Lors d’une de mes dernières FAQ, sur les difficultés rencontrées pour manger végétalien, la raison qui est énormément revenue c’est le manque de connaissance en nutrition et le manque de confiance en soi pour nourrir correctement sa famille, face aux discours médicaux alarmants, qu’il s’agisse de médecins, d’infirmières, de pédiatres.

Devenir vegan par empathie, est-ce suffisant ? La modération n’est-elle pas de mise pour durer dans ce mode de vie ? Comment concilier pression environnementale et pression sociale ?

Un retard bien français

Je ne vous apprendrais rien en rappelant qu’en France, en 2022, le végétalisme est encore très en marge des modes de vie. Et je précise en France, car il y a quantité de pays dans le monde où manger des repas équilibrés sans viande ni poisson ni produits laitiers ni oeufs ne pose absolument aucun souci. Que ce soit en Amérique du Nord, en Asie, en Angleterre, en Allemagne, sans aller jusqu’à dire que le véganisme est majoritaire, très loin de là, ce n’est en tout cas pas marginal ni anecdotique comme ça l’est encore chez nous. 

Malgré un consensus scientifique international, malgré des études toujours plus nombreuses s’accordant sur le fait que oui, une alimentation végétalienne est tout à fait viable aussi bien pour l’enfant que l’adulte, malgré une sensibilisation de plus en plus forte aux conditions de vie des animaux d’élevage, de la pêche, malgré l’urgence climatique, malgré les recommandations nutritionnelles gouvernementales qui évoluent, certes à une lenteur incroyable, malgré tout ces faits, en France on est encore pointé.e du doigts et le secteur médical peine à se mettre à la page.

Pire, il se tient sur ses positions, arguant à sa patientèle les multiples dangers d’une alimentation sans protéines animales, menaçant d’un défaut de croissance les enfants privés de lait, d’une carence en fer si la viande n’est pas au menu, d’une atrophie du cerveau si le poisson et ses oméga 3 (ainsi que ses métaux lourds) ne figurent pas à table de façon hebdomadaire.

S’adresser aux bonnes personnes

Si vous avez envie d’apprendre la danse, vous n’allez pas demander à un cycliste. Dans les deux c’est du sport mais ce n’est pas franchement la même discipline. C’est pareil en nutrition. Un.e médecin n’est pas formé.e. en nutrition, un.e infirmier.ère n’est pas formé.e en nutrition, un.e pédiatre, une sage femme ne sont pas formé.e régulièrement et avec des données à jour, en nutrition. Et quand il y a quelques heures dans la formation initiale, d’après les nombreux, nombreux retours que vous m’avez fait en tant que professionnel.les de ces métiers, c’est loin d’être à jour, ce sont loin d’être des formations indépendantes. Il y a des spécialisations, mais très peu qui la suivent. 

Et ce n’est pas un reproche, j’entends absolument qu’on ne peut pas se former sur tous les sujets, mais dans ce cas on ne balance pas de fausses allégations, non vérifiées et non mises à jour et se basant sur des convictions personnelles. 

Si vous doutez, si la nutrition n’est pas votre fort, il y a des personnes formées et compétentes et qui sont ouvertes et qui accueillent sans jugement. Faites vous accompagner. Parfois, il va suffire d‘un rendez-vous avec un.e diététicien.ne ou un.e médecin nutritionniste pour vous donner les bons outils. Et avant le RDV, demandez si la personne est formée et ouverte au sujet, vous gagnerez du temps.

Quelle est la meilleure raison de devenir vegan ?

Que ce soit pour préserver sa santé, réduire son impact sur l’environnement ou pour lutter contre l’exploitation animale, il y a plusieurs portes d’entrée, et parfois elles se superposent. Toutes les raisons sont valables. Mais on ne va pas se mentir, la seule qui nous fait rester vegan, c’est la lutte contre l’exploitation animale et le combat contre le spécisme*.

  • Manger un morceau de viande, de poisson par semaine et un peu de fromage ne fera jamais de mal à votre santé. On peut très bien avoir une alimentation carnée très raisonnable et équilibrée. 
  • Dans le même ordre d’idée, “prélever” de façon limitée des animaux dans la nature pour s’en nourrir sans abus, comme le font encore aujourd’hui des populations dont la vie dépend clairement de la pêche et de la chasse, n’aura pas d’impact sur l’environnement. 
  • Il me semble néanmoins que lorsqu’on s’engage dans le véganisme pour des raisons éthiques, il est difficile de militer pour le droit à la vie et le refus de toute exploitation, et de lui donner ensuite moins d’importance par confort personnel. Et pourtant, cela arrive tous les jours. 

