Aujourd’hui, dans cet épisode de podcast, j’ai envie de partager avec vous une réflexion personnelle sur le fait de refuser de devenir un super-humain ou une super-humaine. Notamment, comment faire face à toutes les injonctions qui nous amènent à chercher l’amélioration dans toutes les sphères de notre vie, dont la cuisine.
Le podcast

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La version écrite de l’épisode
Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous une réflexion personnelle sur le fait de refuser de devenir un super humain ou une super humaine.
En fait, cette réflexion est née à la suite des écoutes de deux épisodes du podcast « Encore heureux » que, vraiment, je vous recommande chaleureusement. Le premier épisode intitulé « Faut-il se retirer d’internet ? » questionnait nos rapports aux écrans, mais pas du tout dans le sens habituel, et c’est ça qui était extrêmement intéressant. Le second épisode intitulé « Le sport peut-il changer notre vie ? » avait, lui, pour postulat de départ : « quelle intention doit-on mettre dans le sport et dans une activité physique ? » et « quelle place peut-on occuper dans l’espace ?».
Cette même semaine, j’ai lu « L’effet cumulé » de Darren Hardy, qui est un auteur américain surtout connu pour ses livres de développement personnel en business. Le propos du livre est de mettre en avant que les plus gros changements dans une vie sont la somme de toutes petites actions, quel que soit ce changement. Si on arrive à économiser une grosse somme d’argent, c’est parce qu’on va très régulièrement économiser plusieurs petites sommes d’argent. Si on arrive à courir ou avoir une pratique sportive importante, c’est parce que la régularité est là. Si on arrive à améliorer sa relation de couple, c’est parce qu’on la questionne régulièrement, on se fixe des objectifs, etc. Des choses m’ont laissé extrêmement perplexe dans ce livre, mais j’en ai trouvé d’autres plutôt intéressantes.
Il se trouve donc qu’avoir lu et écouté ces podcasts et livres cette semaine là m’a vraiment donné à réfléchir à cette notion de super humain, super humaine et à notre rapport au temps. Et alors, vous allez voir, je vais faire le lien, qui ne semble pas hyper évident comme ça avec la cuisine et l’organisation, mais pourtant il est bien là.
Le développement personnel : le début de la spirale
Ces dernières années – il y a dix ou quinze ans – on a constaté l’explosion du développement personnel. Au début, je trouvais ce mouvement plutôt intéressant parce que ça permettait de mieux se comprendre, d’améliorer son quotidien, de progresser. Du coup, je me suis mise à lire des livres, pas mal de livres, et à chaque fois, je sortais de là avec deux sentiments un peu ambivalents. Le premier, c’est, qu’en gros, j’avais tout à faire dans ma vie pour être une meilleure version de moi-même, donc pas mal de culpabilité et de pression, et c’est quelque chose qu’on retrouve, encore beaucoup aujourd’hui, dans le développement personnel. Je trouve que c’est une pression qu’on ressent à la lecture de beaucoup d’ouvrages, à l’écoute de beaucoup d’épisodes de podcast. Mais dans le même temps, j’étais enthousiaste à l’idée de me dire : ça va m’ouvrir des portes, je vais pouvoir fonctionner autrement, je dois m’améliorer ou améliorer tel type de fonctionnement ou d’activité. Et c’est ce qui m’a amené à continuer un petit peu.
Le problème de cet enthousiasme, c’est qu’on peut le comparer un peu aux bonnes résolutions. On est hyper à fond au début et ensuite, évidemment, tout ça retombe, parce que souvent, on a mis la barre hyper haute, et je pense qu’on doit être super nombreux, nombreuses à pouvoir témoigner en ce sens. L’exemple le plus banal, très certainement, c’est de prendre un abonnement à la salle de sport où l’on a été hyper vite aux abonnés absents. Mais il y en a d’autres : ça va être de se lancer dans un grand ménage de maison et finalement, au bout de deux pièces, on se dit « c’est bon, ça me saoule » ; ça va être la volonté de mieux gérer ses finances en achetant des carnets, des formations, des super tableurs Excel ultra sophistiqués, et finalement, on n’arrive pas du tout à les rentrer dans notre routine ; ça va être aussi des voyages, on va planifier et on va devoir courir partout parce qu’on a blindé nos journées pour rentabiliser absolument, et on ne profite pas du tout, donc, au final, on repart de là complètement fatigué.e. Ça peut être en cuisine, le fait de se lancer dans du tout fait maison, de revoir son organisation ou alors d’essayer d’opérer une transition alimentaire vers une assiette végétarienne, végétalienne, du jour au lendemain.
