Comment assumer son véganisme à l’extérieur de chez soi ?

Avoir des convictions chez soi est très facile à vivre. Les afficher à l’extérieur quand, clairement, la majorité des gens sont contre ces idées (sans y avoir jamais réfléchi plus que ça pour la plupart néanmoins), quand la société n’est pas encore en accord avec lesdites valeurs et que les médias tendent à les discréditer dès que possible n’est pas du tout aisé. Peur du conflit, en manque d’argument, peur du rejet, bégayite aiguë au moment de répondre aux questions, j’avais envie de partager avec vous quelques idées pour mieux vivre son mode de vie vegan à l’extérieur.

Bien que n’ayant dans mon entourage géographique proche, aucune personne vegan à part mon mari, à force d’échanger avec vous ici et ailleurs, je constate qu’il y a plusieurs personnes qui sont végéta*iennes chez elles, mais pas à l’extérieur, ou « simplement » végétariennes.

Entre celle qui suit le mouvement d’un groupe donné et qui, du coup, ne s’est pas appropriée ses idées, sa propre réflexion, celle qui a toujours peur de déranger en faisant différemment, celle qui a envie de répondre « va chier » quand on lui demande le pourquoi car là tout de suite elle est submergée par la panique, celle qui ne veut pas blesser l’autre, celle qui a horreur du débat, celle qui ne veut pas se justifier par peur de manquer d’argument… voilà beaucoup de situations qui empêchent d’aller au bout de ses convictions en société.

L’autre point que je trouve très culpabilisant (pas à titre personnel mais de ce que je lis), c’est que les « personnalités » emblématiques -si je puis dire, du mode de vie vegan sont quand même très fréquemment des citadins, souvent des parisien.nes seul.e.s ou en couple, qui partagent quotidiennement leur vie à Paris, où clairement manger, s’habiller et vivre vegan n’est plus un gros problème. Du coup, il y a un réel décalage entre le reste de la France (parce que non bordel de mes deux Paris n’est PAS le centre du monde) et nous autres provinciaux, qui sommes encore en train d’expliquer que le véganisme n’est pas une secte dans laquelle nous nous retrouvons pour brouter de l’herbe assis en cercle, invoquant Gaïa les fesses à l’air à quatre pattes pour favoriser une meilleure diffusion des énergies cosmiques, là ou dans les plus grandes villes on est déjà un peu plus avancé.

Et on a vite fait de conclure : « Eux ils peuvent, nous pas encore ».

Et bien si. Vivant à la campagne entourée de barbecues, de cochon grillé à longueur d’année avec son lot de camions quotidiens se dirigeant vers l’abattoir, près de la mer avec ce qu’il faut de restaurants à base de poissons, mes enfants étant scolarisés dans une école où de très nombreux parents sont agriculteurs et éleveurs, avec trois restaurants (avec option) VG à 60 km à la ronde, je pense que ma situation est bien plus représentative qu’un citadin de grande ville aujourd’hui.

Tout d’abord parce qu’être vegan ce n’est pas un mode de consommation, c’est une philosophie de vie. Être vegan / antispéciste, c’est avant tout avoir en tête que ce que l’on fait, on ne le fait pas pour nous mais pour les animaux, que l’on se sente proche d’eux ou pas.Tout simplement parce que nos convictions sont choisies et assumées et pas subies. À partir de là, il est bien plus aisé, je trouve, d’accorder son mode de vie à la société, que d’attendre d’elle qu’elle nous emboite le pas. Et en France autant vous dire qu’il va falloir s’armer de patience.

Faire ses courses

Comme des tas de blogs le démontrent, on peut manger végétalien en faisant ses courses au supermarché du coin, sans avoir besoin de produits différents. L’alimentation végétale de base étant composée, on le rappellera,  de légumes, de fruits, de légumineuses, de céréales, d’oléagineux, et d’eau. Et de vitamine B12.

Néanmoins, on ne va pas se mentir, les supermarchés ne sont pas la panacée en terme d’alimentation, et si l’on trouve sur ces mêmes blogs des produits différents comme des purées d’oléagineux, du (bon) tofu, du tempeh, des graines germées…, ce n’est pas parce qu’on a pris un abonnement à B-Bo magazine, mais simplement parce qu’en fermant la porte à la viande, aux poissons et aux sous-produits animaux, on ouvre le portail d’un parc d’attractions de la bouffe avec tellement, mais tellement plus de choix que les offres généralement proposées en grande surface.

