Cuisiner S'informer, Agir S'organiser en cuisine Sans gluten

Gaufres (ou pancakes) au sarrasin et verdure du jardin + réflexion sur une cuisine vegan toujours plus économique

#le titre le moins putaclic de l’univers

J’ai beaucoup de mal à rédiger des recettes depuis quelques semaines. En mettant à part ces derniers jours de démotivation totale, mais qui n’ont rien à voir, c’est un vrai questionnement sur les partages que je vous livre ici qui tourne dans ma tête.

J’ai à coeur depuis des années de transmettre une cuisine simple. J’entends par simple, une cuisine de tous les jours avec des produits accessibles géographiquement et financièrement, tout simplement parce que c’est comme ça que je cuisine, c’est ce que mon budget me permet et c’est, je le crois, de cette façon qu’on montre que l’on peut cuisiner végétalien au quotidien, passés les débuts toujours déroutants, sans surcout financier ou psychologique.

D’un autre côté, ma cuisine personnelle (individuelle, bien être) ce serait une cuisine encore plus simple, avec très peu de glucides  (Plein de fromages, des légumes, des graines sous toutes leurs formes et quasiment aucun féculent, à part vraiment du bon pain de temps en temps) et je jeunerai deux fois plus. Pas par snobisme, mais parce que c’est ce que j’aime, et c’est facile à préparer (et à digérer pour moi).

Mais en discutant avec nombre d’entre vous, il s’avère que beaucoup vivent avec un tout petit budget. La quasi totalité des étudiant.e.s pour démarrer, les personnes retraitées et les familles qui peinent à joindre les deux bouts. Or, on ne va pas se mentir, un kilo de pâtes ou de riz (même bios) coûte bien moins cher qu’un kilo de n’importe quel légume. Même si je n’ai pas du tout pour habitude de proposer des recettes coûteuses, j’essaie de réfléchir à allier les deux, et ce, de plus en plus – l’économique et le sain. A titre d’exemple, ce gâteau ultra moelleux au chocolat (que j’adore tellement et que je n’ai pas réalisé depuis….longtemps), serait aujourd’hui un pur luxe financier ET écologique : huile de coco, chocolat noir, sucre. D’où ma dernière recette de gâteau vegan basique.

Concilier son budget et ses valeurs

Cuisiner de façon écologique, ce n’est pas juste cuisiner végétalien (même si c’est vraiment le meilleur des aboutissements dans ce domaine). C’est aussi prendre en compte le budget de chacun, et allier au mieux des préoccupations tel que le zéro déchet, le local, le bio. Dans une situation de précarité économique, géographique, sociale, comment réussir à améliorer sa consommation alimentaire, comment se nourrir de façon éthique et responsable ?

Comment lorsqu’on vit en pleine campagne sans aucun magasin bio, trouver les matières premières sèches ou fraiches sans cautionner des circuits de distribution, aux pratiques douteuses et à l’éthique inexistante, comme c’est le cas de quasiment toutes les grandes surfaces ? Comment, lorsqu’on vit en pleine ville, acheter des légumes biologiques qui ne coûtent pas deux fois plus cher ? Comment, lorsqu’on a un salaire absolument ridicule (quand on a un salaire), peux t-on arriver à faire ses courses autrement qu’en discount, là ou les conditions d’exploitation (humaines et environnementales) des produits sont souvent désastreuses mais les prix imbattables ? Comment, lorsqu’on a pas le temps, parce que des horaires compliquées, parce que pas véhiculé.e, acheter des produits bio, locaux, éthiques ?

Evidemment, il n’y a pas une seule réponse, chaque situation est tellement différente.

De l’importance de la transmission de savoirs

Pour moi, la vraie réponse, elle est là. Il y a des gens qui n’ont pas le temps, du tout, et qui sont freinés par des représentations à mon avis faussées de ces modes de vie. Parce que bien avant le local, le bio, l’éthique il y a tout simplement une question de survie pour beaucoup.

Parce qu’avant de pouvoir investir 12 balles dans un déodorant ou un shampoing zéro déchet, il faut savoir que le bicarbonate ou le ghassoul c’est encore moins cher que le moins cher des déodorants / shampoing industriels.

Parce qu’avant de pouvoir investir dans deux steaks végétaux à 4€, il faut savoir qu’une boite de lentilles est aussi intéressante sur le plan nutritionnel et si peu chère.

Parce qu’avant de remplacer sa bouteille de javel anti-microbes-destructeur-de-nappes-phréatiques par un produit labellisé « vert », il faut savoir que le vinaigre ça fait tout pareil.

