Vers une meilleure qualité de vie

Il y a une semaine, j’ai effectué un geste auquel je ne m’attendais pas : j’ai débranché mon congélateur armoire.

Vidé, nettoyé, mis en vente. (Soudainement, tous les gens qui vivent en studette avec un freezer tout pourri et qui rêvent secrètement d’un congélateur se mettent à lacérer une poupée vaudou à mon effigie…).

Oh, je ne suis pas anti congélo, je vous vois venir. Non, il a même été un très bon compagnon, au vu de mon incapacité à cuisiner pour peu de personnes. Mais force a été de constater que ces derniers mois, il n’a eu comme habitants permanents en gros que mon bol de sorbetière, des falafels et des steaks de lentilles corail. J’ai donc décidé de réaliser une semaine de menus avec ce qu’il restait dedans : des boîtes de riz pilaf, des falafels, des haricots verts, 3/4 samoussas, des lentilles…Il me reste uniquement les 3 tiroirs sous mon réfrigérateur, parce qu’il faut bien caser le bol de sorbetière, quoi. Indispensable. Ce fut donc une semaine sans cuisiner d’où l’absence de recette ici. Comment en arrive-t-on à se passer de congélateur quand on vit à 5?

La réponse est assez simple : je me suis lancée il y a quelques mois dans un énorme tri de la maison. Je pense avoir eu le déclic à Noël, en faisant une véritable overdose devant les jouets des enfants. Je me suis dit qu’il était impossible de continuer à vivre comme ça, avec autant et surtout autant qui ne sert à rien, qui est accumulé, cassé, et autant auquel on ne prête pas de valeur. Je ne suis pas du tout matérialiste ni consommatrice mais forcément au fil des années on accumule de tout, on ne trie pas, quelle que soit la pièce de la maison. Ce déclic, complété par la lecture vraiment passionnante du livre de Béa Johnson « Zéro déchet », j’étais sur les rails pour tout remettre en question. D’ailleurs je ferais un article sur notre démarche « objectif zéro déchet », cela en intéressera certainement parmi vous car elle est à l’origine de la diminution de notre budget courses.

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Pourquoi faire du tri ? Pour essayer d’avoir un peu moins de bazar, mais surtout pour aller à l’essentiel, vivre plus simplement. C’est un mode de vie que nous essayons d’avoir au quotidien et il passe en partie, pour ma part, par une épuration matérielle et une réduction des déchets. Commencée par la salle de bain, je poursuis cette épuration au fur et à mesure et ça fait un bien fou. Pas le bien-être de la ménagère qui possède un logis propret, non. Je suis bordélique, appartenant au collectif encore peu connu #bordéliqueetfièredel’être! Non, le bien-être de savoir que chaque objet est choisi, à sa place, que l’on gagne en confort de vie, en rapidité d’exécution puisqu’on passe moins de temps à ranger, à chercher. Bien-être de savoir que l’on réduit toujours plus son empreinte écologique en triant, donnant, en jetant moins, en achetant de manière réfléchie.

Grand bien m’en a pris puisqu’en plus de vider allègrement mes placards de cuisine de toute cette vaisselle jamais utilisée, et gardée uniquement pour les occasions, des 3 passoires, 6 casseroles, cette armée de couverts en trop, l’appareil à raclette qui ne sert qu’une fois par an, idem pour celui à fondue, la poêle à grillades, qui à part faire de jolis traits façon barbecue n’est pas plus utile que mes autres poêles, en plus de tout cela, j’ai fait de gros progrès dans ma façon de gérer les repas et je n’ai plus de restes.

Non seulement je ne cuisine, par habitude et facilité, que du frais en légumes et fruits, tous mes légumes secs et céréales sont en vrac et j’achète assez peu de produits emballés, même s’il reste encore des efforts à réaliser de ce côté. Il y a certains produits tout prêts (tofu, crème végétale, lait de coco, certains condiments et sauces) dont je n’ai pas encore envie de me passer, mais pour le reste, j’ai beaucoup questionné. Il y a quelques mois je publiais une série d’articles sur la gestion du budget courses et nous en étions au début de ces articles à environ 450€/mois. Aujourd’hui, en 99% bio, frais, nous tournons en moyenne autour de 350€ à 400€/mois. Soit au minimum 600€ d’économie par an, c’est énorme. De nouveaux changements ont été réalisés et de nouvelles habitudes se sont ancrées. D’un mode de vie qui pourrait paraitre austère, nous avons au contraire tiré beaucoup de bénéfices.