Dans tous ces cas, c’est un énorme changement qu’on fait du jour au lendemain. La barre est mise super haute parce qu’on vise une espèce de version de nous-même optimale, sans prendre en considération le fait qu’on a une vie – en fait, on n’est pas des machines – et qu’on ne peut pas tout faire, tout le temps.
Et on oublie. On oublie que le fait de ne rien faire ou de prendre son temps c’est hyper chouette aussi, parce que du coup on savoure ces changements, on savoure cette évolution. Je parlais récemment avec une copine qui me disait qu’elle était hyper admirative de la durée de course à pied que je pratique aujourd’hui. J’étais surprise parce que, franchement, je ne cours pas très longtemps, en moyenne trente minutes – mais je cours régulièrement – et, pour être tout à fait honnête, j’ai une performance à la course à pied qui est assez mauvaise, au regard du niveau que je pourrais avoir aujourd’hui après toutes ces années à courir. Ça a très peu évolué. Mais la raison est simple, c’est que je ne vise aucune performance dans ce domaine. Performer n’est pas un problème en soi. On peut très bien se fixer des objectifs chiffrés, ça peut aider à avancer, mais ce n’est pas mon envie. J’en ai visé au début, clairement. Je me suis dit : « le jour où j’arrive à courir une heure, ça sera génial » ; « le jour où j’arrive à courir dix kilomètres (les fameux dix kilomètres), ça sera incroyable ». Résultat : j’ai couru une heure, j’y suis arrivée sans problème. Enfin, sans problème, ça a mis du temps, mais j’y suis arrivée. Je me suis dit : « Ok, ça c’est fait. Next. » J’ai couru huit kilomètres, huit, neuf kilomètres, et je me suis dit : « bah, franchement la flemme, quoi, ça ne m’intéresse pas en fait ». Je me suis rappelée que si je courais, c’était parce que j’avais envie d’entretenir mon système cardiovasculaire, j’avais envie de me dépenser, j’avais envie de me faire du bien à la tête, et que j’arrivais à ce résultat avec trente minutes. Je n’avais pas envie de consacrer plus de temps ou de courir plus de bornes. Ça ne m’intéressait pas du tout, donc je suis revenue à une pratique assez modeste.
Trouver son “pourquoi” : la seule vraie question à se poser
Dans l’épisode de podcast « Le sport peut-il changer notre vie ? », l’invitée pose des mots hyper justes sur ce sujet, pour se lancer durablement dans une activité (elle parle d’activité physique parce qu’elle est coach sportive, mais ça s’applique à peu près à tout à mon avis). Il faut une motivation profonde, dans nos tripes. On ne peut pas compter sur la motivation de surface, qui est quand même hyper fluctuante. On doit pouvoir se rappeler notre pourquoi. Et je pense que, quand on entame un changement dans sa vie, n’importe quel changement, mais un changement conséquent (pas changer de monture de lunettes^^), on doit en avoir un solide pourquoi ? Pour que ce changement se maintienne sur le long terme et qu’on arrive à franchir tous les obstacles que sont la baisse de motivation, la vie, tout simplement, les impondérables qui arrivent tout le temps.
Si j’arrive à maintenir une activité physique régulière, c’est parce que je sais que je veux entretenir et que je veux améliorer ma mobilité, ma force physique, parce que j’ai envie de bien vieillir. C’est une motivation qui est quand même profonde, et plus profonde que de vouloir avoir un derrière rebondi ou des lignes d’abdos sur le ventre. On peut tout à fait avoir ces objectifs-là en ligne de mire, mais le jour où vous avez vraiment la flemme, ce n’est pas cette motivation-là qui va vous faire aller sur le tapis, enfiler vos baskets, prendre votre raquette ou vous mettre en maillot de bain. À mon avis, ça ne va pas tenir la distance.
