Pour tenir le coup face à l’actualité et à un quotidien pas toujours facile à organiser, je me fixe des objectifs simples. Côté cuisine éthique (oui, c’est un peu le sujet de ce blog quand même), des recettes qui vont à l’essentiel. Côté militantisme, je l’adapte à mon moral, mon temps et je ne fais pas l’autruche, tout en me réservant des plages de calme.

On commence par la cuisine, car c’est plus facile de discuter le ventre plein tout de même.

Cuisiner

Manger des pâtes à la crème, tout le monde sait faire. Avec des champignons et du tofu un peu grillé, c’est encore mieux. Six ingrédients et 2 gamelles plus tard, on est prêt.

PATES AUX TOFU ET CHAMPIGNONS

Pâtes crémeuses aux champignons et au tofu

Pour 6 parts en plat unique

  • 350 g de pâtes (avec ou sans gluten*)
  • 400 g de tofu fumé (ici le « amandes sésame » de Taifun, disponible en magasin bio)(aka le meilleur tofu froid-chaud-grillé, comme vous voulez)
  • 30 cl de crème de soja (ou autre, mais le soja épaissit davantage à la cuisson)
  • 1 belle cuillère à soupe de purée de sésame (tahin) complet
  • 2 cs de jus de citron
  • Environ 20 g de champignons secs réhydratés, ou 100 g de champignons frais

Vous avez : Huile, sel, poivre.

PATES AUX TOFU ET CHAMPIGNONS 6 IDGTS
POELEE TOFU CHAMPIGNONS
Tout sur la cuisine à la fonte dans cet article
  1. Dans un bol, mélanger la crème, le jus de citron et la purée de sésame avec 1 cuillère à café de sel.
  2. Porter de l’eau à ébullition dans une casserole
  3. Râper le tofu fumé dans un saladier.
  4. Faire chauffer 2 cuillères à soupe d’huile dans une sauteuse. Ajouter les champignons réhydratés (si secs), ou émincés pour des frais, avec le tofu râpé. Laisser cuire en remuant de temps en temps pendant 5 minutes, jusqu’à ce que le tofu soit un peu grillé.
  5. Verser les pâtes dans l’eau chaude et cuire en suivant les instructions du paquet. Bien les égoutter, les verser à nouveau dans la casserole avec la crème et chauffer à feu doux 1 à 2 minutes.
  6. Ajouter le mélange tofu et champignons, assaisonner et servir aussitôt.

Des variantes

  • Déglacer avec du tamari (sauce soja) le mélange champignons/tofu
  • Préparer une sauce aux haricots blancs pour plus de protéines
  • Ajouter de la levure maltée dans la crème pour une saveur fromagère
  • A la place des pâtes, des tagliatelles de patates douces ou de carottes, réalisées avec un économe ou un spiralizeur
  • Si les champignons frais sont trop chers, remplacez-les par des carottes coupées en petits dés, ou râpées, et revenues en même temps que le tofu.

*Après moult essais foireux, j’ai jeté mon dévolu sur les pâtes « Riz et maïs » de la marque Lazzaretti. Niveau index glycémique, on n’est clairement pas au top, mais elles sont vraiment bonnes, fondantes, se tiennent bien. Avec une bonne dose de protéines et/ou de légumes et/ ou de gras au repas, on limite la casse. Et pour des pâtes sans gluten, elles ont un prix raisonnable. Parce que les paquets de pâtes sans gluten de 500 g à 7 balles, immondes et farineuses qui finissent en purée, sérieusement, autant manger des pleurotes à ce prix là !

Agir

Plus sérieusement, comment allez vous ? On a un peu envie de tout cramer en ce moment quand même. Il faut avoir une sacré dose d’optimisme pour se lever le matin (ou juste ne pas le choix, en fait…). De mon côté, je trie les médias que je suis, rien de pire que les news putaclic balancées à la tête des gens sans qu’il n’aient rien demandé. Je prends toujours, chaque jour du temps pour moi, du calme.

Mais je ne me mets pas dans une bulle.