Cette conviction de faire quelque chose de juste n’empêche absolument pas de trouver le chemin difficile, d’être démoralisé.e, d’avoir du mal à socialiser (en France…), de faire des marches arrière et d’hésiter.

Mais c’est celle qui permettra de continuer d’avancer malgré des pauses sur les aires d’autoroutes.

*Spécisme : 1. Idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, spécialement la supériorité de l’être humain sur les animaux. 2. (par extension) Mauvais traitement, exploitation des animaux. Définition Le Robert.

“Le végétalisme m’a rendu malade”

“Mais pourquoi tant de gens connus font marche arrière, arguant qu’ils sont en meilleure santé en ayant arrêté le végétalisme ?”.

Déjà, on ne connaît pas la santé ni la vie des gens. On ne sait pas comment ils équilibrent leur repas, quelle est leur hygiène de vie, leurs prédispositions génétiques. N’oublions pas qu’on ne voit des gens sur internet que ce qu’ils veulent bien montrer. 

On ne sait pas comment ces personnes ont opéré le changement et c’est souvent très soudain et sans aucune préparation ni recherche autre que “j’arrête la viande et je fais des buddha-bowl-healthy-tendance et je mange plein de légumineuses” (normal que les intestins fassent la tronche !).

Je vois tellement de jeunes femmes se lancer dans le véganisme healthy, avec des assiettes clairement pas assez copieuses, complètes et qui, forcément, ne couvrant pas leurs besoins auront des carences et donc de la fatigue. Et c’est très fréquent chez les personnes qui souffrent de TCA (trouble des conduites alimentaires). Le végétalisme ne guérit rien, ce n’est pas en devenant vegan qu’on guérira de ces troubles alimentaires, il faut absolument se faire accompagner. C’est déjà en soi une alimentation qui demande de l’investissement au début, de nouveaux apprentissages, alors si on n’est pas à l’aise avec la nourriture, ça va juste rajouter de la difficulté et de nouvelles injonctions.

Le témoignage n’est pas une preuve

Pour des personnes (qui n’ont pas de troubles alimentaires), clamer haut et fort que le végétalisme c’est formidable, que c’est le plus juste pour les animaux, puis faire marche arrière en le démolissant à coup de témoignages, c’est accepter de normaliser la violence à l’égard des animaux en faisant passer son petit confort en premier. Bon, j’ai essayé, ça ne marche pas, tant pis, c’est la faute du végétalisme, j’ai tout fait comme il faut. Leur parole vaut évidence, leur parole vaut la vérité.

Le témoignage n’est pas une preuve, merci de l’imprimer en 3D, bordel de breizh. 

Si vous n’avez jamais fait de patinage, vous n’allez pas démarrer par un salto. On commence par les bases, je dirais même LA base : se renseigner ! Et ne pas croire béatement les gens qui vous inspirent.

Car ce qui se passe avec les animaux, c’est extrêmement violent. Et une fois qu’on le sait, qu’on l’enregistre et qu’on l’intègre, il devient plus facile de s’investir progressivement dans un changement durable. Mais seulement si on fait les choses dans l’ordre. 

Les plus mauvaises raisons de devenir vegan

La culpabilité : cela va vous donner une image très négative de vos repas et de votre mode de vie. Vous aurez l’impression de vous punir en voulant bien faire. L’alimentation végétale est tellement savoureuse, colorée, riche, variée ! Il y a aujourd’hui de plus en plus d’alternatives au cuir, des cosmétiques sans test sur les animaux… Envisagez ça comme un changement ultra positif, et si c’est encore compliqué à l’extérieur, faites vous plaisir chez vous.

  • Être vegan c’est faire du mieux qu’on peut pour éviter l’exploitation des animaux. Ça ne veut pas dire faire un sans faute.

Pour faire comme bidule ou trucmuche : avoir des personnes qui nous inspirent, c’est formidable. Mais pour se lancer, n’oubliez pas de prendre le temps de vous informer avant ! La personne n’est peut-être pas au même stade de cuisine que vous, elle maîtrise peut-être mieux les macro et micronutriments et donc ses apports quotidiens, elle a peut-être déjà des produits faciles au quotidien pour remplacer aisément les produits carnés, peut-être qu’elle sait mieux lire les étiquettes.

  • Donc la facilité avec laquelle elle vit son véganisme n’est pas la preuve que c’est facile. C’est juste qu’elle a un peu d’avance sur vous dans le mode d’emploi.

Pour maigrir : L’alimentation végétalienne ne fait pas perdre de poids (parole de fan de tofu caramélisé, frites et whisky !) ! Si des personnes mincissent en adoptant ce régime, c’est souvent simplement parce que pour la première fois de leur vie, elles s’intéressent au contenu de leur assiette et varient davantage.