Si j’ai arrêté de manger les animaux, c’est parce que je suis intimement persuadée, au plus profond de moi, que c’est la chose à faire. Ils ont le droit à la vie autant que nous. On ne doit pas les traiter comme on le fait et on doit faire notre possible pour les épargner. Cette conviction m’aide à avancer dans une société spéciste, dans un environnement très hostile au véganisme, mais aussi de façon plus pragmatique, au quotidien. Cette motivation profonde m’aide, par exemple, à refuser des plats qui en contiennent alors qu’il n’y a aucun autre choix au restaurant (même si ma consommation occasionnelle n’aurait finalement aucun impact sur mon combat). Que je prenne une pizza aux légumes ou une pizza au fromage dans une pizzeria, ça ne va rien changer pour les animaux : le fromage est déjà là. Mais ne pas le faire m’aide à maintenir mon cap, à rester droite dans mes bottes. C’est vraiment une motivation hyper profonde, plus que d’essayer de manger healthy et donc ne pas ajouter de fromage sur la pizza.
Quand j’ai envie d’un changement dans ma vie qui soit très important, j’essaye de chercher ma motivation profonde et c’est valable pour à peu près tous les apprentissages, qui demandent beaucoup de temps.
Trouver sa motivation profonde pour tout
Pour quelle raison épargner ? Moi, ça fait déjà vingt ans que j’épargne : parfois des toutes petites sommes parce que je gagnais très peu, d’autres fois des sommes beaucoup plus importantes quand je faisais des bons mois. Mais j’ai mis des objectifs sur ces épargnes. Là, il y a aussi des motivations profondes : « je veux finir de rembourser rapidement ma maison pour pouvoir financer les études de mes enfants » ; « je veux pouvoir augmenter mon épargne voyage, parce que j’ai envie de me faire un voyage chaque année, toute seule ou avec des copines ».
Si on prend l’organisation familiale, par exemple, et je trouve que c’est un sujet qui se prête vraiment, vraiment à cette réflexion, parce que c’est un domaine où, en tant que femme, on subit une pression phénoménale, il y a énormément de femmes qui partagent leur organisation domestique, l’organisation familiale, et on a hyper vite fait de plonger, de se dire : « mais carrément, moi aussi, je veux avoir douze to-do list hyper mignonnes pour pouvoir faire le ménage correctement, de façon pragmatique et efficace dans chaque pièce de ma maison. Moi aussi, je veux pouvoir trier tous mes habits et les ranger de façon jolie et instagrammable ». Là encore, c’est quoi votre motivation profonde ? Moi, par exemple, je suis une bordélique en puissance, mais vraiment, et je m’en fous totalement. Ça ne me tracasse pas, j’ai fait la paix avec ça. Par contre, on a quand même mis en place un planning de ménage, parce que je suis bordélique, mais je ne suis pas crade. Ma motivation profonde dans l’organisation de ma maison, c’est d’avoir une maison qui soit propre, le plus propre possible. Je ne suis pas maniaque non plus, donc ça m’aide. On va essayer de ranger un peu plus, d’apprendre à mes enfants à ranger leur chambre régulièrement sans être tout le temps sur leur dos, d’avoir toujours des sanitaires qui soient propres, mais ça n’empêche pas qu’on ait plein de vêtements qui soient sur l’échelle dans la salle de bain et des piles de bouqins partout. Ma motivation profonde, c’est me dire : « j’ai quand même envie d’une maison propre et d’un espace qui soit sain ».
À partir du moment où on décide de dédier du temps à une activité, c’est important de se poser cette question : Pourquoi ?
Pour quelle raison est-ce qu’on voudrait apprendre une langue, le crochet, la couture, la peinture ? Si vous vous dites : « ah, j’ai vu des super tutos de crochet » que vous achetez plein de trucs pour faire du crochet – parce que toute activité créative a un coût quand même, et vous n’en faites que trois fois. C’est un peu dommage. Alors que de réfléchir à « pourquoi j’ai envie de faire ça ? », « comment je cale ça dans mon emploi du temps ? », je trouve que c’est hyper pertinent.
Ce qui m’a pas mal choquée, en tout cas questionnée, dans le livre « L’effet cumulé » de Darren Hardy, c’est qu’il explique comment toutes les étapes de sa vie ont des objectifs, absolument toutes. Que ça soit ses finances – il y a des choses qui sont très pertinentes – ses objectifs professionnels, sa vie de couple, ses loisirs, sa pratique sportive, sa vie amicale, sa vie sociale, tout. Tout a des objectifs, et fait l’objet de questions : « comment je peux faire pour améliorer ça ? » ; « qu’est-ce que je peux mettre en place ? ». Si l’idée de base n’est pas complètement à côté de la plaque, je trouve qu’on perd complètement l’oisiveté, et pire, il n’y a rien qui ne doit pas être rentabilisé, performé, amélioré que ce soit d’un point de vue perso ou pro.