Au restaurant

Je ne parlerai donc pas des grandes villes où l’offre est plus conséquente mais des campagnes. Je ne pense pas qu’il y ait une seule région de France épargnée par la sacro sainte gastronomie à base d’animaux. La grosse différence pour moi, entre avant et après au niveau des sorties, c’est qu’elles ne sont plus spontanées. Si vous voulez aller manger au restaurant, il faut simplement appeler pour savoir ce que l’on peut vous proposer. Si vous avez un vrai cuisinier au bout du fil, il sera bien sur en capacité de vous composer une assiette végétale sans aucun souci ! Et en cas de repas imprévu, dans une brasserie il y a des frites, dans une pizzeria une pizza aux légumes, etc. Ce n’est pas du tout le pied mais c’est possible.

Quand on choisi un restaurant entre amis, on fait en sorte que chacun y trouve son compte puisque de toute façon il n’y a quasiment aucun restaurant végétalien là où on se retrouve. Pizzeria ou restaurant du monde sont les choix les plus communs.

–> Regarder les cartes en ligne

–> Appeler pour prévenir plutôt que de faire le boulet sur place en demandant à ce qu’on vous décortique la carte et de faire perdre son temps au serveur. Il est toujours possible de trouver une solution. Un chef d’un restaurant de couscous, lors d’un repas en famille, m’a fait cuire mes légumes à part, quand je lui ai demandé s’il le faisait. Je n’ai appris que là bas que les légumes du « couscous végétarien » sont cuits dans le bouillon des volailles. Et du coup, il a lui même pris la mesure de l’incongruité de la formule. En commandant, et en me régalant d’un pad thaï végétarien que j’avais commandé sans oeuf, j’ai appris ensuite qu’il y a de la sauce poisson, comme partout dans la cuisine thaï. Je n’en suis pas morte mais je le signale maintenant, pour faire enlever le mot végétarien.

Quand on est invité chez quelqu’un

Quasiment à chaque fois que je suggère à ceux qui préfèrent faire l’impasse sur leur convictions lors d’invitation, de prévenir et d’amener un plat ou leur part, on me répond « mais ça ne se fait pas, c’est malpoli ! ». Je peux vous dire qu’aimant cuisiner et essayant de faire de mon mieux pour mettre à l’aise quand je reçois, comme quasiment tout le monde, je l’aurais sacrément mauvaise d’apprendre au moment de passer à table qu’un.e de mes invités a une allergie quelconque, et déteste tel ou tel aliment ( ou pire : un vegan ! ^^) et n’avoir rien à lui proposer ! Ou pire pire pire encore, qu’il mange contre ses convictions pour ne pas me froisser. Mettez-vous à la place de votre hôte, qu’est-ce qui est le plus embarrassant : d’apprendre au moment où il dépose sur la table le bourguignon qu’il aura mis une heure à cuire que vous ne mangez pas de viande ? D’apprendre que vous êtes végétalien quand il s’est cassé la nouille à vous faire un entremet trois chocolats ou un café gourmand ? Ou que vous ayez la politesse d’appeler pour prévenir et proposer d’aider ? C’est simplement du bon sens et du respect. Absolument pas de l’impolitesse ou de l’égoïsme.

–> Si vous êtes invités par des proches, il y a fort à parier qu’ils connaissent vos convictions et vous n’aurez pas à les justifier. Néanmoins, ils ne seront pas toujours à l’aise avec cette cuisine et vous pouvez proposer d’amener le plat ou le dessert et suggérer des idées très simples si la personne vous le demande (pizza, hachi parmentier avec des lentilles à la place de la viande, gratin de légumes, lasagnes aux légumes, pâtes aux champignons, chili sans viande hachée…).

–> Si vous êtes invités par des gens que vous ne connaissez pas (collègues de votre moitié par exemple), appelez avant pour leur expliquer que vous ne consommez pas d’animaux et de sous-produits animaux, que vous avez conscience que ce n’est pas vraiment simple pour ceux qui n’ont pas l’habitude et que, s’ils ont a déjà une idée du menu, vous pouvez préparer votre part. S’ils tiennent à vous faire un plat pour vous, proposez d’adapter le plat prévu, ou suggérez des idées très simples (si c’est un hachi parmentier, simplement suggérer une part à part avec des lentilles et du lait de soja à la place du lait de vache par exemple).

