Je suis de mauvaise humeur, mais je me soigne #2

Arrêtons avec la bienveillance, s’il vous plait. Arrêtons.

J’y travaille pourtant.

À ne pas insulter la bagnole qui me coupe la route et à juste serrer mes mains sur le volant.

À ne pas avoir envie de gifler celui qui me regarde en mangeant sa saucisse « mais c’est si bon pourtant!? »

À ne pas casser en deux les crayons de mes enfants quand je viens de marcher dessus et de me tordre la cheville.

À ne pas démembrer le Lego sous la douche pour le glisser dans le siphon de la baignoire histoire qu’il connaisse une noyade permanente au lieu de se placer sous mon pied.

J’essaie de beaucoup moins crier, de me mettre à la bonne hauteur, de faire des phrases autres que « QUAND JE DIS À TABLE C’EST À TABLE BORDEL« . J’essaie, car si on réagissait tous à chaud, ce serait une guerre totale.

Mais bon sang, des fois, t’as juste pas envie.

Je vois beaucoup défiler sur les réseaux des activités pour enfants. Ah non pardon. Des activités à faire AVEC les enfants. J’aime pas les activités. Voilà, c’est dit. J’aime pas la peinture ça en met partout (mais le sable magique ne me dérange pas, va comprendre…), j’aime pas construire des vaisseaux spatiaux avec des chutes de slip. J’ai pas envie de fabriquer un arc avec des branches coupées. J’aime pas du tout jouer à la poupée et j’ai aucune imagination pour jouer aux Playmobil.

J’ai essayé pourtant.

« Mais si maman, joue avec nous, c’est une histoire entre les rouges et les bleus qui font la guerre on explose tout c’est facile ».

« ….. »

« Faut bouger les bonhommes maman, pas rester assise en secouant les poignets !

« Je suis au max là les gars, ok ! ». Donnez-moi deux carottes et une courgette je vous sors un plat de folie. Filez-moi deux Playmobil, je reste là en mode constipée de la vie, pas moyen.

Pourquoi est ce qu’il faudrait toujours faire des trucs avec les enfants pour être un bon parent, sérieusement ? J’aime lire avec eux, jardiner avec eux, à l’occasion cuisiner, me balader, jouer sur la plage à faire des châteaux, jouer au badmington, bref, j’aime faire des activités… que j’aime. Oui, c’est parfaitement égoïste, mais tu sais quoi, j’ai un paquet d’annéeS à vivre avec eux alors autant se faire aussi plaisir !

Et puis quand je lis que si je refuse un bonbon à mon enfant et qu’il se met à crier, c’est parce qu’il a un blocage émotionnel-non-résolu-enfoui-très-profond-essaie-la-communication-non-violente-tu-verras-c’est-tendance.

Il a juste envie d’un bonbon, ok? Ça s’appelle frustration, et il va en connaitre un max dans la vie !

Ma deux ans et demi m’a regardé, l’air mauvais la semaine dernière. En vrai dans le langage des parents au taquet, il faudrait dire,  à la vitesse de l’éclair et sans réfléchir « ma fille de 26 mois ». Mais en vrai, j’ai jamais su combien de mois avaient mes enfants, on a toujours arrondi avant ou après. Tout comme je ne me souviens pas de la première dent, du premier mot, de toute façon ce n’est jamais « maman », alors à quoi bon ?

Donc, ma presque deux ans et demi, m’a regardée l’air mauvais :

« Méchante maman ».

« Excuse-moi la gnome, c’est à moi que tu t’adresses ? Qu’est-ce qui ne va pas ? » ai-je demandé à genoux, au niveau de l’enfant, avec la voie douce et tout le bordel.

« Veux ma culotte rose et pas verte, méchante maman ».

« Mais elle est à laver, ma chérie, la rose »

« Maman, va laver ».

Ah non. Non, je ne crois pas, non.

« Siiiiiiiiiiii, ze veux Minnie rose ».