Mais, on a le droit de glander et on a le droit de se dire : « je dédie une partie de ma vie à la glande, à quelque chose qui n’a pas à performer, quelque chose qui ne va pas me rapporter. J’ai le droit de prendre mon temps dans tout ». C’est un concept qui nous est carrément étranger aujourd’hui : la patience.
La patience d’apprendre, la patience devant des résultats.
On doit apprendre, à mon avis, à avoir des occupations qui ne sont pas des occupations à rentabiliser. On n’est pas obligé.e d’attendre un résultat spécifique de chacune de nos actions. On peut juste courir pour se vider la tête, broder pour laisser ses pensées vagabonder, peindre pour le plaisir d’étaler de la couleur. On n’est pas obligé.e de devenir des super humains, humaines performant.e.s en tout. On peut aussi décider de se fixer des objectifs dans les domaines qui sont importants à nos yeux et considérer que le reste est une oisiveté bienheureuse.
Et ça rejoint l’épisode de podcast « Faut-il se retirer d’internet ? » qui m’a pas mal remué, parce qu’on parle effectivement – évidemment – de l’addiction aux écrans, mais le fait de scroller n’est pas toujours grave. Ça peut être du temps passif pour se vider la tête, pour passer un bon moment, pour rire, pour, pourquoi pas, apprendre des choses, et qu’on n’est pas obligé.e de se dire : « ah bah, mince, j’ai passé trente minutes à scroller alors que j’aurais pu, en trente minutes, ranger ma maison, apprendre une langue, faire du sport ». C’est une réflexion que je n’avais jamais eu jusque-là.
C’est vrai qu’on a toujours ce rapport aux écrans, au téléphone, qui doit être un rapport productif. On est sur internet, alors moi j’y suis beaucoup pour mon travail, assez peu côté loisirs, effectivement, et j’ai trouvé hyper intéressante l’intervention de Sabine, qui est une créatrice de contenu sur Youtube, qui passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, et qui dit : « on n’est pas obligé.e de rentabiliser le temps qu’on passe sur internet, on a aussi le droit d’avoir du temps oisif à passer un bon moment ». Je trouve que c’est un concept assez nouveau. Alors, évidemment, si vous passez six heures par jour à scroller, peut-être qu’il y a un souci. Mais sinon, on a le droit de se dire : « en rentrant du boulot, j’ai le droit de passer trente minutes oisives au lieu de me lancer tout de suite dans l’amélioration de l’organisation de la soirée », par exemple.
Quand la recherche de perfection et d’optimisation devient écrasante en cuisine
Tout ça m’amène à finir sur un point très important : la cuisine. Vous vous dites : « mais comment on est passé à ça ? ». Il y a quelques années, j’ai traversé une période dont je vous ai beaucoup parlé, où je faisais absolument tout moi-même et, vraiment, je pense que tout ce que vous pouvez imaginer dans votre frigo de produits prêts à l’emploi, je le faisais moi-même : le tofu, le lait, les yaourts, la margarine, le pain, le tempeh, le seitan…
Ça a vraiment laissé une empreinte très, très profonde. Parce que j’ai fait un rejet total du fait maison pendant des mois après ça, et même encore aujourd’hui, sur des tas de choses. Jamais de la vie, je ne perdrais mon temps à les refaire.
Pourquoi j’en suis arrivée là ?
Écouter ces épisodes m’a amené à réfléchir à cette époque-là : « qu’est-ce qui m’a guidé là-dedans, qu’est-ce qui m’a fait aller tête baissée dans cette espèce de recherche de la perfection du tout fait maison ? ». Il y avait la recherche de l’équilibre alimentaire, alors qu’aujourd’hui on sait très bien qu’il y a des produits prêts à l’emploi – je pense au yaourt ou au tofu, par exemple – qui sont d’une qualité nutritionnelle totalement équivalente à ce qu’on peut faire soi-même.