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  • Légèreté et Espace : se détacher des objets fait énormément de bien. Il ne s’agit pas de ne rien posséder mais de redonner aux choses une vraie valeur et pas de conserver pour boucher les trous, parce que c’est la mode, on remettra / réutilisera un jour. J’ai viré la quasi intégralité des « trucs » qui étaient posés ça et là faute de mieux depuis des années. Des dizaines de sacs de vêtements de toute la famille ont été triés, donnés (faisant des heureux) ou déposés dans les Relais pour être recyclés. Le réflexe « occasion » et seconde main est désormais acquis dans beaucoup de domaines et très peu de neuf entre dans la maison. J’ai gagné quasiment 1/3 de place dans la cuisine et la salle de bain, et la moitié de notre dressing est vide.
  • Financier : Trier et vendre de la vaisselle, des centaines de DVD qui ne seront pas revisionnés, les petits appareils électroménagers qui ne servent qu’une à deux fois par an et les livres de cuisine jamais consultés nous a créé une petite cagnotte qui nous a permit de ne pas retirer nos espèces habituelles pour les courses pendant un temps. Alors, évidemment, nos centres d’intérêt principaux dans la vie n’étant pas onéreux, c’est plus facile. J’imagine que si j’étais fan d’escalade des plus hauts sommets du monde, de haute couture, de sauts en parachute, de tuning ou de tableaux de maîtres, ce serait une autre paire de manches ! De plus, une fois que l’on se renseigne sur ce que l’on consomme en nourriture, mais aussi sur les dessous épouvantables de la fabrication des vêtements pas chers, des jouets en plastiques fabriqués tout là bas par des petites mains, des objets déco pas chers fabriqués tout là bas (le sous-sol à côté des jouets), des cosmétiques bourrés de cochonneries, la carte bleue chauffe beaucoup, beaucoup moins fréquemment. L’éthique a souvent un prix élevé. Justifié, mais élevé pour certaines bourses. Là où je choisis de le mettre dans l’alimentation, certains préfèreront les vêtements ou les loisirs. Chacun ses choix !
  • Gagner du temps libre : c’est un de mes objectifs principaux dans la vie et je ne vais pas m’en cacher. Je n’ai nullement comme ambition de cumuler des années à bosser comme une débile pour quatre sous – ou au contraire pour en accumuler, ne pas voir grandir mes enfants, ne pas profiter de la maison que l’on paie pendant des dizaines d’années, juste en prévision d’une retraite que les personnes de mon âge, ne nous voilons pas la face, n’auront jamais ou alors à un âge où on échangera la tenue de travail contre celle du dernier sommeil dans la journée. Vivre avec moins, c’est moins dépenser mais c’est aussi se créer moins de besoins et donc, de charges. C’est réduire ses factures d’électricité, de déplacements, de loisirs en en trouvant des gratuits ou quasi-gratuits (médiathèque à 15,00€/an pour la famille pour les livres, balades en vélo, jeux de société). Ce sont des vacances à plusieurs qui permettent, en plus de baisser la note, de profiter de belles régions. Je suis à mon compte depuis bientôt 6 ans et les gens n’ont qu’un seul mot à la bouche quand ils parlent d’entreprise : expansion, embauche, augmentation du chiffre d’affaire, charges, charges, charges. J’ai un travail, que j’aime beaucoup, mais qui me fait passer des mois de nuits blanches. Donc quand j’ai fini ma saison, elle est finie. Point. Mon travail ce n’est pas ma vie, et il m’en aura fallu du temps pour prendre du recul. L’arrivée de ma n°3 n’y est pas pour rien : la vie c’est court, chaque minute compte. Amen.
  • Sublimer le temps passé en famille, entre amis ou seul.e : Passer moins de temps à ranger la maison, à gérer le budget, les factures, à faire des listes à tout bout de champ, m’a redonné une vraie conscience du « loisir ». Je suis une hyperactive pour qui, pendant longtemps, se poser sur un canapé signifiait temps perdu. Bien qu’adorant lire depuis gamine, c’était une activité réservée au soir. Maintenant, bien que toujours hyperactive (c’est foutu, je ne peux plus me soigner), je peux sans scrupule ou cas de conscience ne rien faire, juste regarder mes enfants jouer, faire le tour des plantes et arbres de mon jardin – ceux qui veulent bien rester en vie à mon passage, refaire le monde en gazouillant avec ma pépette à foison, cuisiner encore et encore, écrire mes livres de cuisine, ceux qui sont dans ma tête depuis des lustres, et en même temps gérer ma non-multinationale. Parce qu’il y a beaucoup de client.e.s qui me lisent ici et faudrait pas croire que je ne fais rien non plus^^.