Ah, non, toujours pas. Maman a mille autres choses plus intéressantes à faire que de laver la culotte de la couleur du jour, tu vois.

« JE GOUUUUDE ».

Et bien goude, ma fille, goude. Maman aussi, elle aimerait des culottes roses et vertes et bleues, bios, en coton avec de la dentelle qui fasse pas prostituée, mais maman elle a un travail qui ne permet pas d’acheter tout ça tu vois. Et puis là, maman vient d’attaquer la lecture du dernier Géo spécial Italie, là où maman voudrait être en ce moment avec un fût de Martini, loin des culottes Minnie et des Playmobil qui font la guerre.

« Pas gentille maman »

« Tu sais ma chérie, si tu me parles encore une fois comme ça, je vais découper tous tes doudous avec mes couteaux de cuisine » ai-je expliqué, à genoux, au niveau de l’enfant, avec la voie douce et tout le bordel. « Et les couteaux de maman, ils sont très, très aiguisés. Il faut pas la chercher trop longtemps, maman ».

J’essaie d’être bienveillante, quand mon presque 8 ans me dit, en me regardant droit dans les yeux, et en insistant sur chaque mot, avec cet embryon d’intelligence superbe à laquelle se mêle une capacité inouïe, qui caractérise les enfants de cet âge, à te sortir les pires débilités :

« Tu sais maman, ce midi à la cantine on a mangé un feuilleté avec de la saucisse et du gruyère trop génial. Et ensuite du poulet rôti qui était trop bon avec des frites très salées. Et en dessert c’était un fromage blanc avec un fruit. Mais je n’ai pas mangé le fruit ».

« Je suis ravie que tu ne te sois pas étouffé avec tous ces mets délicieux, vraiment. Et je suis vraiment étonnée que tu n’aies pas plus de muscles avec toutes ces protéines ? ».

Est ce que tu veux venir voir la vidéo de maman où les mignons cochons sont transformés en saucisses, et l’autre vidéo où la maman vache pleure son petit et pisse le sang des mamelles à force d’être traite pour faire ton fromage banc de mes deux ? Ils ont de la chance que je sois bienveillante, car une autre que moi ne se gênerait pas.

Bienveillance. Bienveillance.

Parce qu’on a beau essayer, il y a des gens ou des comportements qui, immédiatement me hérissent le poil. Mais encore, les enfants, ce sont des enfants. Mais les adultes ? Ils n’ont pas beaucoup d’excuses, les adultes.

Un exemple. Ça fait deux mois qu’on essaie d’avoir des devis d’artisans pour une extension. DEUX MOIS. Deux mois que chaque semaine on doit rappeler la semaine suivante parce qu’il y a beaucoup de boulot. Deux mois que j’entends « On a beaucoup de travail, j’ai oublié de travailler à votre devis Madame, mais je m’y mets ».

Alors il y a un moment où tu ranges ton sourire bienveillant et où tu t’exprimes.

« Ah, Madame M, oui, alors votre devis, j’ai commencé à travailler dessus et…

-Vous êtes narcoleptique Monsieur? Parce que pour travailler par intermittence comme ça, je ne vois pas d’autres explications?

-Non, je vous assure, j’ai commencé mais j’ai beaucoup de travail, je suis artisan vous savez et..

-Moi aussi.

-Oui mais c’est pas pareil, vous aussi vous êtes avec vos enfants.

-Et ? Je bosse à temps plein et j’élève mes enfants.

-Je dis ça gentiment Madame

-Oh mais je le dis gentiment aussi Monsieur, je travaille en restauration avec des horaires décalés et j’élève mes trois enfants, et je fais seule toute la gestion de mon entreprise. Il me semble que c’est votre épouse qui s’occupe de toute la comptabilité, je l’ai croisée en formation, non?

– Oui c’est vrai, je vais essayer de faire de mon mieux et j’essaie de vous l’amener dans…

-Mercredi, 18h30, je vous attends ici avec mon devis, c’est bon pour vous?

