VG pratique

La beauté vegan, qu’est ce que c’est? 1. Introduction

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Se laver les cheveux, les nourrir, utiliser des produits coiffants, se laver les dents, s’hydrater la peau, s’épiler, utiliser telle protection menstruelle plutôt qu’une autre, se maquiller, se démaquiller, se laver les mains, tout le monde réalise ces gestes, ou du moins en partie. Certaines personnes sont des surconsomatrices / teurs hors normes, leur salle de bain débordant de flacons, jamais rassasié(e)s. Certain(e)s a minima, on se lave et on s’hydrate. D’autres, au milieu, dont je fais partie, sont partisan(e)s du « moins j’en fais, mieux je me porte », mais uniquement avec des produits de qualités, et pour passer un bon moment.

« Produit de qualité ». Voilà une expression qui prend tout son sens lorsqu’on s’intéresse à la cosmétique et à l’hygiène. Il y a quelques années, cela signifiait pour moi les produits en parfumerie. Grandes marques que je ne pouvais m’offrir au quotidien, quand, au terme d’économies ou de cadeau, j’en possédais une, c’était Noël, c’était la fête, la grande classe. Par la suite, (légère) maturité oblige, tu te rends compte que la principale différence entre un produit de parfumerie et un de parapharmacie, c’est que tu paie le budget pub de la marque et le salaire de la mannequin de la photo. J’ai donc commencé à choisir un peu mieux mes produits de beauté, sans pour autant avoir une seule connaissance en composition. Je me fiais à certaines marques bio, certaines allégations « bio », « naturels », « végétal », comme beaucoup de pigeons victimes de « green washing » : on fait tout pour vous faire croire que c’est bio, naturel, le packaging est choupinou, mais en fait, les composants, c’est de la m****.

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Et puis il y a deux ans, lors d’une flannerie en parfumerie pour réfléchir aux cadeaux de Noël, je suis tombée sur une esthéticienne qui a complètement changé ma vision de la cosmétique. Ce n’était vraiment pas le lieu où je m’attendais à faire de pareilles découvertes. Elle a du se dire en voyant mon look simple (moi et la Mode, on se croise depuis que je suis née, mais on n’a encore jamais tapé la discut’) que Chanel et Dior n’étaient pas pour moi. J’ai commencé à lui expliquer, au moment de refuser maquillage/soin/parfumage en règle que ca ne m’intéressait pas d’acheter des produits ici et après un blanc, elle m’a emmenée dans un coin du magasin et m’a expliqué, pendant un bon moment, comment les produits étaient fabriqués, et testés sur les animaux. A gerber. Toutes ces grandes marques bien classes, bien proprettes, que tu paies un rein aux compositions similaires et finalement très peu efficaces sur le long terme, absolument pas éthiques, ni saines. Et d’enchainer sur ces stages récents au sein des grands thermes marins français pour expliquer qu’en gros, tu paies 15€ en pharmacie pour te mettre de l’eau « thermale » sur le visage.

J’étais complètement larguée, c’est le cas de le dire.

Est-ce à dire que tout est à jeter dans ces endroits ? Non, heureusement, mais en tout cas un tri très, très sévère s’imposait et chez moi, c’est là que le bas blesse : décrypter des étiquettes alimentaires, fastoche. De cosmétique? Ca me fatiguait à l’avance. J’ai donc pris, pour certains produits, un virage à 300% en allant à l’essentiel : aux produits bruts. Ce fut le cas à l’époque des huiles pour le visage et des savons pour le corps.

En faisant un choix de vie éthique et respectueux des animaux en devenant vegan, ou en en prenant le chemin au fur et à mesure en tout cas, j’ai encore davantage creusé cet aspect de ma vie de consommatrice, non sans difficultés, car encore une fois, évidemment, rien n’est simple quand il s’agit d’éviter les pièges de la consommation.

Quelques définitions du véganisme selon la vegan society :

« Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux. »

« Une philosophie et façon de vivre qui cherche à exclure – autant que faire se peut – toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l’usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l’environnement […] »

Si la mise en pratique du véganisme du point de vue de la cuisine n’est pas toujours simple lorsqu’on démarre, en revanche, la compréhension est aisée. On sait ce que sont la viande, le poisson, les oeufs, le lait et ses dérivés. Ils sont facilement identifiables, même si parfois bien planqués sous forme d’additifs.

Quand il s’agit de la beauté et de l’hygiène en général, c’est bien plus traitre et vicieux.

Qu’est ce qu’un produit de beauté vegan?