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  • Apprendre à connaître son environnement et à fabriquer toujours plus « maison » pour toujours moins dépenser et gagner en indépendance. J’aime les champignons, je suis incapable de les reconnaitre si j’en vois un. Je mange beaucoup d’algues et j’habite pas très loin de la mer. J’ai enfin appris à les ramasser et à les conserver. Nous sommes entourés de « mauvaises herbes » comestibles, je me fais un guide pour les cuisiner. S’intégrer à des groupes de trocs, d’échanges de biens ou de savoirs. Avoir un mode de vie vegan signifie souvent vivre en décalage sur de nombreux points mais aussi faire des rencontres passionnantes et très enrichissantes. (Attention, il y a des personnes vegan fans de haute couture, riches et qui détestent la campagne, pas de raccourci, je parle ici de mon cas.) Alors, j’essaie de collecter du savoir. Cela demande d’avoir du temps, mais vous savez quoi? J’en cherche, du temps ! Et j’en trouve.

Voilà, tout ceci pour vous dire que j’ai débranché mon congélateur. 😉

Et vous, envie de vivre autrement, de questionner certaines habitudes?

5 commentaires sur “Vers une meilleure qualité de vie

  1. Merci Mélanie pour ce partage. Je suis à 200 % d’accord avec ta façon de vivre, mais tu as beaucoup plus d’avance sur moi. J’avais, lors des bonnes résolutions de ce début d’année, fait le choix de ne plus faire d’achat en grande surface…. je verrai çà plus tard ! Pour l’instant je me consacre au potager et aux partages. Mais j’aimerai bien faire comme toi ! Bravo.

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    1. Bonjour Nathalie! Ce mode de vie ne s’est pas fait en un jour rassure toi ! 😉 Ne plus faire ses courses en grande surface sera une très bonne chose et d’autant plus durable que tu la mettras en place progressivement, comme toute habitude! Il ne sert à rien de tout chambouler du jour au lendemain, au risque d’être complètement perdu! Déjà le potager c’est top! J’ai aussi refait le mien (un petit, on est loin de l’autosubsistance, c’est plus un petit plaisir!)

      A très vite !
      Mélanie

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  2. Je me reconnais beaucoup dans ce post et c’est avec plaisir que je vois que de plus en plus de personnes envisagent la vie de façon plus simple.

    Le livre de Bea m’a d’abord choquée quand je l’ai lu il y a 3 ans : ça me paraissait juste impossible de vivre ainsi. Mais petit à petit, ses idées ont fait leur place, et maintenant j’achète le plus possible en vrac grâce à ma biocoop, j’ai cousu mes propres sacs à partir d’un vieux drap, je n’achète plus de vêtements mais du tissu bio éthique que je couds moi même, j’ai installé un lombricomposteur dans ma cave (hélas trop petit pour la quantité de légumes et fruits que j’utilise, mais qui fait déjà une grosse différence dans ma poubelle), dans la salle de bain tout est réutilisable, lavable ou dans le pire des cas compostables (brosse à dents, éponge konjac). On a aussi désencombré la cuisine et tout donné à une association. Je fais mes cosmétiques moi même pour savoir ce que j’inflige à mon corps (et aussi parce qu’il avait commencé à rejeter tout ce que je pouvais acheter dans le commerce…).
    Mais arriver au « niveau » de Bea me parait difficile : j’ai beau avoir donné près de la moitié de mes vêtements (et je continue à en donner petit à petit), 90% de mes chaussures et 95% de mes sacs à main, j’imagine difficilement réussir à me contenter de sa garde robe vraiment épurée. Et comme pour toi, en cuisine, je ne saurais pas comment me passer des laits et crèmes végétaux, du tofu (surtout le soyeux), des PST, des fécules pas vendus en vrac… Heureusement dans ma ville tout est recyclable (y compris les plastiques alimentaires), ça déculpabilise un peu !

    C’est avec plaisir que je lirai tes futurs articles, aussi bien culinaires que sur une vie plus simple, plus saine.

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    1. Bonjour Camille,
      Pour ma part le livre de Béa est en effet impossible à atteindre mais surtout il y a tout un tas de choses que je ne souhaites pas supprimer de ma vie. Ceci étant, son idée maitresse, « plutôt que de recycler les déchets, évitons de les faire entrer chez soi » ma paru d’une telle évidence que je me suis senti vraiment bête d’avoir eu toutes ces années cette idée que, puisque c’était recyclé, ce n’était pas grave de l’acheter/consommer. C’est en effet un style assez extrémiste mais je pense que chacun à son niveau peut s’améliorer. Regarde déjà tout ce que tu fais, c’est énorme 😉 De mon côté, cela a enclenché quelques déclics et j’en suis ravie.

      Et oui, je trouve que de plus en plus de monde simplifie sa vie et c’est vraiment chouette de pouvoir échanger sur ces sujets.
      Au plaisir,

      Mélanie

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  3. Merveilleux cet article… 😁
    J’ai aussi débranché mon congélateur tour pour les memes raisons l’année dernière, et il m’a rapporté 150€ . Nous avons la même vision chez nous…
    Kelly c’est @vivremieuxplusheureux sur insta 😉.

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