-Ah oui, mais il y a le pont.

-Vous faites le pont, vous, moi pas. Voyez-vous, mes enfants, ceux dont je m’occupe, ils sont là même les jours fériés. »

Et t’as intérêt à être là, ou j’arrache le panneau à l’entrée de ta commune « LE BATIMENT SOUFFRE » et je t’explose le pare-brise de ton camion avec.

 

Et vous, la bienveillance, ça vous sort par les narines ou c’est un réflexe?

 

 

 

 

 

48 commentaires sur “Je suis de mauvaise humeur, mais je me soigne #2

  1. 16 mois ça fait deux ans et demi ? 😉 c’est ou 26 mois ou un an et demi, même dans l’à peu près ! Merci pour vos posts, j’aime bien vous lire. Bon dimanche !

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  2. Oh que j’ai adoré ton article !!! Perso je suis carrément comme toi au départ :D. Sauf que ca fait un certain nombre d’années que je vis avec quelqu’un qui ne se met jamais en colère (2 fois en 18 ans !!), bref, l’opposé de moi, et au fil du temps je suis devenue presque calme. En tout cas c’est ce que pense ceux qui me côtoient… enfin les copains, parce que les amis et la famille proches connaissent le dragon ;-p.
    Comme toi je n’ai pas la patience de faire des activités pour enfants en général, l’instruction en famille ce n’est pas pour moi ! Et heureusement qu’il n’y a pas de Lego qui traîne (le mien ne joue pas aux Lego ni aux okaymobil, il est passé directement aux cartes Pokémon), parce que je crois que ça passerait directement à la poubelle….
    Bisous

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    1. Bonsoir Sandrine,
      Je peux te dire déjà qu’entre le moi d’aujourd’hui et le mois d’avant, il y a une belle différence ! Je gagne en patience ( à défaut de sagesse). Je pense surtout que je travaile beaucoup sur moi pour gérer mon caractère nerveux et stressés et que, mine de rien avec les années j’apprends à avoir du recul. Mais je reste malgré tout très impulsive (mais jamais désagréable en premier, c’est même tout l’inverse, je suis quelqu’un de très poli -merci mes parents, alors quand en face la réciproque n’est pas là, je bondis aussitôt).
      Comme toi, l’IEF ne m’a jamais traversé l’esprit. Non seulement par manque de patience, mais surtout j’ai absolument besoin de m’épanouir hors du cercle familial. Même si ce dernier reste ma priorité, j’ai trop vue des mamans qui n’avait rien cultivés d’autres pendant des années (décennies!) sombrer au départ de tous les enfants de la maison. J’ai envie et besoin aussi de faire autre chose et franchement, cel ne m’a jamais culpabilisée !

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  3. Oh Melanie que j’aime tes coups de gueule !!! Moi c’ Pareil la bienveillance bien obligée de l’appl Tous les jours avec mon boulot mais à force ça use : « vous comprenez il me faut absolument a 6h du matin ma prise de sang non à jeun et tu bosses pas/retraité paske après j’Ai tellement de choses à faire »… Ben non je peux pas comprendre qd je dois prendre en charge des patients en fin de vie qui ne se plaignent pas car ils sont contents qu’on soit là pour eux et que je cours toute la journée pour caser tout le monde… grrr alors oui fuck la bienveillance !!!!! Et puis tinkiet moi non plus je ne joue pas avec mes enfants, jeux de société ou cartes oui mais les playmos non !!!! Encore merci 🙏🙏🙏🙏😍😍😍❤️😘

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    1. Bonjour Elodie,
      Que je loue la patience des personnels médicaux et sociaux. Quand je vois ma soeur, qui est AMP en foyer de vie, avec quelle ressource et quelle patience elle se comporte avec des personnes aux situations et caractères ô combien difficiles, je fais pâle figure à côté. Et pourtant, j’ai aussi été travailleur social et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on prend plus facilement sur soi au boulot qu’à la maison. Comme tu le dis si bien, il y a tellement de gens qui ne se rendent même pas compte de la chance inouie qu’on a d’avoir ce système de santé … j’imagine ta colère !
      cartes et société (certains…car au bout de 5 parties de qui est-ce, j’ai envie d’arracher les cases du socle^^ ) mais le reste… 😉
      Plein de bises !