C’est un produit qui n’a nécessité ni l’exploitation des animaux, ni été testé sur ces derniers.

Pour les matières premières, cela concerne, de façon non exhaustive,

  • La laine dont sont extraites certaines substances utilisées en cosmétiques,
  • La soie (dont il est bon de rappeller que c’est une fibre fabriquée par des vers à soie, elle ne pousse pas dans la nature), les accessoires à base de corne et de poils d’animaux comme les brosses, les peignes, les pinceaux à maquillage
  • L’huile de baleine utilisée dans une grande majorité des produits de maquillage conventionnels (rouge à lèvres notamment),
  • Les laits animaux comme celui de vache,  jument ou d’ânesse que l’on trouve dans de nombreux savons « bios », « naturels ».
  • La gélatine de porc ou de boeuf que l’on trouve dans de nombreux produits (comme certains dentifrices notamment).
  • Le collagène, issu entre autre des os et cartilages des bovins et des porcs qui sert d’agent de texture dans les produits pharmaceutiques, cosmétiques et pour la fabrication des capsules.
  • La bave d’escargot présente dans des crèmes et soins pour le visage,
  • Le venin de serpent qui est le Botox « nature » ultra en vogue,
  • La kératine issu des poils, ongles et plumes d’animaux
  • L’huile de vison
  • La graisse de porc et de boeuf
  • Extrait de rate
  • L’huile de foie de requin.

Tests sur les animaux, qu’en est il?

Merci aux sites Once Voice, Vegan mania et Boutique Vegan d’avoir répondu à mes questions sur la législation en France.

« Ce n’est pas si grave si on fait un shampoing aux lapins ou qu’on brosse les dents des chiens avec du dentifrice pour vérifier que ca lave bien!

Ahah, qu’elle est mignonnette cette question.

Depuis 2013, la législation européenne interdit le test des produits finis sur les animaux pour des produits commercialisés en UE et Hors UE.

Produits FINIS. Cela signifie que certains ingrédients qui composent ces produits finis, sont eux, toujours testés, tant que des solutions alternatives n’ont pas été trouvées pour vérifier l’inocuité de ses composants.

Aucun cadre règlementaire n’a été mis en place en France depuis l’application de la loi en 2013 sur l’interdiction de tester les produits finis et leur ingrédients. Certains pays ont mis en place des contrôles très stricts avant commercialisation des produits, pas le notre. De plus, si certaines marques obéissent -dans une opacité la plus totale, à cette règlementation en France, elles font tout de même tester ingrédients et produits finis pour être commercialisées dans des pays où les tests sur les animaux sont obligatoires avant la mise en circuit (La Chine notamment). Donc le produit fini, qui, selon la loi n’est pas testé sur les animaux en France, et bien pour se vendre ailleurs, il l’est quand même.

En l’absence de communication de la marque, de labels, il est donc impossible de savoir si certains ingrédients de votre produit ont été testés sur des souris, des lapins, des chiens, des chats, des singes, dans des conditions que je ne vais pas énumérer ici, tant elles sont épouvantables. Beaucoup de personnes critiquent les labels, quel que soit le domaine d’application, c’est néanmoins le seul moyen fiable de savoir ce que l’on achète. Reste à faire le tri dans ces derniers, certes.

Est ce que tous les produits naturels sont vegan?

Non. « Naturels » est l’opposé de « synthétique », pas du tout synonyme de « végétal ». Le lait, le miel, la lanoline (graisse issue de la laine de moutons), etc, sont des ingrédients considérés comme « naturels », mais pas du tout vegan, puisqu’issus d’une exploitation animale.

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Est ce que tous les produits bios sont vegan?  

Pour les mêmes raisons évoqués plus haut, non.

Vous pouvez avoir un savon au lait bio d’ânesse, un gel douche au miel bio, un shampoing au lait de noix de coco ramassées par des singes exploités et dressés pour ça. Tout comme pour les aliments, « bio » ne signifie pas conditions de travail humaines excellentes ni respect de la vie animale. En cosmétique il signifie souvent que les ingrédients ont été cultivés sans engrais chimiques ni pesticides. En aucun cas qu’ils ne sont de bonne qualité, ou que leur exploitation/production est réalisée dans des conditions décentes.

 Je vous mets le lien vers un site qui détaillent les cahiers des charges des différents labels :

http://www.ecocentric.fr/html/labels-bio

Par ailleurs, certains labels, comme Cosmébio ou Ecocert, ne demandent un total que de 10 % d’ingrédients bio dans le produit fini pour être homologué « Bio ». C’est pas foufou tout ça.