Pour ne pas perdre pied et me sentir impuissante, je m’informe, j’échange beaucoup, j’ai pu réaliser des dons de façons régulières pour soutenir des causes qui me tiennent à coeur. N’oublions pas que si on ne peut pas toujours être disponible physiquement, on peut aussi soutenir financièrement, ou alors en relayant un maximum les actions / travaux / événements de ces causes. On ne peut pas ignorer ce qui se passe, entre le Covid, les Ouighours, les féminicides, le climat qui fiche le camp, la précarité qui augmente, #RajouteLeThèmeDeTonChoix…

Des exemples d’actions facilement applicables

  • S’informer, c’est aussi pouvoir mettre en place des actions parfois très simples. Boycotter des produits (trouver la liste des marques par exemple, qui sous traitent avec des entreprises exploitants les Ouïghours, ce peuple chinois musulman actuellement enfermé dans des camps de travail par millions). Et relayer, taguer le gouvernement -qui reste scandaleusement silencieux sur cette question, et les marques si vous avez des réseaux sociaux. L’opinion publique fait avancer le débat, on ne peut pas rester sans rien dire.
  • Je vous ai déjà parlé de la précarité menstruelle. Les dons de protections menstruelles sont extrêmement importants pour les personnes réglées. Soit vous pouvez en déposer dans des points relais (centre sociaux par exemple qui pourront en distribuer lors des maraudes, aux bénéficiaires, lors d’ateliers) soit vous pouvez réaliser un don. Vous pouvez aussi demander à votre mutuelle si elle prend en charge un forfait annuel (à ce jour seule la LMDE le propose pour les étudiants…). Il y a fort à parier que non, mais si on est plusieurs à le demander, cela peut avoir un impact.
  • Est-ce que votre cantines scolaire ou professionnelle applique correctement la loi Egalim sur le menu végétarien hebdomadaire obligatoire ? Si ce n’est pas le cas, écrire à la Mairie pour les écoles publiques et à la direction pour le privé, aux responsables pour les entreprises en leur donnant le site de végécantines qui propose des outils concrets.

Ce ne sont que des exemples, mais c’est pour illustrer les possibilités qui s’offrent à nous si on ne veut pas / peut pas aller manifester ou investir des collectifs.

S’investir selon ses possibilités

Est ce que le centre social de votre commune a des besoins ? Est-ce qu’une cause vous interpelle plus qu’une autre ? On se sent un peu démuni.e.s ces derniers temps et s’impliquer à la hauteur de ses moyens, de son temps, de sa situation personnelle bien sur, c’est aussi une façon essentielle pour moi de ne pas broyer du noir ou pire, de faire l’autruche. Militer prend de très nombreuses formes, aller dans la rue est loin d’être la seule et la plus efficace, mais rester derrière un écran ne change rien si on ne se manifeste pas d’une façon ou d’une autre. N’oublions pas non plus de nous préserver, parfois on a besoin de s’éloigner pour se reposer. Il y a aussi tant à faire dans la sphère privée..

***

Qu’est ce que vous mettez, ou aimeriez, mettre en place, pour ne pas déprimer H24 en cette période trouble (en dehors de manger des pâtes à la crème) ? Sous quelles formes essayez-vous de vous investir ou de prendre part ?

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24 commentaires

  1. katimath says:

    Bonjour Mélanie, je crois qu’il y a un petit souci dans la recette à l’étape mettre les champignons dans la sauteuse, on passe directement à laisser cuire jusqu’à ce que le tofu soit grillé …. je pense qu’il manque une étape. A part cela, je prends toujours plaisir à vous lire.
    bonne continuation !

  2. Christel says:

    Bsr Mélanie,
    Merci à toi d’être là, pour ton blog et pour cet article. Je soutiens des blogs, des associations à hauteur de mes moyens et je suis depuis peu militante dans une ong. Je participe aussi à des marches pour le climat et aussi syndicales. Bref! J’essaie de faire ce que je peux à mon humble niveau et par ce qu’en ce moment je je le peux et je me sens disponible pour tout cela ce qui n’a pas toujours été le cas.
    Par son assiette aussi c’est une belle façon de militer.
    Bonne soirée à toi.

    1. Bonsoir Christel,
      Tu es bien active en effet, et tu as bien raison, on doit aussi s’adapter à son ressenti et a son vécu du moment. Et oui, bien sur que le contenu de son assiette est aussi une belle forme de militantisme !
      Bonne soirée,
      Mélanie

  3. Johanna says:

    Merci beaucoup pour ces bonnes idées et la recette qui a l’air hyper réconfortante:) oui ce n’est pas facile de garder le moral en ce moment, en Autriche ce n‘est pas bien différent… j’essaie de vivre au jour le jour et de prendre une chose après l‘autre, ce qui ne correspond pas du tout à mon caractère. Et je commence à m’investir dans une association qui milite pour les droits et contre les conditions de travail extrêmement précaires des musiciens free-lance, avec le covid la situation est devenue flagrante et comme ça me concerne de près, j‘ai eu envie de m’engager avec les collègues. Sinon au niveau des dons: le camp de moria et seewatch…. bonne soirée et merci pour ton travail!!