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  4. bonjour Mélanie !
    euh … je vais pas m’étaler sur le sujet parce que sinon demain je n’ai pas encore fini d’écrire 😀 😀
    pour faire court, je me dis que ces pauvres gosses vont en chier grave max dans leur vie future, quand il s’agira d’aller au boulot… m’étonnerait qu’on agisse avec bienveillance avec eux … mais d’ici là…. cherai morte ! youpiiiiiiiiiiiii !!
    j’avais lu un truc une fois, que trop de bienveillance amenait à la malveillance ! j’aime !
    des bisous et bon dimanche (tu noteras que je ne te souhaite pas un joli pont !!!! [ la fille qui pédale, etc etc …. ]
    ♥♥♥

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  5. Bjr Mélanie,
    La bienveillance n’empêche pas de se fâcher et de dire non. Et puis tu ne fais peut-être pas tel chose mais tu en fais d’autres avec eux. Souvent les petits me disent je n’ai pas çà à la maison mais je leur dis que vous avez d’autres choses.
    Vendredi je me suis fâchée avec une petite de 3 ans qui jouait avec la brosse des wc alors qu’elle y allait pour faire pipi. Elle a été dire à ma collègue « Christel m’a grondée, je suis pas contente ». Les enfants ont les aime mais parfois ils nous exaspèrent.

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    1. Bonjour Kathy,

      je suis tout à fait d’accord avec toi, mais quand on met un pied dans le monde de la parentalité positive, je trouve qu’il y a un fossé énorme entre bonnes pratiques d’éducation (respecter l’enfant en tant que petit humain en construction avec sa sensibilité et ses émotions, et ce discours qui veut que jamais on ne contredise. Il faudrait aussi rappeler qu’il est important d’éduquer un enfant (certains adultes aussi…) avec des règles de savoir vivre, que cet apprentissage peut parfois se faire dans la frustration (et heureusement !) et que ce n’est pas la fin du monde pour autant.

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  6. Merci pour article drôle mais tellement réaliste !
    Je n’ai pas d’enfants mais travaillant dans le milieu scolaire on nous répète souvent qu’il faut être bienveillant avec nos élèves, les comprendre, se mettre à leur place. Je suis tout à fait d’accord avec ça, chaque élève est différent et a une vie bien singulière mais parfois la bienveillance a ses limites. Quand on nous demande de comprendre un élève qui nous insulte, qui refuse d’écrire le cours je t’avoue qu’au bout de quelques séances je perds mon sang – froid et j’ai envie de m’énerver ( pourtant il en faut pour m’énerver, je suis d’un naturel très calme) . Je ne suis pas sûre que cette bienveillance à outrance leur soit bénéfique pour leur futur professionnel …
    Belle journée,
    Kathy

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    1. Bjr Kathy.
      Je suis tellement d’accord avec vous. Pour travailler avec des petits en crèche c’est aussi envers les parents que la bienveillance n’est pas toujours de mise et de devoir sourire quoi qu’ils nous en coûtent. L’enfant par ex qui nous crache dessus et dont le parent n’y voit rien à redire. Ne rien dire ne les aidera pas dans la vie.