Il serait tellement dommage à la fois de se priver de vie sociale par peur de gêner, et pour ma part, il est impensable de renier mes convictions pour un repas alors qu’il existe des solutions. Il n’y a même pas de débat à avoir sur le fait que ce soit mieux qu’on mange tous la même chose. C’est une évidence. Néanmoins, pour moi le principal est qu’on mange ensemble, point barre.

Et rappelez vous : Vous ne faites rien de mal ! Vous n’avez pas à vous excuser d’être végétalien.ne ! Mais tout se passera mieux pour tout le monde avec de l’anticipation.

Avec des carnistes convaincus

Et bien oui, hein. On ne va pas se voiler la face, il y a les amis bienveillants, les cuisiniers inventifs, les hôtes prévenants, la famille aux petits soins (coucou ma famille <3) et ceux qui en n’ont rien à secouer, que ce soit la famille pour beaucoup de ce que je lis, ou l’environnement social. A chacun de fixer son baromètre pour que tout se passe bien. Dans ma famille, à Noël (qui pourrait être un sacré moment de tension alimentaire familiale d’autant que chez nous on cumule bouffe végétalienne, halal, sans gluten, pro-viande), il y a un plat de viande et un plat végétalien. Et tout se passe très bien. Il y a de nombreux vegan qui refusent de manger avec leurs proches si tout n’est pas végétalien. Il ne m’est pas venu à l’idée une fraction de seconde de ne plus manger avec mes parents, mes frères et soeurs, mes cousins et cousines, tantes, etc, parce qu’on ne partage pas les mêmes convictions. Oui ça m’est particulièrement pénible d’être face à un plat de viande, oui, ça me pèse de sentir du poisson, oui j’ai envie de passer le plateau de foie gras par dessus la baie vitrée. Mais ça me pèserait davantage de ne plus être avec eux. Chacun a pu exprimer son point de vue à de nombreuses reprises, maintenant il est acté qu’on se retrouve pour être ensemble. Point barre. Bis.

Si vos parents, beaux-parents, etc, ne sont pas d’accord avec vous, il me semble que poser les faits sur la table devrait être la première chose à faire : je veux passer un moment avec toi mais dans le respect de mes convictions et chacun mange ce qu’il veut. Il ne s’agit absolument pas d’arriver en attaquant le mode de vie de l’autre, le résultat serait plus désastreux qu’autre chose. Et vous pourriez être surpris du résultat. On donne le meilleur de soi-même… quand ça vient de soi-même. S’ils ne sont pas contraints de cuisiner végétalien pour tous, ils chercheront sans doute davantage à vous faire plaisir. La peur de mal faire est un frein énorme pour l’entourage, donc là encore, proposer d’amener, d’aider, de faire ensemble. Et on n’a pas à être d’accord avec l’autre pour ça.

Si votre moitié ne veut pas du tout manger végétalien, chacun peut cuisiner son plat par exemple. Ma réaction aurait été plus tranchée si ma moitié avait continué de manger de la viande : divorce ! Nan je déconne. #humourdevegan . À chacun de faire des choix en fonction de ce qui est le mieux pour son couple, sans se préoccuper du jugement des autres.

Ce n’est pas renier ses convictions que de s’asseoir à une table où il y a des plats carnés, c’est simplement vivre ensemble. Et on ne fera certainement pas avancer nos idées est restant entre nous !

Comment éviter d’avoir peur du débat, de manquer d’arguments 

« -Bon la viande d’accord. Mais les poissons ils ne crient pas ? Et les poules ? Elles n’ont pas mal quand on mange leurs oeufs ? Et la laine? Les moutons doivent être tondus ! Et le cuir ? Quitte à tuer une vache autant rester dans le zéro déchet non !? En plus le zéro déchet c’est à la mode AH ! Et le miel ? Pourquoi pas le miel ? Et s’il n’y a plus de vaches, il n’y a plus de prairies ! Et que penses-tu de l’accès à des protéines de qualité pour les inuits qui n’ont pas de légumes ? Et dans une optique de déglobalisation de la croissance, quelle place penses-tu que l’alimentation végétale prendra et suffira t-elle à répondre à la demande ? Et les protéï…

-Va chier ! « 

Devenir vegan, c’est faire de nombreux choix de vie au quotidien, qui sortent de la norme pour le moment. Chacun de ces choix est motivé par une ou plusieurs raisons, et il est impossible de résumer chacune d’elle en une phrase.