  • L’alimentation végétale véhiculée est encore trop largement light, avec plein de légumes et de smoothies et de graine de chia, et bien trop peu de protéines et de gras ! Normal que ça fasse perdre du poids.

En résumé

  • Si vous avez des doutes sur la légitimité du véganisme, renseignez-vous. Dans tas de gens apprennent encore aujourd’hui que, non, une vache ne fait pas du lait naturellement sans avoir porté un veau, que oui, les chevreaux sont envoyés à abattoir, que oui, les abeilles ne fabriquent pas du miel pour notre plaisir mais que c’est bien leur nourriture, que les poissons ressentent oa douleur de la même façon que les chats, les chiens, que les cochons ont des émotions et un système nerveux. Bref, tout ça, on ne nous l’apprend pas alors faites preuve de curiosité.
  • Allez-y par étape. Vraiment. Éliminez au fur et à mesure, soyez à l’aise avec une nouvelle catégorie d’aliments avant d’en attaquer une autre. N’ayez pas peur d’utiliser des simili-carnés, des fromages végétaux.
  • Quand on faiblit nerveusement, parce que oui, tout est fait pour nous épuiser et nous donner envie de lâcher prise, n’hésitez pas à aller vous renseigner à nouveau. Ça remet les idées en place très vite. Et si vous « craquez », ce n’est pas grave ! On n’est pas dans une secte, on fait au mieux ! Il n’y a pas de médaille du ou de la parfait.e vegan à la clé. Seulement des tas de vie et de dégâts épargnés grâce à vous.
  • Entourez-vous de personnes qui sont compréhensives et bienveillantes. Le végétalisme va toucher les gens dans ce qu’ils ont de plus précieux : leurs convictions et leur confort de vie. Et parfois ça fait très mal et ça met très en colère et c’est à l’opposé de tout ce qu’on a appris. Comme en toute chose, seul un entourage sain va vous aider. Rejoignez des groupes Facebook par exemple, il y en a qui propose des rencontres par ville !

Comment devenir vegan et le rester ?

Le véganisme est une noble cause, celle du respect de la vie, celle du refus de l’exploitation des autres êtres vivants pour notre confort et plaisir personnel. Autre effet bénéfique, ce mode de vie préserve quantité de ressources et limite considérablement la destruction de l’environnement. Il y a des tas de façons de devenir vegan, mais seul un choix personnel éclairé et assumé vous permettra de le vivre bien, et de le vivre longtemps, en attendant que la société permette une meilleure accessibilité à l’information et aux alternatives.

Dans la prochaine partie, je vous proposerai plusieurs ressources qui peuvent vous permettre de creuser davantage votre réflexion. Ce sont des ressources que vous m’avez aidé à regrouper, alors merci !

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27 commentaires

  1. Estelle says:

    Merci Mélanie pour cet article intéressant 🙂

    En effet, je te rejoins sur le fait qu’il faut se renseigner. Je trouve qu’on entend trop qu’il faut juste penser à se complémenter en B12 ou qu’atteindre le quotas de protéines c’est si facile. (bon je suis diététicienne, j’ai un biais).
    Non, non, non et non. Beau nombre de personnes croient encore qu’il « suffit » de supprimer le produits carnés et voilà. Mais non. Où je vis, force est de constater que les protéines sont souvent absentes du menu (même pour des restau végéta*ien) et je trouve ça fort dommage. Bon évidemment on ne régule pas sur un repas, mais ça ne montre pas non plus un « bon » exemple, je trouve (aux gens qui s’y intéressent, aux omnis qu’on y invite).

    J’ai adoré acheter et lire tes ebooks sur les oméga 3, le calcium et le fer. Ce sont des connaissances que j’ai bien sûr (un rappel ne fait jamais de tord cela dit) mais les recettes et les tips sont super bien présentés, tout est clair. Evidemment, comme tu le dis, ce sont des sujets « de niche » car si on est honnête… la plupart des omnis ne se tracassent absolument pas de ça (et si ça se trouve sont plus carencés que nous). Enfin bref, ce sont des outils si riches pour qui veut s’y intéresser! 🙂 Merci pour ta qualité de travail! 🙂

