On parle souvent de charge mentale, de fatigue, de “j’en peux plus de tout faire toute seule” — mais rarement de la source du problème : on n’a pas appris aux bonnes personnes à faire le ménage. Et ça commence à la maison, dès l’enfance.

Dans cette vidéo (et cet article pour celles et ceux qui préfèrent lire), je vous partage comment on a organisé les tâches ménagères chez nous avec trois enfants, pourquoi c’est non négociable, et pourquoi l’éducation non genrée autour du ménage, c’est l’un des trucs les plus féministes qu’on puisse faire en tant que parent.

Apprendre le ménage à ses enfants : mon organisation concrète + tableau Excel gratuit

Résumé de la vidéo

Le ménage, ce n’est pas inné. C’est une compétence qui s’apprend — et c’est peut-être le message le plus important de cette vidéo. Avant d’attendre de ses enfants qu’ils rangent ou nettoient, encore faut-il leur avoir montré comment faire.

Mère de trois enfants (10, 14 et 16 ans au moment de la vidéo), j’ai mis en place les tâches ménagères progressivement, dès leur plus jeune âge. Le rangement de la chambre d’abord, à partir de 2 ans avec des gestes simples comme remettre un jouet à sa place. Puis, au fil des années, des responsabilités de plus en plus concrètes : aspirateur, serpillère, salle de bain, toilettes, désherbage, tonte de pelouse.

Ce qui a tout changé : un tableau Excel affiché dans la cuisine. Un roulement sur 3 semaines, le prénom de chaque enfant, les tâches clairement listées. Plus besoin de répéter, de négocier, de se battre. La semaine commence, ils consultent le planning, ils savent quoi faire. Chaque samedi matin, tout le monde s’y met en même temps — devoirs et ménage d’abord, rien d’autre avant que ce soit fait.

Et non, ce n’est pas une option. Pas un “si t’as envie”. Pas un “si tu le fais tu auras plus de temps d’écran”. C’est : tu vis ici, tu entretiens ici, point.

Sur la question de rémunérer ou non les tâches : les corvées hebdomadaires classiques ne sont pas payées — c’est la vie en communauté. En revanche, certaines tâches ponctuelles et franchement ingrates (nettoyer le frigo à fond, par exemple) peuvent être rémunérées si l’enfant en fait la demande. C’est une façon concrète d’aborder la relation à l’argent et à l’effort, sans en faire une récompense systématique.

Éducation non genrée et ménage : pourquoi vos fils doivent nettoyer les toilettes

Le sujet qui me tient le plus à cœur dans cette vidéo : l’éducation non genrée. Pourquoi les garçons ne nettoient-ils pas les toilettes ? Pourquoi les filles ne touchent-elles pas à la tronçonneuse ? Ces répartitions ne sont pas naturelles — elles sont apprises. Et elles ont un coût énorme pour les femmes qui, des décennies plus tard, portent encore seules le travail domestique invisible.

Chez nous, pas de distinction : mes fils nettoient les sanitaires à fond, ma fille apprend à utiliser les outils de jardin. Parce qu’un gamin qui sait nettoyer des chiottes, il sait viser. Et une fille qui sait manier un rateau, elle n’attend pas que quelqu’un le fasse à sa place.

Ce n’est pas une question d’appétences ou de préférences — si l’un adore bricoler et l’autre déteste, très bien. Ce qui compte, c’est l’équité. Et pour changer les inégalités domestiques dans les couples, il faut commencer bien avant.

Le tableau de répartition des tâches est disponible, à adapter à votre sauce selon la taille de votre maison, l’âge de vos enfants et votre organisation évidemment !


Comment ça se passe pour vous à la maison ?

Mélanie

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4 Comments

  1. lily says:

    Salut
    C’est intéressant de partager ton expérience sur ce sujet, merci !
    Quand j’étais enfant et ado, la répartition des tâches ménagères était un grand sujet de dispute dans la fratrie (3 enfants aussi). C’était un planning hebdomadaire avec des tâches qui changeaient tous les jours (ex : le lundi je débarrasse le lave vaisselle, le mardi je débarrasse la table, le mercredi je mets la table, etc). Le gros problème : la répartition ne tombait jamais juste !! Mais notre vie a changé quand on a remplacé le tableau par une roue : on la tournait chaque matin, et plus de soucis de calcul. Miracle ! (lol) c’est peu de chose mais ça a évité bien des disputes ^^