Les notions de « vegan » et produits « écologiques » ne vont donc pas forcément de pairs. Ce sont deux aspects qui me sont très chers, le deuxième étant présent depuis plus longtemps. Un exemple flagrant serait celui des protections périodiques : tampons, serviettes et protège slip sont des produits « vegan », mais absolument pas écologiques. Ce sont des produits qui sont de vraies catastrophes pour l’environnement, par la pollution extrême et l’épuisement des ressources en eau que nécessite la plantation du coton, la quantité phénoménale de déchets non recyclables qu’ils représentent et l’impact de plus en plus négatif sur la santé des femmes qu’ils occasionnent à cause de tous les additifs qu’ils contiennent.

Est ce qu’un produit vegan est un bon produit, sur le plan de la composition et de l’efficacité?

Non, pas forcément. (Elle commence un peu à nous embrouiller, l’autre, là).

La soude caustique et la plupart des silicones que l’on trouvent dans les produits (souvent fabriqués à partir de sable), sont vegan. En gros, le produit, il peut être « green », il peut être vegan, mais avoir une composition merdique. Ben ouais. Tu peux avoir plein de jolies plantes sur l’étiquette et dans la composition, si tous les premiers ingrédients de la liste (toujours classés par ordre d’importance en quantité) c’est sulfate, silicone, pétrole et j’en passe, ça ne vaut rien. Ta peau, elle ne sera pas nourrie/hydratée correctement, tes cheveux, t’es bon(ne) pour les relaver deux jours après (une fois que l’effet brillance/propreté/odeur de rêve promis se seront cassés la figure à J+1).

Pour ce qui est de l’efficacité, c’est, bien évidemment, du cas par cas selon votre peau, vos cheveux, etc. Il n’y a pas UN bon produit pour tous et pour tout.

Beautévegan

Mais alors quoi, ça veut dire qu’il faut se faire des gommages au gravier, se laver les dents avec du sable, les cheveux avec du jus de compost et s’assoir sur un rocher comme il y a mille ans pour laisser s’écouler le flux menstruel pour être sûr(e) d’avoir à la fois un produit vegan et avec une composition saine?

Mais non, mais non.

A chacun sa définition d’un « bon » produit. Pour ma part, aujourd’hui, c’est un produit qui n’a nécessité aucune exploitation, animale comme humaine, qui est composé d’ingrédients de qualité réellement efficaces et pas juste présents en trompe l’oeil, et dont l’emballage est le plus minimale possible afin de réduire les déchets. Et si en plus, les marques font un bel effort de packaging, parce que oui, on ne va pas se mentir, quand tu achètes un produit, un bon produit, si en plus il est beau et qu’il sent bon, ça fait carrément du bien au moral. Cela permet de sortir de la sphère de l’entretien corporel de base pour entrer dans la douce et enveloppante sphère du bien être.

Et ça tombe bien parce que des produits qui répondent à ces critères, il y en a énormément, et de plus en plus. De bons produits, des produits faciles à utiliser que ce soient des produits brut ou des produits ultra haute gamme, des accessoires écolo et beaux, des méthodes non contraignantes pour prendre soin de soi et de son environnement, et dans le respect de chacun.

Dans la prochaine partie, je vous ai préparé un petit dico de décryptage des étiquettes.

Ca vous dit? On va se marrer, si si.

4 réflexions au sujet de « La beauté vegan, qu’est ce que c’est? 1. Introduction »

  1. Quelle galère la lecture des étiquettes, j’ai hâte de lire ton prochain article. Merci d’avoir publié celui ci, quand je pense qu’il a quelques années, les paillettes des marques de luxe m’aveuglaient moi aussi…
    Ps: je ne commente pas sous chacune de tes recettes mais j’en ai essayé beaucoup, et à chaque fois un régal. (Ta brioche en a bluffé plus d’un et ta pâte à tartiner fait partie de mes classiques maintenant! )

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  2. Merci Julia ! Je suis bien contente si certaines recettes font partie du quotidien, preuve s’il en est qu’il n’est pas toujours compliqué de cuisiner autrement ;).

    Et oui, la lecture des étiquettes en cosmétiques, un peu à l’équivalent des E…. en alimentaire, n’est pas du tout une chose aisée, mais il y a quelques « trucs » qui permettent de repérer facilement certains ingrédients nocifs, et ceux qui sont vraiment efficaces, sans y passer des heures. Et puis après, une fois qu’on a repéré certains produits ou certaines marques qu’on aiment, on ne change pas toutes le semaines, heureusement !
    A bientôt !

    J'aime

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