Préparez-vous quelques phrases types à sortir calmement. Lisez sur le sujet, synthétisez vos idées. Il n’y a pas besoin d’être un grand philosophe pour ça ou ingénieur es antispécisme. On se sert des bases de la communication non violente et on exprime son avis. Même si cet avis découle quand même de faits logiques, étudiés, de bon sens et d’une longue réflexion, il y a peu de choses qui soient aussi liées à l’affect, aux émotions que la nourriture, et vous n’allez convaincre personne au premier échange. Le but de cette phrase n’est donc pas de convaincre en dix mots, mais d’expliquer vos choix. Et la grande majorité des personnes va sans doute rebondir dessus, mais par curiosité, pas juste pour vous mettre mal à l’aise.

« J’ai fait le choix de ne plus consommer des animaux car on peut très bien vivre sans les exploiter et les tuer ».

« Je pense que les animaux ne nous sont pas inférieurs donc je ne vois pas pourquoi je les mangerai ».

« Il existe aujourd’hui de très nombreuses alternatives pour ne pas avoir à exploiter et à tuer les animaux ».

« Je suis choquée depuis que j’ai appris comment sont traités les animaux, je ne veux plus en manger ».

« Après un long cheminement, j’en suis arrivé.e à la conclusion que… »

« Je me suis rendue compte qu’exploiter et tuer les animaux pour mon plaisir personnel était un acte violent et profondément immoral, que rien aujourd’hui ne justifie un tel comportement. Ce sont des êtres qui ressentent des émotions, la douleur, qui aiment leur petits, qui transmettent aussi du savoir et que s’en servir de cette façon là, faisait de moi un sous-homme. Et ton steak, il est toujours bon et saignant comme tu aimes ? ». Ok, faut un peu de bouteille pour celle-ci. Et ne souhaiter aucune discussion !

Si vous avez peur des débats :

  1. Renseignez-vous : Nous n’avons aucune difficulté à expliquer ce par quoi nous sommes convaincus. Si vous avez des zones floues dans vos convictions ou difficilement explicables rapidement, lisez sur le sujet. Contrairement à mes « débuts », je n’ai aucune difficulté à assumer aujourd’hui que dans l’idée je pourrais manger les oeufs de poules que j’ai récupérées d’un abattoir ; que oui, je pourrais prélever un petit peu de lait d’un animal avec qui je cohabiterai pour en faire du fromage pour ma consommation personnelle sans pour autant attenter à sa vie, à celle de son petit dès qu’il n’en produira plus, ou chercher à l’inséminer pour en avoir encore. Que je n’ai rien contre les récoltes personnelles de miel dès lors qu’on prélève une infime partie de ce dernier et qu’on laisse tout le reste aux abeilles. Mais que je trouve néanmoins que tout ceci serait un privilège immense auquel peu de personnes auraient accès. Il est plus que probable que je n’en fasse rien par souci d’équité, car je peux vivre sans tous ces aliments et produits. Quand mon avis n’était pas arrêté sur ces questions au début, c’est exactement ce que je répondais « mon avis n’est pas arrêté, donc en attendant je m’abstiens d’en consommer ».
  2. Ne vous excusez pas, vous ne faites rien de mal bon sang !
  3. Anticipez (appelez vos hôtes, les restaurants, recherchez, proposez d’amener : cela soulage immédiatement la personne en face)
  4. Acceptez de ne pas avoir réponse à tout ! L’antispécisme est un très vaste sujet qui, loin des réseaux sociaux et de l’alimentation, englobe énormément de problématiques philosophiques, économiques, agricoles, sociales. Pour vous donner un petit exemple concret, entourée de nombreux agriculteurs et éleveurs, on m’a plusieurs fois demandé ce que deviendrait le paysage français (les nombreuses vallées et prairies notamment) sans les ruminants que sont les vaches, moutons, chèvres qui l’entretiennent. Je ne suis pas agronome et encore moins spécialisée en biodiversité animale aussi je ne savais pas quoi répondre à part « mééeeeeuh ». Ce sont des éleveurs qui m’ont donné une des solutions possibles ! Il existe bien des organismes chargés de la protection des forêts (un garde forestier ne rapporte pas grand chose à l’état à part la préservation de son patrimoine), pourquoi est-ce qu’il n’y en aurait pas chargés de la protection des prairies ? Au lieu de verser des subventions colossales aux éleveurs pour un système laitier et pro-viande qui les ruinent, ces mêmes subventions (voire tellement moins !) pourraient être versées pour l’entretien de ces animaux et le salaire des éleveurs. Ces derniers seraient les gardiens des animaux, non pas payés une misère pour produire toujours plus des denrées à perte, mais payés un salaire décent pour surveiller et entretenir les animaux. Je simplifie bien sûr, mais c’est pour vous expliquer que les solutions existent, qu’elles peuvent exister, mais que vous n’êtes pas obligés de les connaitre pour assumer vos convictions ! Ce n’est pas votre travail et vous n’avez pas forcément les connaissances pour.
  5. N’ayez pas honte d’accepter des compromis ! Le but final est que chacun arrive à la même conclusion que vous et finisse par se rendre compte de l’horreur que nous faisons vivre aux animaux et de l’immoralité d’exploiter des êtres sientents à des fins purement égoïstes et économiques, pas de finir seul dans votre coin.