    Et puis évidemment, c’est une transition qui demande d’être décidée (et donc de savoir pourquoi on le fait!).
    J’ajouterai que de mon point de vue, la bienveillance et le respect doit être bilatéral. Càd que, c’est bien d’avoir des personnes qui respectent nos décisions et notre manière de manger (et de vivre)… Mais c’est bien aussi de ne pas vouloir convaincre/culpabiliser ou faire se sentir mal l’autre.
    Pour ma part, j’ai toujours apprécié qu’une de mes amies végétarienne de longue date ne m’ait jamais fait me sentir mal au moment où j’en consommais encore (même si c’était peu) et je lui suis encore plus reconnaissante aujourd’hui que je le suis moi-même.
    Mon père, très porté sur les produits carnés, est venu manger chez moi à plusieurs reprises (et je cuisine toujours végéta*ien) et maintenant il se réjouit à chaque fois, il se fait tout un répertoire de recettes et il ne mange presque plus de produits carnés. Récemment il m’a demandé mes conseils blogs et livres de recettes vegan! Tout ça sans intervention consciente de ma part, si ce n’est : tu manges comme je manges quand tu viens chez moi. Et c’est quelque chose que j’ai vu autour de moi avec des ami(e)s également.
    Idem avec ton cheesecake vegan du webzine que je refais, en ce moment, une à deux fois par mois tellement on me le demande (et tellement il est meilleur que les autres!).

    Belle journée!

    1. Nolwenn says:

      Merci pour ce partage de vécu Estelle.
      Il est vrai que la question des carences est bien plus posée chez les personnes vegeta*ienne que dans l’alimentation omnivore. Cela pose la question de la formation au besoin alimentaires pour tous. Mais quand le faire? Et être suffisamment inclusif pour ne pas offrir une niche aux lobbies pour promouvoir viande et produit laitier comme indispensable?

    2. Bonjour Estelle,

      Tu dois en entendre de sacré en tant que diététicienne aussi… Et cette question des protéines est importante car on a vite fait de dire « qu’il y en a partout ». Certes, mais il faut savoir les cuisiner !
      C’est chouette pour ton papa car c’est vraiment plus facile quand la famille est ouverte, j’ai cette chance te je le mesure sans cesse !
      Bonne fin de semaine,
      Mélanie

      (Et ce cheesecake, j’ai du le faire 10 fois, c’est toujours un carton !)

  2. Nolwenn says:

    Merci pour cet article très clair et concis.
    Merci pour ces rappels: On est chacun dans un cheminement différent et il faut absolument se respecter, et respecter aussi les autres.
    J’ai tout de même l’impression qu’on sort tout doucement de la période très healthy avec des assiettes qui sont insuffisantes nutritionnellement parlant. Merci de rappeler que derrière les créateurs de recette on ne sait pas les connaissances en diététique de la personne, et qu’un plat n’est pas l’ensemble de leur alimentation.
    Encore merci pour ces rappels si bienveillant et hâte de lire ton prochain article

    1. Merci Nolwenn. Je pense que ça dépend vraiment des personnes car j’en vois encore beaucoup malheureusement. Ce qui est bien par contre, c’est qu’on n’hésite plus à dire aux gens de bien manger et de manger gras et avec des glucides. Heureusement, certains mythes en cuisinent s’effritent un peu !

  3. Fanny G. says:

    Merci de prêcher la bonne parole !
    Et merci à toutes celles (j’ai envie de dire que c’est le féminin qui l’emporte) qui contribuent à la lutte contre les idées reçues, qui véhiculent les bons messages. C’est un long combat mais ça en vaut la peine. Et puis être aligné avec ses valeurs ça n’a pas de prix. Je ne dis pas que je ne ferais jamais marche arrière (parce que mes troubles alimentaires peuvent à tout moment me porter préjudice) mais en tout cas je ferais tout pour que ce mode de vie dure le plus longtemps, en faisant les choses le plus intelligemment possible, en apprenant et en me faisant accompagner par les bonnes personnes. Et je m’accroche parce que je le sais pour qui je le fais, pour eux.

  4. Delphine Labalec says:

    Merci Mélanie pour cette série. Je suis pour ma part loin du bout du chemin, malgré le fait que j’y travaille depuis des années. Si je mange majoritairement végéta*ien, j’ai régulièrement de grosses rechutes. Je n’arrive pas à pointer réellement mes freins, voir même je ne sais pas pourquoi, je pense que je m’empêche de les franchir, car à bien y réfléchir, j’ai quelques intuitions sur ce qui fait que je m’auto-bloque… (désolée pour cette parenthèse d’autoanalyse à demi-mots, ça touche des problématiques très perso mais les évoquer me fait avancer un peu aussi 🙂 ) Mais te lire quasi-qotidiennement, avec ton franc parler, m’aide à malgré tout tenir le cap et à avancer. Cette série est donc parfaite je trouve !

    1. Bonjour Delphine,

      la séance est gratuite, ne t’excuse pas de t’auto-analyser ici ^^.
      Il y a des blocages qui peuvent être très fort, tu fais comme tu peux 🙂
      Contente que cela fasse écho chez toi !