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      1. Coucou Christel,
        En ce qui me concerne, je trouve que la bienveillance n’a de sens que pour compenser les excès inverses. Mon inspectrice dans l’Education nationale nous recommandait d’ailleurs le couple « bienveillance et exigence ». Sinon ce n’est plus de la bienveillance mais du laxisme !
        Je trouve d’ailleurs ton exemple tres bien : la petite fille a fait une betise, tu le lui montres, elle exprime son mécontentement en message « je » : c’est l’ideal pour moi :).
        Bises

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      2. Quelle phrase tout à fait sensée. Je crois aussi qu’il est important d’insister sur ses deux aspects. Un exemple tout bête : si mon fils écrit mal ses devoirs, je ne vais pas lui dire que ce n’est pas grave. Je vais lui faire recommencer pour qu’il ait le bon niveau attendu, qu’il soit content de lui et qu’il ne rame pas après, dans les nombreuses années qu’il lui reste. Mais je lis quand même sur des sites de parentalité positive « c’est pas bien grave, il vaut mieux privilégier l’être et le laisser développer d’autres capacités ». Quel ramassis de bêtises. Je ne dis pas que le modèle scolaire français est parfait, clairement on a encore beaucoup à apprendre, mais se comporter avec un tel laxisme dans l’éducation de ses enfants sous couvert de bienveillance et baba cool attitude, ça me dépasse complètement. Quand on connait le taux d’échec en orthographe et en lecture en France…

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      3. Ça me dépasse qu’un parent puisse tolérer ce genre de comportement.
        Il y a peu de temps lors des réunions parents professeurs, la maman d’un élève ( qui non seulement ne prend pas le cours et perturbe mon cours) m’a demandé si je pouvais photocopier le cahier d’un camarade de classe afin que son fils se remette à jour ? N’est – ce pas à l’élève lui – même de se prendre en charge ? Malgré tout j’ai photocopié entièrement un cahier mais le gamin ne prend toujours pas le cours … Effectivement ne rien dire ne les aidera pas, ces jeunes se prendront une grosse claque quand ils entreront sur le marché du travail.

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    2. Bonjour Kathy,
      Je n’aurais jamais pu être enseignante, c’est clairement une vocation…Je ne suis pas certaine non plus, comme toi, qu’essayer d’éviter à tout prix la frustration soit bénéfique. Je suis clairement pour poser un cadre, en discussion avec l’enfant, mais qui doit être respecter. Tout simplement car il y a peu d’endroits aujourd’hui où l’on fait ce que l’on veut et que ça s’appelle vivre en société, et pas seul.e dans son coin.
      Belle soirée,
      Mélanie

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  7. Bonjour Mélanie,
    Tu rigolerais bien en lisant le règlement intérieur de mon école démocratique… L’école de la liberté… Oui mais la vraie liberté s’arrête là où commence celle des autres ! Du coup, notre règlement intérieur, voté par les élèves, ressemble étrangement à celui d’une école tradi. La vraie différence, c’est que les adultes n’ont pas plus de droits que les jeunes et que personne ne copie de lignes ou ne va au coin.
    Pour la bienveillance, je t’en reparlerai plus tard, mais oui, notre société a encore du boulot.
    Bon lundi !

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  8. Couou Mélanie,
    A mon sens, ne pas poser de règle est une hérésie, car cela induit que l’enfant croit qu’il peut faire ce qu’il veut et que tout lui est dû, comme par exemple insulter un professeur. De plus, il n’acquiert ainsi pas de notion de respect d’autrui. On n’éduque pas en laissant tout faire, c’est au contraire un défaut d’éducation qui est préjudiciable pour une vie en société saine pour tous.
    Et tu as totalement raison ne pas t’obliger à faire des activités que tu n’as pas envie de faire. A mon sens, on ne vit pas pour ses enfants, on vit avant tout pour soi, tout en accompagnant ses enfants jusqu’à l’âge adulte.
    Concernant la bienveillance, je pense qu’il ne s’agit pas de ne rien dire, mais plutôt d’arriver à dire avec calme les choses qui doivent être dites. Je suis comme toi, j’ai du mal, mais j’y travaille..
    Bise !