***

Si vous avez vécu / vivez encore des situation de conflit, de malaise, d’incompréhension et que vous êtes parvenus à un accord, à une entente, que vous avez pris confiance en vous, merci de nous en faire part dans les commentaires ! Il y a de nombreuses situations et réponses possibles !

 

28 commentaires sur “Comment assumer son véganisme à l’extérieur de chez soi ?

  1. Bsr Mélanie,
    Ma rubrique préférée!. Tu as toujours des arguments pertinents et de bons conseils, le tout bien présenté. Je suis entièrement d’accord que Paris n’est pas la France. C’est drôle par ce qu’hier j’abordais avec des nouvelles collègues le sujet de l’offre, végétalienne tant restaus que magasins spécialisés et je parlais de la chance de vivre dans la capitale. Je constate tout de même que les temps changent par ici car il y a qqs années ce n’était pas toujours évident dans des restaus classiques d’avoir une offre végétalienne et que maintenant je n’ai plus ce problème.
    En ce qui me concerne plus le temps passe et moins je fais de compromission par ex sur les gâteaux, plats à base de fromage dans la famille ou chez les amis et j’arrive à expliquer mes choix sans m’énerver.
    Effectivement le véganisme est une philosophie et qui est souvent réduit à l’alimentation.

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    1. Bonjour Christel,
      Ton message me fait chaud au coeur !
      Il faut du temps pour maitriser son discours sans s’emmêler les pinceaux ou sans être sur la défensive, d’ou l’intérêt de bien se préparer. Et tout se passe mieux en général.
      Bonne journée !

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  2. j’avoue que c’est le contexte social qui me gène le plus, maintenant. N’étant pas encore aguerrie face à ça, je trouve souvent les arguments après coup… C’est frustrant. J’ai en mémoire une réunion dans la famille de mon chéri où je me suis retrouvée au milieu d’un groupe, qui se relayait pour me harceler de questions, chacun se renvoyant la balle pour trouver de meilleurs arguments afin de me « coincer ». J’ai eu droit à tous les clichés comme quoi les vegans c’était une secte/mode/rayer la mention inutile, que je mangeais de la pelouse, des graines…Et moi, je n’avais aucun allié. J’ai eu quand même deux ou trois « punchline » qui ont cloué des becs… du genre « ah! pas de viande! mais tu n’as pas peur des carences? _ non attends tu me dis ça sérieusement?? qu’en me goinfrant de fruits, de légumes, de légumineuses je vais finir carencée?? parce que toi avec ton steak/pâte 7/7j tu penses que tu t’en sors mieux que moi?  » ou encore « ah oui les animaux… c la mode mais par contre les enfants qui meurent de faim ça, on s’en fout. _ ah mais pas du tout. D’ailleurs tu sais ce que ça consomme de produire de la viande en terme d’eau, de céréales..? si tu veux éradiquer la faim dans le monde je pense qu’on peut commencer par là… »Au bout d’un moment j’ai juste jeté l’éponge et dis que je ne souhaitais pas continuer la discussion. Je n’ai pas l’esprit belliqueux et je n’aime pas être le centre de l’attention…

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    1. C’est terrible d’être assaillie de questions et de ne pouvoir y répondre ! Il y aura toujours des gens qui préfèreront titiller plutôt que de se remettre en question, le principal pour moi, c’est simplement d’être sûr.e de soi. On ne convaincra personne en 10 minutes.