  2. Emmanuelle says:

    Ici deux enfants de 16 et 19 ans actuellement (même si on ne voit plus guère le 19 ans cette année – mais du coup il a son propre logement à entretenir 😅). Il n’y a jamais eu de tableau de répartition des tâches, j’ai un peu géré ça au fil de l’eau, mais des réflexes ont quand même été acquis… et j’ai essayé de “dégenrer” ça autant que possible.
    D’abord, il y a des choses mises en place dès la petite enfance, progressivement, comme “jamais de linge sale qui traîne” (je ne parle pas du jean qui peut être re-porté, hein, mais des chaussettes sales, par exemple – je ne supporte pas), “on ne part pas de table les mains vides” (et tout le monde circule jusqu’à ce que la table ait été débarrassée et tout rangé / mis au lave-vaisselle/ mis à refroidir à la bonne place) (seule exception : moi – si la préparation du repas m’a pris du temps, je m’autorise à ne rien faire 😎), “si la poubelle est pleine, on la vide” etc.
    Et je mets rarement la table, et tout le monde sait qu’il faut d’abord vérifier l’état du lave-vaisselle, le vider et commencer à le remplir s’il y a des choses dans l’évier – à la rigueur, en cuisinant j’appelle “les enfants ! lave-vaisselle ” si je ne veux pas que le repas attende une fois prêt.
    Sinon chacun est en charge de sa chambre – changement des draps inclus -, et ils sont en charge de leur salle de bains. Et quand je trie le linge (si c’est moi), chacun récupère sa part et le range (plus ou moins rapidement, ça, mais c’est du linge propre, je m’en fiche).
    Pour les opérations de grand nettoyage et pendant les vacances (où ils sont forcément plus disponibles que quand ils ont cours), je donne une liste de tâches à accomplir et je les laisse décider entre eux qui fait quoi – maintenant du moins, évidemment il m’est arrivé auparavant de distribuer exprès pour apprendre et dégenrer , par exemple confier le nettoyage des toilettes et douches à mon fils.😎 Et J’insiste auprès de mon mari pour qu’il en fasse autant, en particulier apprendre certaines choses à notre fille autant qu’à notre fils. (D’ailleurs, ce qui est top, c’est que les enfants échangent leurs connaissances /compétences – quand mon fils bricole sa voiture, par exemple, il fait participer sa soeur 😊).

    En écrivant ce roman, je me rends compte que tout ça évolue plutôt bien. 😄
    J’oubliais LE truc ultime : s’ils oubliaient de nettoyer un truc sali, s’ils ne faisaient pas la tâche complètement …je les rappelais pour finir ! Bizarrement, au bout de deux ou trois rappels, ils trouvaient moins fatigant d’y penser tout seuls…😎

    Bon il y a des trucs sur lesquels je n’ai absolument pas assuré… vu que j’évite au maximum de les faire aussi …. genre les vitres .😅
    Et je crois que ma plus grande satisfaction, c’est les fois où ils sont venus nous demander “de leur apprendre comment faire tel truc – par exemple déboucher le lavabo” plutôt que juste signaler le problème.

    Une dernière remarque : tout le monde est en charge du rangement des espaces communs, ne serait-ce que de ne pas laisser traîner abusivement ses affaires. Mais chacun gère sa chambre / son espace perso comme il veut, tant que c’est propre, aéré et nettoyé régulièrement – je milite pour le droit au bazar perso. De toutes façons, quand ils ne retrouvent plus ce qu’ils cherchent ou se trouvent encombrés, ils rangent tout d’eux-mêmes. Exception : les documents importants, que je leur ai appris à ne jamais laisser traîner et à ranger de façon organisée.

    1. Coucou Emmanuelle,

      Ce qui est bien en te lisant, c’est qu’on voit qu’il y a des tas de façon de faire et que ça fonctionne aussi bien.
      Et commencer tôt est vraiment la clé de la réussite (mais comme pour à peu près n’importe quel apprentissage finalement.)

      Je milite aussi pour le droit au bazar, étant extrêmement bordélique. Finalement, cette heure hebdomadaire me permet aussi de ranger mon bordel au fur et à mesure, sans lm prendre la tête chaque jour.

      Merci pour ton témoignage en tout cas !

      Bonne semaine,
      Mélanie

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