Parce qu’avant d’investir dans un t-shirt à 100€ (chose que jamais au grand jamais je n’ai pu faire) à la place d’un tee-shirt Promod à 5€ fabriqué avec dans les conditions humaines et environnementales que l’on connait (et si ce n’est pas le cas, je vous invite à visionner le documentaire « The true Cost » disponible sur Netflix entre autre), il faut pouvoir se rendre compte que les vêtements d’occasions ce n’est pas sale, qu’il y a des points de vente, des vide-dressing, des sites de ventes en ligne d’occasions. Cela semble débile dit comme ça, car quand on vit de minima sociaux évidement qu’on achète pas des fringues de luxe, mais beaucoup vont choisir d’aller d’abord dans des magasins discount, de fast fashion, faute de connaitre des alternatives locales intéressantes et d’avoir un environnement social facilitant le don de vêtements.

De connaitre toutes ces alternatives, cela demande du temps de réflexion, de recherches, d’expérimentation. Et pour ma part, j’essaie à travers ce blog de faire gagner du temps justement, en ce qui concerne la cuisine.

Il faut bien se dire qu’on n’a plus le choix de consommer n’importe comment, qu’il est urgent, tellement urgent de se bouger, mais que cela ne doit pas être source de culpabilité pour ceux qui ont peu de ressources.

De la frugalité comme ligne de conduite

Il existe des solutions économiques qui, malheureusement, sont aujourd’hui mal perçues parce qu’attribuée à la pauvreté. Mais la frugalité alimentaire est bonne pour le portefeuille ET la santé (non, nous ne sommes pas obligé.e d’avoir entrée / plat / dessert + 2 collations + Un PDJ avec des baies de goji, du lait de noix de pécan et des framboises pour être en bonne santé).

On peut avoir une garde robe minimaliste, sans s’habiller avec une toile de juste, on peut se laver moins et mieux sans gel douche fleur de TahitipouètPouète, gommage au sucre de la Lune et crème de la Mer Morte.

Parce qu’on n’est pas obligé.e de subir ces choix, ces décisions-là, mais qu’on peut justement les définir comme un vrai mode de vie sans passer pour un.e hippie sur le retour. Cela n’empêche pas, si d’aventure de la trésorerie passe par là, de l’investir dans des produits « plaisir », de faire vivre par la même occasion des artisans, des commerçants qui oeuvrent pour proposer des alternatives saines et respectueuses de l’environnement, mais ce n’est pas un but en soi.

Devenir végétalien.ne ce n’est pas devoir dépenser plus pour mieux manger, c’est même tout l’inverse !

Tendre vers le zéro déchet ce n’est pas se ruiner en sacs à vrac / lingettes / flacons rechargeables. Combien de fois est ce que je vous de sgens qui jettent leur « tupperware » en plastiques pour racheter d’autres matériaux, c’est à se marcher sur la tête !

Se diriger vers une cosmétique éthique ce n’est pas acheter dix flacons chez Aroma-zone pour réaliser 1 produit au final.

Se laver sans générer de déchets dans la salle de bain ou dans l’eau de la douche, ce n’est pas acheter des produits zéro déchet plus cher, c’est en acheter moins, et biodégradables. Et ce n’est pas prendre une douche par jour quand on n’a aucune activité salissante.

Vous noterez que je ne m’attarde que sur les « petits gestes  » du quotidien car on peut bien sur aller plus loin, mais ce n’est pas le propos ici. Bien que la responsabilité initiale revienne au gouvernement et aux industriels, qui ont eux le vrai pouvoir de tout changer de façon massive, les petits gestes comptes. Ils comptent pour la Planète, ils comptent pour soi parce qu’on peut être acteurs de sa vie, pour notre propre santé, notre propre environnement, et ils comptent aussi dans l’éducation que l’on transmet à nos enfants.

Quelle vison de l’alimentation partager ?

J’en reviens à mon questionnement initial. Quelle alimentation ai-je envie de transmettre ? La même que depuis le début, une alimentation qui exclut tout produit d’origine animale, le plus biologique possible, la moins importée possible. Et de saison. Mais peut-être avec un souci toujours plus accru de l’accessibilité financière et technique.

Je ne critique absolument pas les « autres » cuisines, attention. J’aime passionnément la cuisine du monde (qui est d’ailleurs souvent économique, l’origine des produits mise à part), je pourrais boire 2 litres de jus de légumes par jour, le cru à petite dose, même pas peur et j’adore toutes les expérimentations en cuisine que ce soit la lactofermentation que j’ai apprise il y a peu, la boulange (ah ouais sans blague avec tes douze recettes de pain on n’avait pas pigé), j’aime de plus en plus la cuisine low carb, même si j’ai beaucoup de mal à l’appliquer dans le cadre de menus familiaux. J’adoooore tous les trucs bobo healthy qui coutent un bras et que je n’achète absolument jamais, mais qui mettent du peps dans les assiettes (mais si, genre les crackers tout prêts aux épices, les sauces à la spiruline, les pâtes au curcuma et citron, des dizaines de tubes d’épices du monde en mode « mélange tout prêt t’as qu’à verser », les fromages végétaux qui coutent 12 balles l’unité, et si ce n’était pas emballé je mangerais à peu près tous les tofus qui existent sur terre chaque semaine, ainsi que toutes les préparations au seitan de la marque Weathy… Pour finir, comme la quasi totalité de la planète j’adore les avocats, le chocolat, les cacahuètes (hum), l’huile de coco est un formidable outil en pâtisserie et je vendrais une oreille pour un paquet de noix de pécan caramélisées.