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  3. Mais comme je suis trop déçue … un mythe s’écroule ( pleure à chaudes larmes): mais tu n’as pas parlé des cailloux que nous suçons, lors de nos réunions ! mais honte à toi ! tu n’as plus l’esprit trop clair le soir toi … pfff
    M’en parle pas, hier au cabinet un patient (les bras croisés surla poitrine) :c’est pas une raison pour saccager les boucheries …
    euh alors Mr je vous explique : bla bla bla…….pour finir ras décroisés et penchement de la tête (ouffffffffff) bon ok ! d’ici à ce que celui-ci deveinne un végane confirmé y’a … aucun espoir certes ! mais au moins, il réfléchira un peu et rien que pour ça : YES !
    j’adore me gausser ( sur fb ça n’ira pas plus loin! faut pas pousser non plus !) de ces petites victoires personnelles! et toc! prend ça dans les dents !
    et pour mon mariage, la 50aine de personnes qui n’y connaissaient absolument rien ont été carrément bluffées, m’ont posé des questions, se sont intéressées et m’ont demandé quand j’organisais mon 1 er cours de cuisine….. et là aussi YES ! fierté au top et 50 personnes qui se sont posées des questions, auront réfléchi, ne regarderont/écouteront plus les infos de la même façon! et toc !
    et pour Paris ben ouè … pfff comem d’hab et comem pour TOUT !
    mais souviens toi : il y a + 5 ans quand j’ai débuté y’avait que dalle! même les mag bio tu devais les chercher….. donc là, ça avance bien, paraitrait que les supermarchés agrandissent leurs rayons ++++ ! certes, ce n’est pas la panacée comme tu le dis si bien, mais si ça peut juste servir à en faire débuter certains je dis YES !
    houlà….. j’ai encore trop parlé moi !! tu m’inspires! que veux-tu !!
    Merci pour ce billet encore une fois et ne change rien (je sais c’est trop tard) 😀 😀
    au fait….. le prochain bouquin c’est pour quand?? oui? ben après non?? 😉
    encore merci ++, des bises et bon wend ♥♥♥

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    1. Mais c’est très bien de trop parler quand on a des choses à dire ! On ne peut pas convaincre tout le monde et il y a de nombreuses personnes qui sont absolument convaincues que l’animal est sur Terre pour être mangé. Pas de temps à perdre dans ces cas là !
      Oui, c’est bien que l’offre des GMS se développe, bien sûr, et il y a de nombreux endroits en France où le premier magasin bio est à des kilomètres de voitures donc forcément on ne va pas se compliquer la vie. Elles sont néanmoins représentatives d’un système qui tire et les salariés et la bouffe vers le bas, donc quand, à un moment on peut choisir, c’est bien.
      Quant au prochain bouquin, j’essaie déjà de finir l’année avec mes projets en cours et on verra après ^^

      bisous !

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    2. oui et surtout c’est très inconfortable, je ne demande rien à personne, qu’on me laisse tranquille. Mais on dirait qu’ils tiennent absolument à me prouver que j’ai tort, comme si mon attitude était une critique ouverte à leur mode de vie. Après il y a des gens qui sont simplement curieux et maladroits.

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  4. Super article ! La partie que j’ai trouvé la plus difficile quand je suis devenue vegan c’est de l’assumer devant les autres, c’est d’ailleurs toujours compliqué, car comme vous le dites, ce n’est pas seulement un mode de consommation, c’est une philosophie et une éthique globale, donc ça ne s’explique pas en une phrase. Merci pour tous ces arguments, on va préparer Noël comme ça !

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    1. Bonjour,
      En effet ça ne s’explique pas rapidement et avec l’image des vegan actuellement, on n’a même pas envie de se prendre des préjugés à eux balles dans la tête. Néanmoins, se préparer, c’est déjà s’assurer un minimum de ne pas paniquer 😉
      Merci et belle journée !

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  5. Bonjour Mélanie, merci pour ce partage. Qu’en est il des repas chez toi avec des carnistes ? J’ai dans mon entourage des personnes qui viennent chez nous avec leur viande (les beaux parents avec leur rôti ou leur rillettes ou la belle sœur avec une escalope de veau pour son enfant…) Ils n’acceptent pas de se plier à notre régime alimentaire et trouvent que c’est incorrect de leur imposer notre mode de vie quand on les invite… Je ne sais plus quoi faire.

