne boirai pas de ton eau 😁 Alors sait-on jamais ! J’ai vu aussi les produits Happyvore. Je ne sais pas si c’est mieux que les trucs végé du commerce …

    Ah si autre chose. Le matin, je suis team salé pour le petit déjeuner. Je regrette un peu les vidéos spéciales sur le sujet à base de granola et fruits sur les comptes vegan. Je suis une fervente adoration du houmous de l’atelier Blini, le seul que je pourrai manger sur la tête d’un pouilleux 😬 mais parfois j’aimerai plus de diversité et je sèche…

    Bref merci pour ce post ☺️

  13. Merci pour ce récap intéressant ! je découvre ton blog sur les conseils d’abonnées insta car je suis en recherche de plats végétariens faciles, rapides, pas chers. J’avoue, très prosaïquement parce que la bonne viande est chère, et parce que j’ai lu une méta-analyse de la revue Cell sur les régimes alimentaires. Il en ressort qu’une alimentation végétarienne avec très peu de protéines animales est le meilleur régime sur le plan de la santé et de la longévité. Je me pose encore toutes les questions/objections que tu listes. J’aime la viande, je déteste le soja. J’ai déjà un taux d’hémoglobine roquiqui, alors oui la question de l’anémie me turlupine. Mais je me rends bien compte que je ne sais pas cuisiner les légumes de manière sympa, ce n’est pas du tout dans notre culture. Bref, j’attends la suite de tes posts car en effet, on ne sait par où commencer. J’ai déjà beaucoup réduit notre consommation. Arriverai-je à me passer un jour de viande ? Le suspense reste entier…

  14. Saidi says:

    Super article ! Je l’ai envoyé à mon conjoint qui vient de décider de devenir végétarien après avoir arrêté le poisson il y a des années. Sauf que c’est sur moi que repose toute la charge mentale de prévoir les repas, faire les courses et faire attention à ce qu’on mange bien équilibré.

  15. Patricia says:

    Bonjour Mélanie !
    Superbe article, très pertinent et qui remotive quand on a tendance à lâcher et à céder à la pression ambiante. Perso, je ne mange plus de viande (mes intestins, de toute façon, ne l’apprécient pas du tout ! ) mais mon compagnon tient à son filet de dinde une fois par semaine. Le poisson, c’est difficile car j’aime ça mais c’est aussi une fois par semaine. Le reste du temps, c’est soja texturé ou seitan ou une assiette de légumineuses (sans trop de gluten et de fodmap..eh oui, mes intestins sensibles, toujours..). Tout ça avec plein de légumes bio et locaux. Merci pour tes articles, toujours tellement percutants ! Patricia.

  16. Bonjour Mélanie,
    J’ai commencé à te suivre récemment et j’aime beaucoup ton blog. Cet article est très intéressant, c’est vrai que ce n’est pas toujours facile de savoir par où commencer. De mon côté ça faisait un moment que je ne mangeais plus de viande à la maison mais je n’ai commencé à le faire chez mes parents que très récemment XD
    Belle journée à toi, Myriam

  17. Lepuri says:

    Bonjour,

    J’aime beaucoup cet article.
    J’ai eu la surprise il y a quelques semaines d’entendre mon père me dire “parfois on voudrait ne pas manger de viande, mais je ne sais pas quoi mettre à la place”. Ca m’a fait tellement plaisir ! Il était si opposé il y a encore quelques temps. Et comme pour des raisons personnelles je vais revenir vivre chez eux quelques mois, je compte en profiter pour cuisiner avec lui des trucs simples, sans “trucs bizarres” (dixit mon père, mais je lui ai fait manger du tofu rosso un jour et il a trouvé ça très très bon 😀 , alors les trucs bizarres hein…).
    Quand j’ai commencé j’étais perdue aussi, et ça m’a permis de me rendre compte de la place que l’on accorde à la viande ou au poisson dans nos assiettes ! Une bien trop grande place, le reste n’est “qu’accompagnement” :/
    Le plus simple ç’a été le lait et les yaourt. Le fromage je faisais un blocage genre “ça n’aura plus aucun gout…”. Et puis un jour j’ai fait une pizza sans fromage, avec des tas de trucs dessus (pour avoir du gout), et ça m’a fait un déclic pour arrêter d’en mettre partout.

    Merci pour cet article, et merci pour le respect dont tu fais toujours preuve, et qui n’empêche en rien l’expression de tes opinions.

  18. plumette says:

    Bonjour Mélanie,

    Merci pour cet article avec toujours cette touche d’humour et ces jeux de mots que je kiffe. Je t’avoue que je trouve quand même que les gens, en majorité, n’ont pas envie de changer leurs habitudes “Avec tout ce que j’ai à faire et les gosses, tu crois que j’ai le temps de lire les étiquettes et de trouver de nouvelles recettes!?” ou encore “Non ne me raconte pas, je sais qu’ils souffrent mais mais je mets un mouchoir sur ma conscience, en plus c’est tellement bon les cuisses de grenouilles” AAAAARGGGGG!!! Quand j’ai changé d’alimentation il y a 19 ans, il n’y avait pas d’alternative à part un bloc de tofu immangeable mais maintenant c’est ultra facile! Que ce soit en grande surface ou en épicerie bio de plus, l’info est partout sur youtube, insta, les stars qui en parlent, … Franchement, je crois que certains comprendront quand ce sera trop tard. #quandlemondeseraenfeujecomprendrailimportancedeleau

  19. Christel says:

    Bonjour Mélanie,
    Super article,
    Je suis devenue végétarienne puis végétalienne à une époque où les réseaux sociaux n’existaient pas encore en diminuant les protéines animales et en cherchant des alternatives végétales pour compenser. Sur ma route j’ai découvert de chouettes blogs qui m’ont bien aidée. Je conseille le blog de Végébon comme une très bonne ressource.
    Bonne semaine.

    1. Bonjour Christel,
      Clairement, on ne peut pas dire que ce soit bien difficile de végétaliser son alimentation aujourd’hui, même quand on n’aime pas cuisiner.
      Si l’offre reste assez inégale sur le territoire dans les grandes surfaces, il y a quand même du choix.
      Et heureusement, il y a plein de blogs et de chaines youtube pour celles et ceux qui veulent de l’inspiration.

      Très bon week-end !
      Mélanie

  20. Béatrice says:

    Ah chère Mélanie,
    J’adore votre style d’écriture ! Bravo pour cet article. Vos arguments sont bétons et votre réflexion est intelligente. Plus végétarienne (pas à 100 %) que carnivore. J’ai abandonné la viande rouge depuis belle lurette, tout comme la blanche ! Et peu de sous produits animaux tout compte fait. Je me régale à chacun de vos articles. Encore bravo ! Vous êtes une passionnée.

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