Mais ce n’est clairement pas une cuisine économique, viable pour la planète et applicable par la majorité (dans laquelle je m’inclue).

Alors qu’au début j’étais béate d’admiration devant des photos sublimes de plats un peu fous aux produits peu communs -joie de la découverte de nouveaux rivages gastronomiques qui alimentaient ma curiosité insatiable en cuisine, j’en suis largement revenue. Je dois dire que je suis vraiment avec attention les comptes de personnes qui mettent à l’honneur des produits simples, qui recyclent en cuisine, qui se renouvellent, en ayant un budget vraiment serré. Tout simplement car je suis aussi dans ce cas là, sans être non plus précaire. Et qu’en dehors de l’aspect financier, s’impose de plus en plus à moi comme une évidence qu’on devrait rendre à ces aliments leur caractère occasionnel.

Ce qui n’exclue pas de se faire plaisir, évidemment, ne soyons pas dans les extrêmes (on est déjà sur un blog végano-bobo-gaucho, n’en rajoutons pas).

Pour clore cet article, deux choses. 

La première, je vous laisse avec une petite recette pour mieux digérer le pavé ! Recette simple vous l’aurez compris, dans laquelle j’ai usé de mon mode favori (Allez, levez la main celleux qui suivent), le mode sournois. Ouaip.

Parce que donner à manger des épinards, de l’oseille, du persil et de la menthe dans l’assiette d’un enfant, même pas en rêve. Alors de trois mômes, je pense qu’ils m’enverraient au bagne des Playmobil plutôt que d’y goûter. Alors que planqué dans une gaufre protéinée au sarrasin, c’est un peu deux en un, voyez : les protéines et les légumes dans une main potelée (pas la mienne de main, oh). Un repas au calme en récompense. J’ai un appareil à gaufres avec des plaques magiques où rien n’accroche. Si ce n’est pas votre cas, ou si vous n’avez pas de gaufrier, c’est parfait aussi en pancake. Ou en blini.

 

 

Pour environ 12 gaufres / 15 pancakes /+ de 40 blinis

300g de farine de sarrasin

1 cc de levure sèche de boulanger

1/2 cc de sel

2 cs d’huile d’olive

40 cl d’eau tiède

4 grosses poignées de verdures crues (ici épinards, oseille, persil, menthe par quantité décroissante)

1 gousse d’ail

 

  1. Dans un cul de poule, verser la levure sèche de boulanger et ajouter l’eau tiède. Laisser se dissoudre la levure pendant 2/3 minutes.
  2. Ajouter la farine, le sel. Mélanger et laisser reposer 30 minutes sous un torchon.
  3. Mixer la verdure avec l’ail et l’huile (ou hacher au couteau finement) et ajouter à la pâte.
  4. Verser une louche dans un gaufrier ou sur une poêle bien chaude, puis déguster chaud avec une bonne salade ou froid. J’ai simplement servi dans MON assiette des jeunes pousses d’épinards cueillis avec amour dans mon potager et de la sauce au tahini (de la purée de sésame fouettée avec la cuillère magique, de l’eau et du jus de citron).

On peut tout à fait réaliser des pancakes très classiques sans levure ni levée, mais ce goût léger de fermentation est absolument délicieux. On s’approche d’une pâte à blini, en plus simple. Et c’est vraiment délicieux bis.

2ème chose, vous l’aurez compris, le partage de savoirs, ça passe aussi par la solidarité et l’échange, aussi je vous fais confiance pour partager avec nous vos trucs pour gérer un budget serré, ou peu extensible, tout en essayant de coller le plus possible à vos valeurs. Quels sont vos solutions, quels sont vos freins aussi ? Je vous propose de réaliser un récapitulatif de vos solutions pratiques dans un prochain article avec mes propres astuces et mes sources d’inspirations bloguesques ou livresques.

104 Comments

  1. A reblogué ceci sur Les Fleurs Buissonnières /Bloget a ajouté:
    Curieuse dans de nombreux domaine, vous le savez ceux qui me suivent depuis plus de 6 ans maintenant, j’ai découvert un blog de cuisine qui m’a passionné particulièrement, moi qui n’en suit aucun!

    « Le cul de poule » animé par son auteure ,Mélanie, enrichi par ses recettes éclectiques et savoureuses au fil des mois, éco- responsable par sa démarche d’achat au plus près de chez elle, au moins cher à niveau de qualité égal, et bien sur au zéro déchet (vrac, pot en verre…) puisque ses repas tiennent compte des provisions entreposées dans son frigo avant tout réassort…Ce blog est un concentré de passion, comme je l’aime!

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