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    1. Bonjour,
      Ca dépend vraiment, disons que dans ma famille, tous les repas sont en mode participatif (il n’y a pas un seul à acheter et faire à manger pour tous, chacun amène un bout). Quand c’est chez moi, je m’occupe du plat (et je l’emmène souvent) et mon frère/ma soeur s’occupe du pain, fromage, chacun amène un truc apéro etc. Donc ce n’est pas forcément végétalien. Mais on a toujours fonctionné comme ça. Il y a des personnes de l’autre côté de ma famile avec qui on ne mange plus pour la raison que tu évoques : ils refusent de manger végétarien (ça les rendrait malades..) et ils trouvent que c’est malpoli si j’mmène mon plat chez eux. Donc on se retrouve uniquement pour des goûters (où là, étonnamment, mes gâteaux ne rendent personne malades…). Bref, c’est du cas par cas. Je crois qu’il ne faut rien forcer, j’ai laissé à ma mère le temps de s’y faire, elle amenait son plat et depuis très très peu de temps, elle goûte le mien. C’est se couper de beaucoup de monde dans le cas contraire et moi je ne le souhaite pas.

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  6. J’aime beaucoup les pistes que tu donnes à la fin, je suis un peu dans la même situation concernant les oeufs par exemple, je suis bien plus au fait de la complexité des débats aujourd’hui donc il m’est plus facile de tenir un échange constructif plus longtemps (en plus je l’avais expliqué sur le blog, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec des chasseurs et des éleveurs pendant mes stages, donc j’en parle régulièrement, ça rassure parfois l’interlocuteur sur le fait que je n’ai pas de détestation personnelle de ces personnes)

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  7. Ho mon Dieu ! je me sens tellement proche de toi, habitant en pleine zone rurale, entourée d’agriculteurs/eleveurs, à 10 mn de la mer, avec beaucoup de restau de poissons/fruits de mer (coucou de Sud Vendée)
    j’ai 3 restau dans un rayon de 50 km ou je peux manger végétalien à l’improviste et je trouve ça énorme, mais j’aimerais bien en avoir plus , pour ça je suis jalouse des habitants des grosses villes, grrr.
    Avec ma belle famille, les repas ça va, ma famille, on compose, avec les les amis c’est parfois difficile quand on est invités , du style « mais qu’est ce que je vais bien pouvoir vous faire a manger… »
    mais bon, quand on aborde la question de l’élevage, le transport, les abattoirs, ça devient un peu tendu et j’ai parfois du mal à expliquer mon choix, merci pour toutes ces pistes.
    Pas evident de rester soi même sans se couper d’une vie sociale !

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    1. Bonjour,
      Non ce n’est pas évident mais pour moi la solution est de laisser chacun faire sa vie à partir du moment où on ne m’oblige à rien. Et puis préparer ses arguments (comme à l’école oui oui) ça aide beaucoup quand on a du mal à s’exprimer, où que l’on est vite sous pression !

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  8. Bonsoir Mélanie,
    Alors la différence entre Paris et ailleurs : je confirme à 200% ! J’habite Paris et franchement je n’ai aucun souci ni pour trouver des magasins bios proposant une large gamme de produits véganes (voire même au moins un magasin complètement dédié « Un monde végan ») ; quand tu vas en province parfois c’est plus compliqué surtout les restaurants !
    Je parle naturellement de mes convictions sans jamais chercher à culpabiliser mais je n’admets pas que l’on se moque ou que l’on me « taquine » ! Dans ce genre de situation, je recadre gentiment mais directement en indiquant que pour moi c’est important et que la tolérance/respect c’est dans les 2 sens !
    Après, je suis de ces personnes qui à l’extérieur (en province) ou chez des amis vont accepter de transiger un peu en mangeant des produits à base de produits laitiers (le plus souvent c’est le dessert ou … le fromage quand je suis un peu faible).
    Je ne culpabilise pas mais je me rends compte que j’arrive à un moment où j’aimerais ne plus transiger mais bon ça demande un peu de travail et j’y vais doucement pour ne pas régresser et le vivre de façon positive !
    Merci pour cet article qui comme d’hab fait réfléchir et permet d’avancer !
    Bisous et bon week end

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    1. Bonjour Eleonora,
      Effectivement savoir s’écouter pour ne pas être en contradiction avec soi même est important. Et tu auras d’autant plus de facilité à le vivre après. Quant à Paris, je le vois bien à chaque nouveau séjour, l’offre grandit et c’est en effet très facile d’être végétalien dans cette ville aujourd’hui !
      Belle journée !

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  9. Encore un super article, merci ! J’ai beau être sûre de mes convictions, je n’arrive pas toujours à ressortir les arguments, j’ai tout le temps peur de dire une bêtise et de me décrédibiliser…
    Ce que je trouve le plus dur c’est « l’inquiétude » des gens pour mes enfants.
    Mais on est chanceux, les gens autour de nous sont en majorité bienveillants, parfois ils nous titillent un peu par taquinerie, mais globalement tout le monde fait des efforts.