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    1. C’est si bien dit Claire ! On accompagne ces enfants. c’est une notion assez fraiche il fait le dire, que nos enfants ne nous appartiennent pas mais qu’on les mets sur le chemin du mieux qu’on peut, avec nos failles et notre amour pour eux. Il y a trop de parents qui considèrent, via ce « mouvement », qu’un enfant est un mini adulte. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça.
      Et pour ma part, la bienveillance a été exactement ça : apprendre à formuler autrement, et apprendre à décrypter autrement (ne rien prendre personnellement mais essayer de voir d’ou vient la/ma colère, frustration) pour le transformer en quelque chose de positif.
      Au plaisir de te lire !
      Bises

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      1. Je suis totalement d’accord, un enfant n’est pas un mini-adulte, puisqu’il prend ses parents pour modèle… La recherche de l’origine de la colère ressentie est une bonne piste, que je vais mettre en oeuvre 🙂 Merci pour ces sujets de réflexion! Bise!

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      2. Je te conseille ce petit livre que l’on m’avait prêté, et que j’ai lu attentivement.
        https://livre.fnac.com/a3762951/Marshall-B-Rosenberg-Les-ressources-insoupconnees-de-la-colere
        Il part du principe que la colère est rarement la faute de l’autre mais part plutôt d’un besoin personnel inassouvi, non résolu. A partir de à (mais comme toute démarche de la CNV, ça demande de l’entrainement), tu cherches plutôt quel est ton besoin inassouvi plutôt que de te déchainer sur l’autre. Exemple, tes enfants jouent et crient beaucoup. Plutôt que de leur crier à ton tour dessus, (finalement ils ne font que jouer), tu réfléchis à ton besoin : ça peut être tout simplement un besoin de repos, mais aussi du stress car tu n’arrives pas à te concentrer, la peur de déranger des voisins, etc. Et du coup, c’est plus simple, et plus pertinent pour tous de mettre en place une solution qui correspondent vraiment à ce besoin personnel.
        Je ne sais pas si je suis claire, mais j’avais beaucoup apprécié sa lecture !
        Bises

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      3. C’est vrai qu’en y réfléchissant, c’est très cohérent. La colère n’est en fait qu’une réaction comme une autre face à une situation. Le tout est donc de considérer ce « signal » du corps afin de coprendre la source, et de pouvoir agir en conséquence. Merci pour la référence, je lirai ça ! 😉

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  9. Bonjour Mélanie,
    j’aime généralement tous tes articles, mais celui ci me plait beauuuuuuuucoup. Peut être parce que je suis abonnée (harcelée) à tout un tas de sites de parentalité positive et bienveillante et tt le tralala, ou que j’ai un petit kim jong un de 2 ans, ou que mon mari a svt des anecdotes sur les artisans… 😊 bref, j’ai souris tout le long de ma lecture. Merci pour ça!

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    1. Bon sang Delphine, que tu m’as fait rire avec ton Kim Joung Un !! Quant aux artisans, c’est vraiment une plaie à gérer… 😉 (mais je conçois aussi que certains aient envie de couler une dalle sur leur clients pénibles!)

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  10. Merci Melanie, je me sens moins seule 💖 (et le coup de la culotte hahaha j’ai ri… j’ai la même à la maison 😂😂) pas plus tard que tout à l’heure galère à table avec ma pepette (« non je veux pas ci, je préfère ça » euh c’est ça oui…) lui ai balancé que je m’en fichait pas mal si elle ne mangeait pas, qu’elle pouvait même aller jouer si ça lui chante (j’ai même réussi à rester calme… alors que ça bouillonnait grave en dedans 😈). Quelques bouderies plus tard elle s’est mise à table 😇 maman : 1 ; pepette : 0.

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    1. Il n’y a pas de petite victoire Omry ! Franchement, mes enfants s’habillent comme ils veulent (ce n’est pas moi qui vais donner des conseils mode^^) mais avec ce qu’il y a !
      Bises !