    1. Bonjour Johanna,

      C’est une super démarche que tu engages, tellement de gens sont laissés sur le bas côté avec le covid…Merci pour ton témoignage !
      Bonne soirée,
      Mélanie

  4. Adeline says:

    Eh bien ce qui m’aide de mon côté, ce sont les personnes inspirantes… Comme toi, Mélanie ! Tu fais partie de celles et ceux qui enchantent mon quotidien, avec qui je me sens alignée, comme aussi par exemple Baptiste Beaulieu ou Guillaume Meurice, ou Jean-Philippe côté bouffe 😉 Ça redonne foi en l’être humain d’admirer des gens pour leur altruisme ou leur humour et souvent les deux ^_^ Aujourd’hui couper les écrans et préparer un fondant potimarron cacahuète pour l’anniversaire d’une amie demain, ça a été ma détente. Bon automne !

    1. Bonsoir,
      Quel honneur de se retrouver au côté de personnes dont j’apprécie le travail, merci Adeline !
      Et tu as raison, j’ai aussi des personnes qui m’inspirent et me tirent vers l’avant, c’est important !
      Et la cacahuète, best remède contre la morosité, héhé !

      Belle soirée !
      Mélanie

  5. CATHERINE says:

    Bonjour Mélanie, En ce moment j’avoue que je n’ai plus la force de lutter. Je ne regarde plus depuis très longtemps les infos à la télé car même les chaînes les plus correctes virent souvent au catastrophisme. Et je suis en train de penser à arrêter de lire les infos. Je suis enlisée dans les catastrophes personnelles (deuils en cascade) et quand je vois le monde à l’extérieur et que je ne peux rien faire, cela nuit à ma santé. Donc marre de passer mon temps chez les médecins et les hôpitaux. Mais tu viens de me « réveiller » et comme j’ai la chance de pouvoir le faire, je vais donner à plus d’associations que ce que je fais actuellement. Je pense que c’est un bon compromis car d’une pierre deux coups ; j’agis et je me préserve. Merci de tes paroles si bienfaisantes. Bonne journée.

    1. Bonjour Catherine,

      A te lire, la priorité à donner semble être du côté de ton bien être, ne le néglige pas. Oui parfois c’est absolument nécessaire de s’isoler et / ou de se consacrer à des activités qui ne soient pas sources de stress. Donc oui, préserve toi surtout !
      Plein de bises,
      Mélanie

  6. cyqlaf says:

    Aaah des pâtes … miam miam miam … & sinon, je pense soutenir une bonne cause prochainement. En achetant ton prochain livre 😀 !
    Pour le reste … préservons-nous sans laisser faire ! Plus facile à dire qu’à faire …

    1. Oui, plus facile à dire qu’à faire. C’est pourquoi j’essaie de choisir mes « combats » et ne pas m’éparpiller et m’épuiser.
      Merci de soutenir mon travail (en l’occurence, notre travail car nous sommes plusieurs à avoir travaillé dessus !) !
      Bises,

      Mélanie

  7. Shasincar says:

    Merci Mélanie pour cet article, c’est toujours très inspirant de te lire !

    C’est dur psychologiquement en ce moment… Avec un contexte difficile à la maison en ce moment et de gros défis professionnels dans les mois à venir, j’ai failli sombrer en septembre/début octobre en rajoutant une actualité particulièrement anxiogène. Clairement, j’ai dû faire des choix pour conserver ma santé mentale.

    Merci d’ailleurs pour tes propositions d’actions concrètes, dont certaines me parlent et me semblent à ma portée : je culpabilise beaucoup, car j’ai parfois le sentiment de m’enfermer dans ma bulle, justement.
    Au quotidien, je suis quelques comptes et blogs militants – un ou deux par « grands sujets » (véganisme, féminisme, décolonialisme, etc.) – pour poursuivre ma déconstruction, affiner mes réflexions. J’essaie d’en discuter avec mon entourage quand je sens qu’un véritable échange est possible. Je poursuis ma transition vers le véganisme et j’essaie d’élever mon fils dans le respect des autres et de la planète. Mais je ne fais pas beaucoup plus…
    Je vais me renseigner pour soutenir financièrement des associations, même s’il est difficile de se défaire de l’idée que le militantisme « actif » (manifestations, etc.) est le seul geste qui compte.

    Pour garder le moral : cuisiner, s’accorder des moments de vrai repos (lectures pour le plaisir, séries ou films doudous) et surtout, remettre l’humain au cœur du quotidien (pour moi, ça passe par prendre davantage de nouvelles de mes proches, notamment appeler mes grands-parents au moins une fois par semaine car ils sont particulièrement isolés en ce moment).

    Belle semaine !