J’avais la recherche de fierté. Je pense qu’il y a un petit côté ego de dire : « je suis fière de faire moi-même, regardez ». Il y avait la peur de mal faire, parce que j’avais des enfants et que j’estimais, je pensais, que le fait maison était beaucoup plus sain, beaucoup mieux pour eux, alors qu’objectivement, la purée de pommes maison ou la purée de pommes bio du magasin, c’est pareil. Le lait de soja maison ou lait de soja du magasin, c’est pareil.
Éviter le burn out domestique
Et en fait, avec le recul, je me dis que je peux éviter à d’autres personnes de foncer tête baissée là-dedans, dans cette recherche de la perfection, dans cette recherche de rentabiliser absolument tout. Et puis, dire : « je fais tout maison, regardez, je sais tout faire, c’est pas dur ». Mais en fait, si, c’est hyper dur. Seules les choses prises une à une ne sont pas dures.
Ce n’est pas dur de faire du lait, ce n’est pas dur de faire du pain, ce n’est pas très long de faire des yaourts. Mais en fait, dans une vie, quand vous faites tout ça, en plus de tout le reste, c’est hyper, hyper chronophage, et ça, ça va vous faire rentrer dans un cercle vicieux. Voilà, littéralement un burn-out en cuisine. Je ne sais pas si ça existe dans la liste des burn out, mais bon, clairement, c’était ça.
Et aujourd’hui, j’ai envie que vous vous posiez les bonnes questions : qu’est-ce que vous avez à y gagner à faire du fait maison ? Ça peut être du temps, ça peut être de l’argent, ça peut être la satisfaction personnelle, ça peut être le plaisir de faire, aussi. Mais on en revient au début.
Si vous décidez de vous lancer dans cette activité de cuisine – et la cuisine est une activité car on peut lui consacrer plus ou moins de temps, plus ou moins d’énergie, plus ou moins d’apprentissage, plus ou moins d’investissement financier. Aussi, en dehors du fait qu’on est obligé.e de manger, l’activité cuisine recouvre une diversité de pratiques quand même énorme. Posez-vous cette question.
Comment voulez-vous que votre rapport à la cuisine soit aujourd’hui ?
Moi, je veux qu’il soit le plus simple possible. Je veux bien manger, très bien manger. C’est un poste extrêmement important pour moi. Mais par contre, je ne suis plus du tout prête à lui sacrifier tout mon temps, clairement. Donc, du coup, de quoi avez-vous envie ? Qu’est-ce qui est important pour vous ? Où est-ce que vous mettez votre curseur santé, votre curseur économie, par exemple ? Moi, je ne fais plus mes yaourts aujourd’hui, je les achète. Certes, ça fait des déchets, mais de l’autre côté, le petit temps que je libère, je prépare des légumes que j’achète en vrac. On ne peut pas tout faire. Le plus important pour moi, c’est de manger des bons légumes frais.
Pour conclure
Il y a beaucoup de notions dans cet épisode, mais je trouve que cette recherche de devenir un super humain, une super humaine, ç’avait quand même vachement ses limites.
Ça générait énormément de pression et ça me semble très important, quel que soit le domaine de notre vie, de se poser la question : pourquoi ?
Pourquoi j’ai envie de faire ça ? Qu’est-ce qui est important pour moi ? À partir du moment où je décide de me lancer dans une activité, quel temps je suis prêt.e à y consacrer, quelle énergie, quelle finance aussi ? Quelle satisfaction j’ai envie d’en retirer ? On n’est pas obligé.e, dans tous les domaines de notre vie, d’avoir une progression, d’avoir une performance. On doit redécouvrir le plaisir de l’oisiveté, de la patience d’apprendre et le fait que les choses peuvent prendre du temps.
Moi, ça fait cinq ans que j’apprends l’anglais. Je suis très loin d’être bilingue, mais je suis quand même hyper fière quand j’arrive à comprendre un épisode sans lire les sous-titres. Voilà, il y a des petits plaisirs, je trouve, sur les apprentissages, qui sont extraordinaires.
Je ne ferai jamais de marathon, probablement, et ça ne m’intéresse pas. Néanmoins, j’ai toujours ce shoot de dopamine quand je finis mes trente petites minutes de course à pied et que je ne cherche pas à aller au-delà. Ça me fait plaisir et je suis contente.
Je suis aussi contente quand je sors mon pain maison du four, parce que j’ai pris beaucoup de plaisir à faire les plis, à mélanger les ingrédients, à le voir gonfler. Mais voilà, je ne deviendrai pas boulangère.