  5. Marion says:

    Merci Mélanie, c’est tellement vrai. Végétarienne depuis 21ans, je suis devenue végétalienne à 95% depuis 5 ans. Les 5%? Les sorties/invitations lorsque je suis en France et les visites chez belle maman qui ne me laisse pas cuisiner et pense que je suis carencée 🤔. Mais honnêtement je te rejoins sur le retard de la France sur ce sujet. Deux exemples lors de nos vacances en France cette année: un mariage (mais tu ne manges même pas de poisson? 😡 – mon compagnon m’a suggéré d’envoyer la définition du dico, mais j’ai pas osé), un cours de cuisine végétale dans un magasin bio avec maman (j’avais reservé pour une activité sympa toutes les deux) et la diététicienne qui commence la séance par, une alimentation végétarienne c’est possible, végétalienne sans beaucoup de compléments impossible. J’avais envie d’hurler. Bref, il y a du travail mais ton blog et ta chaîne sont de précieuses resources

    1. En plus venant d’une diététicienne… ça ne met clairement pas en confiance pour les gens qui ont zéro connaissance en alimentation… Et des ressources il y en a tant aujourd’hui, j’y contribue à me micro échelle 🙂

      Merci pour ton message !

  6. Pascale says:

    Bonjour Mélanie,
    Merci (encore une fois 🙂) pour ce très chouette article. Effectivement, on n’arrive pas tous au mode de vie vegan par le même chemin et parfois la transition est longue mais chaque pas va dans le bon sens. Comme Estelle, je crois à la valeur de l’exemple et faire goûter à la famille et aux amis ma façon de cuisiner, c’est la meilleure manière de leur donner envie. Ma victoire : quand les copains prévoient une option VG dans leur menu et que tout le monde pioche dedans.
    Bon week-end.

      1. Pascale says:

        Bonjour Mélanie,
        Je viens de lire avec bonheur le dernier numéro du Coup de fouet : un régal, ce numéro pétillant ! Et ce n’est pas l’article sur le kéfir qui m’a soufflé cet adjectif :-).
        Oui à un numéro / article sur la sphère digestive.
        Bon week-end.

  7. Alix says:

    Merci Mélanie pour cet article simple, clair et detaillé ! La transition peut parfois être longue et compliquée mais ça en vaut la peine. J’ai hâte de voir les ressources que tu vas mettre en avant 🙂

  8. Christel says:

    Bonjour Mélanie,
    Je ferai une distinction entre végétalisme et véganisme. Hâte de découvrir les autres articles. J’admire votre patience et votre bienveillance car intérieurement je bous parfois car trop d’animaux restent exploités ne seraient-ce que pour être consommés.

    1. Oui, je fais bien la distinction, mais je pense que l’alimentation est ce qui reste vraiment le plus complexe (et souvent c’est par là qu’on entre dans le véganisme, avant de supposer qu’il y a de la gélatine dans les dentifrices, bonbons, colle de chaussures et j’en passe…). Merci pour votre retour, j’avoue que la bienveillance est irrégulière et pas homogène selon les personnes en face de moi, mais j’y travaille, car je crois que la culpabilité ne fait rien avancer.

  9. Christel says:

    Bpnjour Mélanie,
    Je conseille l’émission « Grand bien vous fasse » de ce lundi 27 juin sur France Inter. Le thème était l’alimentation végétarienne et végétalienne. J’étais septique et finalement Je l’ai trouvé très intéressante. Pour une fois l’alimentation végétalienne n’a pas été diabolisée. Il y a eu des conseils très intéressants. Bref! Je recommande.

  10. Léa says:

    Bonjour Mélanie,
    Article intéressant, comme toujours! Je suis passée végétalienne il y a maintenant trois ans, et je suis en pleine phase de doute, cet article tombe à point pour faire avancer ma réflexion.
    Personnellement, ma plus grande difficulté, ce n’est ni la pression sociale (entourage personnel et professionnel bienveillant, voire admiratif), ni la difficulté à m’approvisionner ou trouver des restos sympas (je vis à Paris dans un quartier bobo), ni l’équilibre de mes assiettes (je me suis beaucoup documentée, et ai été suivie un temps par une diététicienne spécialisée en alimentation végétale).
    En fait, autant je n’ai jamais aimé la viande et le poisson, autant j’adore les oeufs et le fromage: qu’est ce qu’ils me font de l’oeil quand je fais mes courses ou quand je les vois sur un menu ! J’ai donc « craqué » la semaine dernière et acheté une boîte d’oeufs et un fromage de chèvre et bizarrement, je les ai consommés sans culpabiliser… car, je me voile peut être la face, mais je me dis « pourquoi ne pourrais-je pas consommer 5% de mes repas en végétarien – et pas végétalien, cela n’aura pas pas un impact dramatique sur l’environnement ou sur les industries en question, alors que 95% des gens autour de moi mangent sans privation ? Bref, pourquoi serait-ce à moi de porter toute la misère du monde alors qu’on pourrait se la partager avec mes voisins actuellement si égoïstes ? » Comme un sentiment d’injustice et de ras-le-bol. Je pense aussi que le contexte actuel n’aide pas, dans ce monde où l’on a l’impression que « tout fout l’camp », entre les crises sociales, climatiques, les guerres, de perte de sens, et qu’il y a en moi une petite poussée d’ « aquoibonisme ».
    Voilà, ce n’est pas un témoignage très inspirant, mais c’est un ressenti que je souhaitais partager.
    Bonne journée!