    Sarah

    1. Bonsoir,

      Ton fonctionnement ressemble assez aux miens : je choisis des actions à ma portée, même si j’essaie de me bousculer un peu parfois pour avancer dans ma déconstruction, je suis peu de comptes mais des personnes qui m’inspirent et m’enrichissent.

      Et ne sous estimes pas le pouvoir de l’éducation, il y a tellement d’enjeux derrière, au contraire ! Et prendre soin des siens est aussi extrêmement important, se préoccuper de l’avenir c’est une chose, mais délaisser le présent ce n’est pas acceptable pour autant.

      Merci beaucoup pur ton message,
      Mélanie

  8. Sofia says:

    Bonjour Mélanie et merci pour cet article inspirant. Parmi le « petit » militantisme qu’il est possible de faire, même quand on habite en milieu (très) rural, même quand on travaille beaucoup et qu’on a peu de temps: les actions de sabotage proposées par le collectif La Ronce. En ce moment, ils nous invitent à déboucher les paquets de sucre des marques qui utilisent des néonicotinoïdes… C’est jouissif!

    1. Bonjour Sofia,

      J’ai découvert il y a peu la ronce et je vais suivre tout ceci ! Je suis pour la pluralité des actions et le sabotage en fait partie.
      Bonne soirée !
      Mélanie

  9. Margo says:

    Petit commentaire qui n’a pas pour vocation d’être pertinent, mais juste de te remercier pour cet article inspirant et qui fait un peu de bien au moral (et au ventre car les pâtes c’est quand même la vie)
    Merci merci!

  10. Lucie says:

    Hello, je trouve cet article super, je trouve ça important d’expliquer pourquoi tu cuisines comme ça et de reparler des animaux.
    Pour les gens qui voudraient agir pour les animaux sans se déplacer, je suggère les actions express de L214 (basiquement c’est écrire à des marques pour qu’elles s’engagent à moins faire souffrir les animaux ou signer et partager des pétitions, il faut être beaucoup pour que ça marche, mais l’avantage c’est que c’est rapide à faire) https://actions-express-l214.com/ et il y a Peta qui fait un truc similaire https://www.petafrance.com/agir/. Mais on peut aussi contacter des marques ou organismes de notre propre initiative comme tu l’expliques, pour montrer que de plus en plus de gens sont opposés à l’exploitation animale. Ça peut paraitre rien d’envoyer des messages sur internet, mais les actions express ont déjà eu des conséquences concrètes. Et c’est un bon moyen de commencer à militer pour les gens qui découvrent ou pour les gens qui n’ont pas le temps d’aller en asso ou en collectif ou pas la possibilité pour d’autres raisons, ou alors c’est un truc à faire en plus des autres actions pour les gens qui peuvent.
    Et si vous allez voir les assos antispé de votre ville, vous pouvez beaucoup vous impliquer, mais il y en a pas mal qui acceptent aussi les participations ponctuelles, juste pour quelques actions, distribution de tracts, installer un stand, faire des gâteaux pour les vendre pour l’asso, aller à une manif… Comme tu le dis, il y a plein de manière de faire.
    Pour ajouter une autre cause #RajouteLeThèmeDeTonChoix, je mentionnerais le validisme qui est vraiment insupportable (comme le reste mais on en parle pas beaucoup de celui là) c’est l’oppression des personnes en situation de handicap. D’ailleurs on peut voir simplement que les personnes handicapées sont mal considérées juste dans le langage, beaucoup d’insultes sont liées au handicap « malade », « fou », « autiste », « triso », d’ailleurs le terme « handicapé » est aussi utilisé comme insulte… Mais si c’était que ça, il y a l’institutionnalisation, inaccessibilité, le chômage supérieur à la moyenne nationale, les violences envers les femmes handicapées…
    Pour les protections menstruelles tu as raison d’en parler, car c’est un vrai problème (assez ignoré en dehors des féministes)! En plus pas mal de marques de protections testent sur les animaux…
    Aussi le truc pour aider qui est facile mais important, ça peut être donner une peu d’argent aux mendiants qu’on voit chaque jour avant d’aller travailler et que tout le monde ignore, leur demander s’ils ont besoin qu’on leur achète quelque chose…
    J’aime vraiment tes articles de recettes d’habitude, et celui là était une bonne surprise car je pensais que ce serait uniquement une recette mais il y avait un bonus!
    J’ai pas mal écris mais c’est que l’article m’a beaucoup plu, c’est cool que tu ais mis un lien sur les Ouïghours, je l’ai trouvé très intéressant.
    Bon courage à toi et à toutes les personnes qui liront ce message dans cette période compliquée.

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