Qu’on retrouve le plaisir des choses simples, qu’on garde en tête pourquoi on se lance dans les choses et qu’on arrête de se comparer. Les objectifs des autres n’ont pas à devenir nos objectifs.
Bon, finalement, ça fait un petit peu développement personnel tout ça, mais bon, ça me tenait vraiment à cœur de vous partager cette réflexion, parce que je trouve que, pour le coup, dans le domaine de la cuisine, c’est hyper important. Et la cuisine, c’est quand même une occupation qui occupe du temps. Ça occupe nos pensées, ça occupe notre emploi du temps dans la journée, de façon concrète, donc, c’est bien de se poser les bonnes questions.





Je n’écoute jamais de podcast, c’est mon premier. J’ai beaucoup aimé écouter et réfléchir sur ce que tu as dit. Je sens que je vais déculpabiliser sur plein de choses, réapprendre à faire les choses avec plaisir et non en quête de performance, et revoir mon rapport à la natation (pratique sportive que je fais pour ma santé, la seule possible avec ma maladie, que je commence à moins pratiquer parce que malgré les leçons les stages et les heures de longueur, mon crawl reste « débutant », mon papillon inexistant et mon apnée loin d’être celle que je vise. Pourtant grâce à la piscine : je refais du sport, je me suis musclée, j’ai retrouvée de la mobilité au niveau du dos, des cervicales, et j’ai trouvé un lieu où je peux sentir mon corps, le ressentir sans aucune douleur. J’en avais oublié l.essentiel). Merci Mélanie
Coucou Mathilde,
C’est vraiment chouette si ça peut t’aider à continuer de pratiquer ce qui te fait du bien, tout en ayant des clés pour mettre à distance cette petite voix de la perfection qui ramène sa fraise quand on ne lui a rien demandé !
C’est ce qui m’aide dans les cours de zumba, au bout d’un mois, je ne comprends toujours rien, je suis toujours aussi nulle en coordination et je n’arrive pas à mémoriser les pas… Et pour une perfectionniste comme moi, ce n’est pas très facile à vivre.
Mais je me défoule, je “danse”, et finalement, je finis épuisée et contente. Pas très satisfaite, mais heureuse.
Et c’est ce que j’essaie de garder en tête pour y retourner même quand l’appréhension prend le dessus 🙂
Oh super que tu gardes cet objectif : se défouler se faire du bien être heureuse dans ta pratique ! Je comprends tellement ton sentiment! Je faisais de la Zumba et j’étais exactement comme toi. Coordination inexistante, mais je me défoulais comme pas possible ! Maintenant je fais de l’aquagym avec la musique en complément de la nage et ça me fait penser à cet époque où j’avais un bras en l’air à gauche quand il devait être en bas à droite 😀
Article très très intéressant qui me fait beaucoup réfléchir (to be continued comme on dit !).
J’ai par la même occasion découvert le podcast “Encore Heureux” : j’ai pour l’instant téléchargé les 2 épisodes dont tu parles mais je pense en écouter bien d’autres 😉
Bonjour Sophie,
Oh oui, tu verras, ce podcast est une pépite, je ne sais même plus combien d’épisodes j’ai écouté depuis ma découverte^^ !
J’ai écouté ce podcast en faisant des cœurs au crochet, juste pour le plaisir de faire des cœurs au crochet en t’écoutant. Le retour à l’oisiveté, je trouve ça tellement important ! Nos enfants ont des emploi de ministre aujourd’hui entre l’école, les activités sportives, culturelles, la musique, les invitations chez les copains, les devoirs… Alors moi j’adore regarder mes filles ” s’ennuyer” et laisser libre cours à leur imagination sans aucun autre objectif que s’amuser !
Quant à moi, je me soigne !! Et je chemine aussi, je fais mon pain maison parce que j’aime ça, je fais parfois des gâteaux pour le goûter parce que j’aime ça, et j’essaie de ne plus me mettre la pression en cuisine !
Merci pour ton contenu, toujours enrichissant !
Bonjour Bérangère,
C’est une belle philosophie de vie. Et je te rejoins punaise, il y a des mômes, je ne sais pas où ils trouvent le temps, pourtant si nécessaire, de s’ennuyer !