    1. Bonjour Léa, merci pour ton témoignage. Je pense que au delà de « je fais et pas les autres », c’est tout simplement que tu n’es pas prête à abandonner complètement ces produits. On fait ce choix pour les animaux, pas pour faire plus que les autres (et dans ce domaine en France, généralement ce n’est pas bien compliqué…). Si tu le vis mal, c’est que tu as besoin encore de temps, c’est tout ! Et la nourriture est un vrai refuge, donc ce n’est pas simple quand on ne s’est pas recréé de plats réconforts.

      Bonne fin de semaine,
      Mélanie

  11. Virginy says:

    Merci Mélanie pour ce chouette article effectivement si chacun pouvait essayer de se renseigner un minimum mais on ne peut pas faire à la place des autres c’est souvent après un gros problème de santé que les gens envisagent peut être de changer … Vegan depuis 12 ans moi et mes deux filles ne sommes jamais malades malgré tous les discours de mangeuses de graines , mais vous avez assez de protéines ou aussi lors de ma formation naturo Vegan oui mais avec beaucoup de compléments… je reviens de Londres et avec ses 298 resto Vegan j’ai eu le choix de plein de cuisines différentes à tester Chinoise indienne mexicaine italienne et même un breakfast anglais pur végétal 😋 … dans ma ville française 1 seul resto Vegan 🌱 😜y a du boulot

  12. Marine V says:

    Merci pour cette article qui fait beaucoup de bien.
    Là où j’ai le plus de mal c’est face au personnel médical même si je me répète que leur spécialité n’est pas la diététique c’est impossible de leur tenir tête, ce n’est pas dans mon tempérament.
    Lorsque l’on rentre dans le joyeux monde du suivi de grossesse c’est affligeant de voir les aprioris et les menaces. Si seulement il pouvait y avoir une liste de soignant safe comme gynandco. Souvent je n’ose même pas en parler et je ment et je trouve ça triste et dangereux d’en arriver là.
    Lors de ma dernière hospitalisation d’urgence on m’a reproché mon régime, mon mari m’apportez (en cachette) des repas car pour ce type de régime il faut une demande au préalable.
    Je suis saoulé de la difficulté social du végétalisme mais en colère face aux retard de formation du monde médicale et je n’arrive pas à l’apaiser.

  13. Bonjour Mélanie,
    Tu as dû le comprendre : je baigne dans les livres (romans mais surtout cuisine veggie et « alimentation saine et durable ») depuis des années, au point d’avoir fait de la vente-conseil de livres, mon métier.
    Avant ce diplôme, j’ai découvert les blogs de cuisine veggie/vegan, et autres ressources de recettes et nutrition majoritairement végétale.
    Et on va dire que j’ai une certaine connaissance des TCA ^^..

    Donc des ressources sur la nutrition végétale équilibrée, des blogs, des recettes/conseils sur la cuisine végé, des livres, etc j’en ai consultés plein. Ce qui me donne un certain recul. Les blogs et livres de mode de vie éthique et durable ont été une porte d’entrée d’une richesse, bienveillance, ouverture, épanouissement créatif et gustatif incroyable.
    Le tien, notamment, authentique, accessible, drôle, plein de ressources.
    Merci de faire ces rappels sur l’importance de s’informer auprès de sources fiables, de s’entourer des bonnes références et personnes formées, d’être doux et vigilants sur le lien avec les TCA.