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  11. Bonjour Mélanie,

    Pour ma part la lecture de cet article a plutôt été une déception mêlée d’incrédulité. Dès l’intro, je me suis dit « comment ça, arrêtons avec la bienveillance ?!? c’est quoi ce bordel ? ». Certes ce terme est aujourd’hui assez galvaudé, on y fourre un peu tout et n’importe quoi. Mais pour moi être bienveillant ne signifie pas refouler ses sentiments, se montrer hypocrite, laxiste, s’écraser face à l’impolitesse et l’injustice. C’est avant tout ne pas juger et rester connecté à soi-même et à l’autre. Être authentique, toujours avec soi-même comme avec l’autre, et développer des relations harmonieuses m’importent davantage que de devenir une pro de la CNV ou d’être élue mère de l’année. Dans les moments de doute, je tente de ne pas perdre de vue pourquoi je fais ces efforts (car il s’agit bel et bien d’efforts au quotidien !!!).
    Enfin bref, j’ai eu l’impression d’avoir affaire à un article dans la même veine que « arrêtons avec le véganisme » ou comment aborder un courant de manière réductrice en en oubliant les fondements et les perspectives qu’il ouvre à court, moyen et long termes. D’où ma déception.
    Néanmoins merci pour le réconfort qu’il peut apporter aux personnes (dont je fais partie) qui rencontrent les mêmes situations que toi. Merci aussi pour ton indéfectible franc-parler et ton humour. Et CONTINUONS avec la bienveillance, pour nous, nos enfants, l’humanité en somme.

    Au plaisir de te lire à nouveau, de meilleure humeur 😉
    Pauline

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    1. Pauline,

      Comme tu le conclus si bien, il s’agit d’HUMOUR. Alors oui à la bienveillance et au respect de tous, mais NON au terme fourre tout qui devient si tendance qu’il ne veut plus rien dire. Et en plus tu l’explicites bien : être raccord avec soi même, et d’abord avec soi-même pour communiquer au mieux avec le reste du monde, me semble être le coeur de la démarche. Et on a un peu trop tendance à l’oublier. Si la parentalité positive connait un bel essor, dont je me réjouis car elle m’aide beaucoup au quotidien, je n’en peux plus de cette sacralisation de l’enfant à tout prix et de la psychologie de comptoir qui envahit les blogs pour aider à surmonter chaque « crise ».
      Il s’agit d’efforts au quotidien oui, mais dans les deux sens (pour les enfants). Leur apprendre à s’exprimer et à gérer leur émotions ne doit pas se faire au détriment des nôtres.
      Donc, il n’y a aucune similitude avec « arrêtons avec le véganisme » pour moi 😉

      Au plaisir,

      Mélanie

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  12. Bonjour Mélanie,

    oh que j’aime votre article!! La bienveillance qui n’a de bienveillance que le nom parce que merci la pression que l’on met sur le dos des parents!!! Mes 2 enfants de 1 et 3 ans que je voudrai parfois déposer quelque part et revenir pour leur majorité!! Je suis une colérique qui se soigne, je me sens moins seule à vous lire!

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  13. Bravo pour votre billet plein de sagesse, oui, oui: c’est très sain tout ça! Je vous conseille le livre de Didier Pleux, Le complexe de Thétis, sur la nécessaire frustration. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire pour culpabiliser soit les mères, soit les enseignants, la bienveillance n’est pas tout accepter et encore moins le faire à la place de pour être gentil. C’est davantage prendre consciences des limites d’autrui et l’amener à grandir… pour étymologiquement lui « vouloir du bien ». Et quand on veut du bien à quelqu’un, on rêve pour lui d’autonomie et d’épanouissement, ce qui passe par une acceptation de la notion d’effort, de travail, d’attente… et de frustration… avant de savoir savourer!

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    1. Merci Laura pour la référence, j’irais regarder ! Et c’est toujours bon de rappeler la définition de base de la bienveillance, plutôt que celle qu’on entend un peu partout aujourd’hui.