Vive le crochet !
J’ai ADORE cet épisode de podcast qui résonne en moi!!! Tellement!!! Merci et surtout au plaisir de t’écouter, vraiment!!
Coucou Estelle,
Je suis vraiment contente si tu t’es retrouvée dedans 🙂
Article super intéressant où je me suis aussi beaucoup retrouvée : l’impression que si on ne fait pas maison c’est nécessairement moins bien nutritionnellement, en plus de créer des déchets…J’ai été à fond dans le DIY pendant des années, jusqu’au moment où je me suis rendue compte que l’impact du ZD par rapport au reste, notamment l’alimentation, c’était peanuts ! Donc maintenant j’essaie de prioriser…Merci en tout cas pour tes articles et podcasts qui m’ont aidé à prendre du recul sur le sujet 🙂
Coucou !
C’est vrai que, dans un tas de domaines qui visent à nous faire réduire notre impact écologique, l’alimentation arrive vraiment en tête. On peut toujours faire du mieux qu’on peut à côté, mais quand on a un espace mental déjà bien pris, autant se concentrer sur l’essentiel et sur ce qui a un véritable impact. Je suis contente si cet article t’a remis une bonne couche !
Alors là mais quel article magistral ! Merci, ça fait du bien de mettre ces questionnements sur le tapis. Moi qui ne suis pas du tout dans la recherche de performance, je trouve très apaisante l’écoute de ton podcast. Il y a quelques années, j’ai complètement réorienté ma vie professionnelle. J’ai fait le choix de travailler peu, et donc de gagner peu, parce que je voulais absolument avoir du temps (pour m’occuper de mes enfants, pour m’occuper de moi, bref pour avoir le temps de vivre: pour moi avoir du temps c’est un luxe au même titre qu’avoir de l’argent).
J’ai souvent été confrontée au discours ambiant (“ça va, elle fout pas grand chose de ses journées”) et aussi à ma propre culpabilité (“ne serais-je pas simplement une grosse paresseuse ?”).
Bref cet éloge que tu nous fais de la lenteur, de la non performance, du temps de vivre, c’est vraiment génial , merci ☺️
Coucou,
Quel plaisir de lire ton témoignage ! Il y a tellement de façon de ralentir, et une version ne conviendra pas à tout le monde, alors c’est bien d’avoir des exemples différents. 🙂
Et souvent, on est son propre ennemi avec cette petite voix culpabilisante bien issue du capitalisme…
Bonjour Mélanie
Je me retrouve tellement dans ce que tu dis 😅 je l’avais dit déjà dans un commentaire sur un de tes articles, en devenant vegan je me suis mise à tout faire maison, dans le même temps je m’étais lancé dans le zéro déchet 🤯 et tout ça pour quoi? Probablement parce que je suis une meuf beaucoup trop influençable 😂 alors j’ai rééquilibré le truc et j’en fait beaucoup moins , voire quasi plus rien (enfin à par les repas ) et ma charge est allégée 😁
Merci pour tes paroles
Trop contente d’être une abonnée 🥰
Coucou Marina,
C’est sûr que le jour où on voit la lumière, punaise, on se lâche un peu la grappe !
On ne peut définitivement pas être sur tous les bords.
Je suis aussi ravie de te compter parmi les membres du Coup de fouet ! 🙂
À très vite !
Mélanie
J’ai adoré ce podcast !! Tellement vrai !! Et mis à part l’anglais (qui est ma langue de travail 😋) tous les autres exemples résonnent en moi !! Le crochet par exemple !! Ahahahah 🤣
Tellement vrai aussi les injonctions vis à vis du sport !! Genre si t’as pas fait un marathon dans ta vie, t’es pas un vrai runner !!
Alors que tu le dis si justement, Mélanie, on devrait surtout mettre tout en œuvre pour être en forme le plus longtemps possible !!
Bonjour Sandra,
Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir d’avoir des retours !
Et c’est tout à fait ça, “Mais tu vises quoi comme compétition ? Bah rien^^”.
Merci pour cette réflexion.
Je trouve ça très vrai, surtout quand on est cheffe d’entreprise, tout notre temps est censé être productif, on oublie ce temps destiné à rien d’autre que notre plaisir.
Exactement Agathe, c’est pour ça que j’ai complètement changé mon planning depuis quelques semaines et j’ai libéré plus de temps perso !