    Dernièrement « j’ai faiblit nerveusement » : trop de charge mentale culinaire avec le fait que c’est moi qui réfléchis et prépare les repas (penser aux produits de saison à ce qu’il y a dans les placards, à ce qu’on pourrait faire en faire qui soit satisfaisant/varié (valeur sûre ou nouvelle recette)/ équilibré ; sachant que je suis en même temps en rémission/thérapie intenses concernant ma santé (anxiété et TCA).
    Alors j’ai posé mon esprit dans ce qui est refuge, inspiration, aide et ouverture pour moi depuis toutes ces années : les blogs/RS et les livres de cuisine veggie.
    J’y ai trouvé des présentations élogieuses d’une « bible », une référence, une somme de vulgarisation scientifique francophone sur l’alimentation majoritairement végétale.
    Où j’ai pensé, confiante en ces partages et en les formations des auteur.ice.s, que je trouverais des réponses à mes questions de nutrition et des recettes.

    J’ai reposé mon esprit sur ce qui me détache de mes soucis et orthorexie (un trouble alimentaire).
    Ah c’est sûr, ce livre est une somme de données scientifiques, il pense à la place et synthétise des données chiffrées.

    Ce livre que tu as présenté, je ne l’ai pas reçu, je l’ai acheté : confiante en
    -la compétence/expertise des auteur.ice.s, aux CV admirables d’ouverture et de formations
    -les recommandations élogieuses d’influenceuses véganes que j’ai trouvé inspirantes, ouvertes et fiables au fil de plusieurs années

    Tant mieux pour elles si elles n’ont pas repéré la dangerosité de cette bible, son irreponsabilité éditoriale, la confusion végéta*isme /TCA.
    J’ai échangé avec les deux auteur.ice.s, ces références. L’un d’eux m’a remercié de la pertinence de ma remarque sur la réduction extrême de l’alimentation à des nutriments, la dangerosité de cette approche « nutritionniste » (mot appris via l’éditeur,le même qui publie un livre qui dénonce cette dérive de la nutrition), car ce livre a été pensé comme « exclusivement réservé aux personnes en bonne santé » qui sont assez solides pour prendre ces données comme une base de laquelle elles pourront de distancier. Faut pas avoir trop de fragilités ni de doutes sur la nutrition végétale en gros. Ça réduit la cible du lectorat, dommage pour une telle somme de recherches et de données.

    Malgré mon intérêt depuis plusieurs années, j’avais des doutes sur la nutrition majoritairement végétale équilibrée quand j’ai ouvert ce livre, pleine d’espoir.
    Ce livre qui m’a fait des noeuds au cerveau, montré des photos dignes des hôpitaux où j’ai pu aller pour mon TCA (nombreuses photos d’assiettes pour montrer les quantités); appris les calories du tofu bjorg, que l’on pouvait fractionner sa courge en 15, compter ses 27 pistaches, peser sa salade, donner si peu envie de manger et rester vegan alors qu’il s’agit de la « meilleure façon » de le faire. Un livre qui montre la journée de Marie, avec ses crudités et tranche de pain pesées, ses calories (bien moins que Francis, qui a droit à du vin, et des plats bien plus sympas). Un livre qui ose faire un chapitre sur l’orthorexie (fait de manger sain et l’extrême) alors que tout y est chiffres, tableaux, nutriments, photos cliniques, recommandations de meilleures façons, légumes fractionnés et mesurés.
    L’auteur a cru bon de me rappeler que la littérature scientifique dit que  » les TCA précèdent le végéta*isme ».
    Sans blague ! J’avais pas remarque toute seule et j’ai même pas pensé à questionner le lien avec mon anorexie quand j’ai découvert la cuisine végétale !
    Cuisine qui m’a ouverte à la tolérance, la créativité, l’equilibre alimentaire durable (dans tous les sens du terme) , le détachement de plusieurs de mes peurs alimentaires, une vision alternative de l »alimentation, autre qu’orthorexique (fait de manger sain à l’extrême).
    Dont la sévérité peut tellement nuire à la santé physique et mentale qu’on se met en péril.
    J’étais en rémission d’hospitalisation pour ça quand j’ai voulu trouver des repères, des réponses, du réconfort dans ce livre qui ne fait qu’alimenter l’orthorexie et la confusion entre alimentation durable équilibrée & troubles du comportement alimentaire.

    Une bible de référence qui sera suivie d’un tome 2 et va être rééditée (c’est l’auteur qui me l’a dit, il ne manquera pas d’intégrer la pertinence de ma remarque à la réédition), reçue et présentée par des membres influent.e.s de la communauté veggie/vegan ayant des dizaines de milliers de followers.
    Vive la liberté d’expression ! Après tout, c’est mieux que la censure, et puis il ne doit pas y avoir tant que ça de personnes un peu trop fragiles pour avoir plus d’anxiété que de distance vis à vis de l »alimentation.