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  14. Bonjour Mélanie. …je comprends tout à fait ton propos . Oui c’est legitime de faire les activités que l’on aime plutôt que se forcer, de ne pas se rappeler des premières dents et compagnie, de s’imaginer balancer les jouets qui trainent etc. Je trouve juste dommage que tu nommes l’ennemi « bienveillance » et que tu l’opposes au fait de s’exprimer. …et que tu te moques de la communication non violente comme d’une tendance. C’est déjà une critique que j’entends tellement sur le veganisme et qui empêche un vrai débat ou une remise en question des habitudes. La cnv et la bienveillance ce n’est pas prendre le rôle de la servante qui se plie en quatre pour les uns et les autres au contraire! Oui on écoute l’autre mais aussi on s’écoute soi. La cnv reconnaît des besoins à ton enfant, certes mais aussi à ses parents ses profs ses frères et soeurs les animaux etc etc. Apprendre à son enfant à entendre les besoins des autres, je ne vois pas en quoi ça fait un enfant roi ou quelqu’un qui sera inadapté en entreprise. Au contraire ça responsabilise et ça aide à se remettre en question et jongler avec les points de vue. Je suis également persuadée que d’entraîner les enfants à l’empathie est une des clés vers un monde plus juste avec moins de racisme homophobie carnisme etc…en fait il me semble qu’en te lisant l’ennemi que tu pointes véritablement c’est l’injonction de perfection de notre société et qui n’épargne pas les mères. L’ennemi c’est d’avoir tous conseils contradictoires à droite à gauche qui te culpabilisent et te font angoisser. L’ennemi c’est d’avoir toujours peur d’abîmer ses enfants et de se nier ou nier les autres à cause de ça. ..connais tu le livre : cessez d’être gentil soyez vrai? C’est un livre…de cnv ! Allez continue à publier pour me faire mouliner en cuisine comme dans mon cerveau. Bonne journée!

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    1. Bonjour Oriane,
      L’ennemi pointé est en effet cette injonction à la perfection sous couvert de bienveillance. La bienveillance en tant que moyen de communication apaisé est difficilement criticable, au contraire. Je m’en sers dès que je peux. Par contre je trouve vraiment pénible cette injonction à être gentil et parfait en toute circonstance, car en effet quand ce n’est pas le cas on plonge dans la culpabilité, que ce soit avec ses enfants ou d’autres personnes. Et ca, c’est vraiment dommage car beaucoup n’ose plus contredire, interdire ou emettr un avis de peur de mal faire, de mal dire . Nous n’avons pas tous des caractères posés et et je n’ai pas envie de regretter ma franchise, dès lors que je suis dans le vrai. Même si je ne cherche jamais à blesser ou à juger. Je ne connais pas le livre que tu cites mais rien que le titre correspond en tout point à mon propos!
      Belle journée également!

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  15. Merci , j’ai bien rigolé….. je sais pourquoi je suis ton blog culinaire , pour tes supers recettes mais aussi pour ta personnalité 😂!!!

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  16. Bsr Mélanie,
    Je suis nulle pur les liens directs. Je te conseille d’écouter le replay du 25 juillet 2018 dans l’émission « Le débat de midi » sur France Inter sur le thème « Peux t-on vraiment éduquer sans punir ». Je le trouve intéressant.

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  17. Ça m’a fait beaucoup rire parce que c’est exactement le genre de réflexions que je peux me faire^^ Il y a plein de principes de bienveillance que je trouve super intéressants, pertinents, sensé et qui me font me remettre en question sur ma manière de faire mais ça a vite tendance à partir en « donnons leur des excuses pour tout ». Bizarrement, les « à fond dans le tripe bienveillance » ont tous des enfants « à besoin intense » ou tous les synonymes de surdoués possibles et imaginables… étonnant non?^^

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    1. Tu n’imagines pas à quel point tes mots sont sensés. Et curieusement, ces derniers mois je me suis accroché durement avec des personnes « profondément bienveillantes ». Et elles font parties des personnes dont la violence sous jacente et l’hypocrisie m’ont choqué. Beaucoup sont bienveillant quand ça va bien. Dans le cas contraire, on tombe de haut… Et ça s’applique aussi à l’éducation…

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