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    1. Bonjour Lucie,

      Ahlala, oui, les enfants seront toujours source d’inquiétude, et pourtant il y a tellement plus à s’inquiéter de tout ceux qui ont une alimentation traditionnelle… quand on voit toute les maladies vers lesquelles ils se dirigent avec la nourriture d’aujourd’hui… Mais je suis de ton avis, la plupart des personnes sont dans la curiosité, pas dans la malveillance. Même s’il y en a toujours 😉

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  10. Coucou Mélanie !
    Je suis parti du principe que je ne changerai pas les bornés, donc avec ou sans arguments, je ne perdrai pas de l’énergie pour ceux-là ( en plus je les flaire de loin ), par contre toute discussion avec de l’ouverture d’esprit me poussera à expliquer ma démarche.
    Manger en dehors de la maison, je le fais tous les jours à la cantine de la boite, et désormais le chef sait quoi me servir sans que je ne demande, il a compris, j’ai la chance, beaucoup de légumes, légumineuses et toujours des fruits en dessert que ce soit bruts ou en compotes, salades de fruits…
    Quant aux sorties au restau, le réflexe d’appeler avant c’est le bon. Les potes qui invitent désormais savent et sont fiers de présenter des plats végans, ils cherchent sur le web et découvrent un univers qu’ils ne soupçonnaient pas. Bref, à la campagne on peut s’en sortir! 🙂
    Bises de Haute Loire !

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    1. Bonjour Cyril,

      Tu fais comme moi, la démonstration par l’exemple et tu vis ta vie sans en parler en premier, c’est ce qui fonctionne le mieux pour garantir des échanges sereins pour ma part. Et ensuite la discussion est plus apaisée. Et comme tu dis, quand on a des potes en or qui vous préparent exprès à manger, c’est un vrai bonheur !
      Bises bretonnes 😉

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  11. Bonjour Mélanie,

    J’approuve toutes tes astuces de communication. Téléphoner avant, très important, surtout au restau.

    Une astuce ? Chercher là où les touristes vont, surtout les anglais et les américains. Ces restos s’adaptent à leur clientèle et proposent souvent au moins une option végétarienne, voire végane.

    Mon problème reste le petit-déjeuner : pain blanc sec (je n’aime pas la confiture) et thé, c’est trop léger pour moi. Alors, je voyage avec mon pain trèèès complet, mon beurre de cacahuète et, si j’ai le temps mon mélange pois chiches-chocolat-amandes. L’idée étant d’avoir dès le matin ingurgiter des protéines et les trucs qui sont dans les céréales complètes. J’arrive plus sereine aux déjeuners familiaux ou au restau. Au moins, je n’ai pas trop faim.

    Bon lundi à toi !

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    1. Bonjour Lili,
      C’est une bonne astuce en effet ! Je ne petit-déjeune pas mais quand je voyage j’ai toujours en effet un pot de purée d’oléagineux et des noix avec moi, au cas où !
      Belle journée !

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  12. Mélanie, une chose qu’il faut savoir, c’est que nombre de boissons du commerce (vin, cidre, champagne, bière, jus de fruits) sont clarifiées avec des sous-produits animaux (gélatine, vessies de poissons, albumine) alors, c’est bon de se renseigner sur les breuvages industriels et si leurs méthodes de filtration sont « vegan friendly » avant de les consommer.
    Peut-être que le sujet avait déjà été abordé ? Depuis ces 4 belles années d’existence.

    Ceci dit, je salue l’ouverture d’esprit et le sens de l’échange de ce blog. Parce que, il faut bien l’admettre, le militant vegan dit « radical » est réputé obtus dans ses modes de pensées, peu enclin au dialogue, misanthrope limite autiste !
    Et je suis moi aussi favorable aux échanges fructueux parce que nés de l’interactivité.
    Comme on dit : montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre. C’est la seule !

    Bien amicalement.

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    1. Bonjour,

      Oui je sais bien que les boissons ne sont pas forcément vegan, j’y ai dédié un article à travers la critique d’un livre sur les vin vegan et végétaliens.
      Et il n’y a pas qu’une façon de militer, il y en a d’innombrables. Je fais ici ce qui me semble, pour moi, le plus simple et le plus accessible à tous : modifier le contenu de son assiette en faisant prendre conscience des raisons qui peuvent (doivent) amener ce changement.

      Bonne journée !
      Mélanie

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