    Ce n’est ni de la diffamation, ni un commentaire haineux, tu finis par me connaître. C’est de l’indignation face à tant d’irresponsabilité et de honte éditoriale.
    Un livre qui aborde le plaisir, le fait de tenir dans la durée, et les TCA alors qu’il en vient à mesurer des sixièmes de topinambours, à peser la salade ; donner à voir les moindres valeurs nutritionnelles et caloriques des aliments et « recommander » des aliments au lieu d’autres stigmatisés.
    Tant mieux si toutes ces influences n’ont pas repéré le caractère orthorexique (sain à l’extrême, trouble/contrôle alimentaires) de ce livre. Je pensais y trouver des réponses et du plaisir. Il a fait comme aucun autre des noeuds dans mes neurones, m’a rappelé l’hôpital et le doigt mis dans le contrôle alimentaire.
    Je l’ai refermé et caché. Parce-que pour moi c’est pas ça « la meilleure façon de manger végétal »/devenir/rester vegan.

    Bonne journée, bonne lecture et surtout bon appétit s’il vous en reste

    Mathilde

    1. Bonjour Mathilde,

      Je comprends tout à fait ton retour, et pour en avoir échangé après coup avec d’autres personnes qui souffrent/ont souffert de TCA, ce livre fait preuve d’un manque cruel de nuances sur certains sujets (dont l’orthorexie, pourtant largement présente dans cette ouvrage).
      C’est pour ça que j’ai tenu à faire cette précision, on a là un livre de diététique, de nutrition, au sens très strict du terme, et clairement pas un livre grand public. Ce genre de support peut aider les pros grâce aux recherches importantes qui ont été faites et qui du coup sont difficilement réfutables par les diét’ anti végétalisme.
      Est-ce que c’est la meilleure façon de manger végétal ? Absolument pas. Je ne peux qu’être d’accord avec toi.

      Il y a longtemps que je ne calcule plus notre nourriture en terme de quantités/calories, et les renseignement fournis sur les quantités auraient été pour moi un excellent aide mémoire sur des apports minimums. Pas maximum.

      Quant au « Tant mieux si toutes ces influences n’ont pas repéré le caractère orthorexique (sain à l’extrême, trouble/contrôle alimentaires) de ce livre », je ne sais pas. On a toutes un bagage différent, et forcément des biais qui vont avec. C’est de l’échange que naît aussi l’apprentissage et la possibilité d’affûter sa critique. Je crois qu’on manque tellement de ressources scientifiques fiables en langue française, qu’on peut aussi écarter inconsciemment les défauts. Pour le coup, je comprends que tu aies l’impression de t’être faite avoir, au vue de ton parcours.

      Je garde néanmoins en tête que cet ouvrage, malgré tous ces défauts n’est pas un livre de cuisine (au sens gastronomique), de développement personnel (au sens de soigner relation avec la nourriture) mais bien un guide scientifique « vulgarisée ». C’est peut-être parce que c’est ce que j’avais en tête durant sa lecture, et que je n’en attendais rien d’autre contrairement à toi, que le reste ne m’a pas autant choqué même si ça m’a fait tiquer.

      J’espère que tu vas bien dans tous les cas, et fort heureusement, il y a des tas de ressources moins extrêmes dans les explications !
      Bises,
      Mélanie

  14. Bonjour Mélanie,
    J’espère que tu vas bien,
    Je te remercie sincèrement pour la compréhension dont tu fais preuve, elle fait chaud au cœur.
    Je t’avoue que j’avais effectivement des questions concrètes pour articuler manger +/mieux et majoritairement végétal. Et ce livre m’a choquée, voire traumatisée. À titre individuel, mais ce qui m’a fait peur c’est de le voir relayé par des médias/réseaux bien plus visibles et prescripteurs que moi. Et je te remercie pour ton attention et ton authenticité, qui est une des raisons pour lesquelles ton blog m’est précieux.
    J’espère que la réédition et le tome 2 seront accompagnés de bien plus d’avertissements, surtout s’ils circulent + en librairie grand public qu’auprès des pros.
    Si tu as eu le temps de le lire, es-tu d’accord (avec tes propres recherches/formation) avec les données nutritionnelles (pas calories.; mais au hasard, par exemple les huiles à privilégier au quotidien, celles qu’on peut cuire, les Oméga tout ça… c’est un exemple de point nutrition où les sources se contredisent ( huiles les plus intéressantes, celles qu’on peut chauffer). J’avais retenu colza ou tournesol oléique de ton ebook?)

    Je te remercie sincèrement pour ta réponse car ce livre présenté comme une « référence » me paraît très dangereux pour la santé mentale, diététique et pour l’image du végéta*isme.

    À bientôt,

    Tes petits pains cuisent en ce moment dans la poêle 😉

    Mathilde

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